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Resto, piscine, salle de réception… À Punaauia, un « lounge » veut s’ancrer dans le lagon

Le Mana Lagoon Lounge doit s’ancrer près du platier qui fait face au parc Vairai, à environ 600 mètres de la côte, en bordure de la zone de mouillage des voiliers.

Moetai Brotherson a confié son intérêt pour un projet de plateforme flottante qui voudrait s’ancrer au large du parc Vairai. Entre les 650 m2 de restaurant gastronomique, d’espace de détente, d’exposition et de piscine, et les 450 m2 privatisables à l’étage, ce Mana Lagoon Lounge entend « compléter l’offre touristique » de Tahiti, trop souvent île de passage. Ses promoteurs, qui finissent les études et concertations avant de faire construire la structure a fenua sous deux ans, ciblent à la fois la clientèle locale et internationale, les journées « plaisir » et les évènements « corporate ».

Des « nouvelles idées » sur le lagon. C’est ainsi que Moetai Brotherson a évoqué, lors de son discours d’inauguration du Forum de l’économie bleue, ce mardi, ce projet de « salle de réception flottante » qui lui a fraichement été présenté. Le président, aussi en charge du tourisme, se montre « très intéressé » et il n’est visiblement pas le seul : si le « Mana Lagoon Lounge » est encore en phase d’étude, les quelques présentations effectuées ces dernières semaines par ses promoteurs ont visiblement été bien reçus, dans l’administration du Pays ou la mairie de Punaauia.

C’est là, en bordure extérieur du lagon face au parc Vairai, à quelques 600 mètres de la côte que les porteurs du projet espèrent pouvoir ancrer cette plateforme de 650 mètres carrés, qui doit accueillir un restaurant gastronomique, une piscine et de large espaces de détente. À l’étage, 450 mètres carrés supplémentaires de salle climatisée privatisable. Une structure, qui comme l’espère le président du Pays, a de quoi répondre à une lacune identifiée de longue date dans le tourisme de Tahiti : l’île, trop souvent un « lieu de passage » en début ou en fin de séjour, manque de lieux de « réception ou de convention » hors des hôtels. Et manque de diversité dans les prestations offertes à la journée.

Touristes, « corporate » et locaux

C’est d’ailleurs dans cette idée de « compléter l’offre actuelle », et « d’aider à faire de Tahiti une destination dans la destination », que le Mana Lagoon Lounge, a été pensé ces deux dernières années. Repas de chefs « signature », formules déjeuner et journée détente, diners plus sophistiqués… « On veut permettre aux touristes de rester pourquoi pas une journée de plus sur la zone urbaine, en offrant, au même titre que les activités de plongée, de sortie baleines ou 4×4, une activité complémentaire, sur le lagon de Punaauia, une expérience plus immersive », explique ainsi Kaha Brown, qui porte le projet avec Stéphane Sanné et d’autres investisseurs polynésiens.

La professionnelle de l’évènementiel et du tourisme, spécialisée depuis quelques années sur le segment « Mice » (Meetings, Incentive, Conferences, Exhibitions / Events) pense notamment aux réunions « corporate », marché porteur mais qui peine à trouver des sites adaptés à Tahiti. Et il ne s’agit pas seulement d’accueillir les professionnels étrangers : « On sait que les centres de formations ont besoin de salles, les prestataires qui proposent des réunions ont besoin de salles », rappelle-t-elle.

Pas une pirogue à bringue géante

Le « lounge », dont les premiers plans tablent sur une capacité maximale de 360 personnes – « staff » de 40 personnes compris – pourrait aussi convenir pour des évènements familiaux ou festifs, comme des mariages. Mais pas question de se laisser assimiler à une « pirogue à bringue géante », où des groupes viendraient « avec leur boisson et leur musique ». Le positionnement est haut-de-gamme, l’ambiance recherchée est cosy. « C’est quelque part comme l’extension d’un hôtel, reprend Kaha Brown. On a pas d’hébergement, on vient comme une extension d’activité, c’est un espace de détente et de restauration sur l’eau, family-friendly, comme on dit, qui pourrait accueillir les croisiéristes de passage, pourquoi pas les résidents d’hôtels qui veulent y rester davantage ». 

Le Mana Lagoon Lounge devrait en outre proposer un volet culturel – avec des expositions tournantes d’artistes locaux – et réserver des espaces à des associations environnementales, qui pourraient proposer, sur place, des activités de sensibilisation et de « mise en valeur des richesses du lagon ». Autant de projets qui font – ou doivent faire – l’objet de concertations, précisent les promoteurs, un peu pressés dans leur communication par la médiatisation surprise du président du gouvernement. Des discussions sont à mener avec « l’écosystème » associatif, mais aussi, avec les hôteliers de la zone, dont la structure pourrait être un nouveau prestataire.

Pas une pirogue à bringue géante

Des promoteurs qui n’ignorent pas que le projet va soulever des interrogations sur son impact sur le lagon. Kaha Brown et Stéphane Sanné assurent avoir pris en compte « tous les paramètres et prérequis de l’administration », avoir pris attache avec des cabinets spécialisés sur les questions d’énergie et d’environnement. « Aucun rejet » : voilà le projet, qui passe par une connexion à terre pour l’assainissement – les eaux noires et grises non évacués par ce biais seraient vidangées par un bateau spécialisé, qui intéresse d’ailleurs la commune – l’eau potable et l’électricité. Cette dernière connexion servirait d’appoint pour une plateforme, qui, avec ses 450 mètres carrés de panneaux solaires, se veut « quasi-autonome ».

Rendez vous en 2028 ? 

Pour l’instant, le Mana Lagoon Lounge n’existe que sur le papier. Mais Kaha Brown et Stéphane Sanné assurent avoir déjà beaucoup avancé sur la préparation technique du projet. Les premiers plans d’architecte naval sont sur la table, et la plateforme « sera construite localement », auprès de prestataires déjà identifiés. Une construction qui pourrait prendre entre 18 mois et deux ans, ce qui amène le calendrier « idéal » vers un lancement entre la fin 2027 et le début 2028.

Mais le défi sera plus administratif que naval : outre les diverses autorisations du Pays et du Port autonome, qui gère cette zone aujourd’hui consacrée au mouillage de voiliers, le lounge vise une défiscalisation. “Comme c’est un produit nouveau, aujourd’hui la case pour le définir n’existe pas, précise Moetai Brotherson. Il va falloir qu’on travaille sur une modification des textes pour intégrer ce type de projets, mais je trouve ça très intéressant ».

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