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À Papeete, Rémy Brillant veut être « maire à 100% »


Le tête de liste Papeete Na mua roa a présenté ce samedi ses priorités et sa « dream team », ou se côtoient des personnalités « expérimentées » et des nouveaux visages du monde économique, associatif ou administratif. L’ancien DGS, qui met en avant un programme « concret » et sans « promesses intenables », veut assumer le « bon bilan » de Michel Buillard, présent en position éligible sur sa liste, tout en incarnant une forme de renouveau pour la capitale. « On peut faire mieux », assure Rémy Brillant, qui dit vouloir se consacrer entièrement à la commune, là d’autres s’en serviront de « tremplin politique ».

Un maire à « plein-temps », une équipe « équilibrée » mêlant « expérience » et « renouvellement », un programme « réaliste » pour la capitale… Ce sont les messages qu’a fait passer Rémy Brillant ce samedi matin en présentant sa liste Papeete na mua roa. L’ancien directeur général des services ne vient pas de lancer sa campagne, loin de là. Il avait été désigné dauphin officiel du maire sortant Michel Buillard voilà déjà un an, avant de prendre sa retraite, fin août, d’une mairie dont il avait « gravi les échelons » pendant 39 ans, afin, justement, de se consacrer à la préparation de l’élection. Mais cette fois, c’est entouré de sa « dream team » aux couleurs « bleu lagon » qu’il s’est présenté à la presse et à la centaine de militants rassemblés pour l’occasion sous le fare pote’e de l’hôtel de ville.

À la tribune, Rémy Brillant appelle un à un ses colistiers, jeunes ou moins jeunes entrepreneurs, responsables associatifs ou religieux, cadres de l’administration et professionnels de l’éducation – particulièrement représentés – ainsi que, pour certains, conseillers sortant du groupe majoritaire Ia Ora Papeete. Des garants du « professionnalisme » dans la gestion de la commune, côte à côte avec des figures du « renouvellement », insiste le tête de liste. Chaque colistier y va de son éloge pour « l’homme de la situation », le candidat « intègre », « bienveillant », « respecté ». Beaucoup de ces soutiens n’ont pas besoin de se présenter : se relaient notamment au micro Francis Ching, le patron de Vini Vini, Lionel Lao, récemment élu président du Taatira no te hau, Charles Renvoyé, cofondateur de la Fédération anti-ice, Pure Nena, personnalité du milieu sportif comme son frère – et candidat rival – Tauhiti Nena, Guy Loussan, très actif dans la représentation des commerçants, Steven Rey, syndicaliste et directeur adjoint de l’Equipement, ou encore Teave Chaumette, militante associative à qui la présence sur cette liste vient de coûter sa place chez A here ia Porinetia… L’ordre d’apparition dans la liste, en voie d’être déposée, n’a pas été officialisé. Sauf pour un candidat, très applaudi sous le fare pote’e : Michel Buillard qui sera en huitième position sur le bulletin Papeete Na mua roa. Le maire sortant siégera donc au conseil municipal en cas de victoire.

Un bilan « assumé » mais « on peut faire mieux »

Un soutien de poids, mais aussi un bilan attaqué de toute part dans cette campagne, et qu’il faut assumer. « Michel Buillard est un tavana qui a trouvé la ville dans une situation désastreuse, financièrement, socialement, défend Rémy Brillant. Et il la rend en bon état : il n’y aplus de dette, de la trésorerie, des projets ont été menés, les quartiers ont été équipés »« C’est un bilan que j’assume complètement, insiste le dauphin. Mais on a quand même un peu l’impression que maintenant il faut qu’on passe à une nouvelle étape. La ville ne doit pas se contenter d’être bien gérée, il faut avoir des projets, aller au contact des habitants, voir ce qu’ils ressentent, ce qu’ils demandent. J’ai tourné dans quasiment tous les quartiers, et ils demandent à ce que la ville fonctionne mieux. De la propreté, de l’entretien, de la proximité et un peu plus de moyens de solidarité » que ce soit pour « nos matahiapo, les personnes qui ont un handicap, qui souffrent dans leur corps ou bien pour les sansabris ». 

Le sexagénaire dénonce au passage ceux qui « noircissent le trait » sur la propreté de la ville ou font gonfler le « sentiment d’insécurité », deux thématiques souvent liées, dans les discours, à celle des SDF. L’ancien responsable de l’administration, lui, remercie les muto’i et agents de la mairie pour leur « engagement au quotidien », promet une gestion « digne mais ferme » de la question des sans-abri, sujet de discussion « au centre-ville et pas ailleurs ». Il estime plus généralement que le « sentiment », sur ces sujets, dépasse souvent « la réalité »… Reste que le chef de file de Papeete Na mura roa ne « veut pas fermer les yeux » sur les réalités « parfois difficiles » dans la commune : il met en tête de ses priorités un plan « ville nette », promet une réponse « ferme et adaptée » côté sécurité, a préparé des propositions au Pays sur les SDF, veut lutter contre l’encombrement des routes… « On peut faire mieux », lance-t-il.

« Je veux pas faire de promesses intenables »

Rémy Brilllant veut donc se présenter à la fois comme le candidat de la continuité et celui du changement pour la ville de Papeete. Un discours acrobatique ? Pas autant, suggère le candidat, que ceux de certains de ses rivaux, qui cherchent à « faire rêver », qui veulent « diriger avec des slogans » plutôt que des « propositions sérieuses ». Ces dernières semaines, le candidat a répondu sur les réseaux sociaux à René Temeharo qui promet des transports gratuits dans la ville, et surtout à Tauhiti Nena, qui estime pouvoir doubler le budget de la commune en vendant son eau, tout en promettant des baisses de charges et des logements accessibles. Ce samedi, il insiste notamment sur la politique de l’eau de la ville « meilleur élève du pays », avec son « eau 100% potable depuis 30 ans » et son budget dédié équilibré, alors que d’autres mairies baissent artificiellement les prix des factures en y injectant d’importantes sommes du budget général.

« Moi je veux avoir un programme raisonnable, je veux pas faire de promesses intenables, je veux pas faire rêver un soir,
continue l’ancien fonctionnaire municipal. La commune, je veux la gérer pendant six ans, peut être au delà, avec des projets concrets. Le quotidien, c’est concret, la proximité, c’est concret. On peut travailler sur le centre-ville, revitaliser certaines parties de la ville, ramener de l’attractivité, requalifier des espaces publics, aider le Pays à développer le transport public tout en trouvant un moyen pour garer nos voitures et libérer de l’espace, qu’on va récupérer pour ramener de la tranquillité et du confort dans les transports piétons, ramener du confort thermique aussi parce qu’il fait chaud, on a un plan pour replanter 1000 arbres. C’est du concret, et c’est comme ça que je veux faire les choses ». 

« Beaucoup, parmi ceux qui se présentent sont des hommes politiques… »

Du concret et de la « disponibilité pour les habitants », insiste-t-il, là aussi pour marquer la différence, sans jamais les nommer, avec ses rivaux. « Papeete mérite un maire à 100% » et le jeune retraité s’engage à ne pas chercher d’autres responsabilités. « Beaucoup, parmi ceux qui se présentent sont des hommes politiques, et l’ambition d’un homme politique, c’est de se servir d’un tremplin pour aller plus haut, se faire élire à l’assemblée, devenir membre du gouvernement, et à ce moment là on est plus à 100% pour sa commune, on est à mi-temps ou à tiers temps, et ça devient un problème. On se retrouve avec un DGS qui gère les affaires de la commune ou un adjoint au maire qu’on a pas forcément décidé de choisir ». Rémy Brillant en sait quelque chose : Michel Buillard depuis son élection à la mairie en 1995, a enchaîné quinze années de mandat de député, une douzaine d’années de présence à Tarahoi, après quelques missions ministérielles en début de règne.

Un message qui est donc répété dans les quartiers depuis plusieurs mois, en même temps que les grands axes du programme (voir ci-dessous), pas encore chiffrés. Malgré l’intensification de la campagne, qui compte aujourd’hui six candidats, Rémy Brillant n’a pas changé d’idée : Papeete na mua roa peut gagner « dès le premier tour ». Il avait manqué quelques dizaines de voix à Michel Buillard pour y arriver en 2020. « C’est notre ambition, parce qu’après c’est compliqué : au deuxième tour, on s’occupe moins de programmes, il y a des alliances de circonstance, les équipes ne tiennent pas, elles s’opposent au conseil municipal… On est plus dans la politique à ce moment là. Moi je veux gagner au premier tour, je crois en notre programme, qui est réaliste, et on base notre campagne là dessus ». 

Les priorités du programme

  • Création d’une brigade anti-nuisances pour « dire stop aux rodéos, bruits et débordements nocturnes »
  • Réseau de déchetteries de proximité, ressourceries, tri renforcé et enlèvement des épaves
  • Budget participatif citoyen, avec une enveloppe allouée à des projets proposés par les habitants de chaque quartier
  • Création de conseils de quartiers
  • Création d’une « vraie salle des fêtes pour Papeete, moderne et polyvalente
  • « Plan Intempéries », avec modernisation des réseaux et des bassins de rétention
  • Centre-ville repensé, avec 2000 places de parkings supplémentaires
  • « Priorité à la jeunesse », avec un conseil municipal des jeunes, des guichets jeunesse dans les quartiers, des incubateurs de projets, et plus de moyens pour le CJA
  • « Plan solidarité et dignité ». Mise à disposition de foncier communal au pays pour un « Centre de jour et de nuit » dédié à l’accueil et la réinsertion des SDF
  • Rénovation des équipements sportifs, dont la piscine municipale et la salle maco Nena, couverture du plateau sportif Vaitavatava, salle couverte à Raimanutea, retour du carnaval et des parades, tournois inter-quartiers
  • Création d’un « International market place à l’hawaiiene » et à ciel ouvert au Parc Bougainville qui doit « redevenir le cœur battant de Papeete
  • Entretien et réaménagement du cimetière, réflexion sur un crématorium
  • Reconstruction de la caserne de pompiers
  • Replantation d’arbres et nouveaux espaces verts pour une ville « plus respirable »
  • Modernisation de l’administration, services plus « clairs »
  • Renforcement de la politique de protection animale, meilleure prise en charge des animaux errants. 
  • Lutte contre les discriminations et actions de sensibilisation 
  • Guichet d’acceuil et d’accompagnement communal, un « point d’entrée clair et humain pour les habitants »
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Jt Vert 16/02/2026

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