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Symposium sur la vanille : « On ne peut pas à nous tout seuls faire concurrence à Madagascar »

Gilles Tefaatau, ancien ministre et président de l’AIVDT, et Laiza Vongey, directrice de l’Epic Vanille de Tahiti

Malgré les difficultés de la filière et de son établissement public, la vanille de Tahiti est bien décidée à développer sa production, ses techniques… Et son réseau. Raison pour laquelle un premier Symposium des vanilles d’Outre-mer est organisé du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre entre le Hilton Tahiti et la Foire agricole. Trois jours de discussions entre  producteurs, scientifiques, institutions et même cuisiniers sur les défis, savoir-faire et débouchés de la filière. 

Senteurs enivrantes mais discussions techniques, du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre, pour le premier Symposium des Vanilles d’Outre-mer qui se tiendra entre le salon de l’Agriculture et l’hôtel Hilton. Lancé « sous le haut patronage d’Emmanuel Macron » qui rencontre tous les ans les représentants de cette filière d’excellence à l’occasion de la Foire agricole de Paris, l’évènement soutenu pour l’organisation par l’État et le Pays, a été confiée à l’Epic Vanille de Tahiti, qui, malgré le plan de départ et le « recentrage » de son activité, reste compétent en matière de promotion et de développement de la filière.

Entrepreneurs, scientifiques, chefs…

Au programme, trois jours d’échanges, de conférences, d’ateliers et de partages de pratiques, incluant une centaine de professionnels et une vingtaine d’intervenants venus des autres territoires ultramarins. « Il y aura des producteurs de toutes les régions, mais il y a aussi des chefs d’entreprise, il y a des scientifiques qui travaillent sur la génétique, les cartes aromatiques, les normes de certification et des institutions aussi qui participent aux démarches de protection et de labellisation, précise Laiza Vongey la directrice de l’Epic Vanille. Il y a un chef qui a été invité à participer, à témoigner sur les méthodes d’utilisation et de dégustation des vanilles et qui va d’ailleurs réaliser le dîner de clôture à base de vanilles. »

Malgré une production largement en dessous de ses niveaux historiques – plus de 300 tonnes de gousses sèches dans l’ère pré-CEP, et environ 35 tonnes annuelles aujourd’hui – la Polynésie entretient une filière plus productive et plus organisée que le reste de l’outre-mer français. Certains territoire, comme la Réunion, s’appuie sur une tradition forte mais une production qui a largement périclitée, d’autres, comme la Nouvelle-Calédonie ou la Guadeloupe, ont encore une production encore marginale. Mais échanger avec eux reste instructif. Laiza Vongey cite par exemple Mayotte, qui a « tout perdu » suite au passage du cyclone Chido en fin d’année dernière et qui peut servir d’étude sur la manière de reconstruire de zéro une production. « On n’est pas épargné par le risque de calamités naturelles, ça peut arriver à tous les territoires, rappelle la directrice. Cet échange sur les expériences des autres territoires peuvent nous servir, et nos expériences peuvent leur servir aussi ».

« Il faut conquérir d’autres marchés »

Pour Gilles Tefaatau, ancien ministre reconverti dans la vanille, les producteurs des Antilles ou de l’Océan Indien sont des « bons contacts » à plus d’un titre. Certes, les autres territoires cultivent la vanille Bourbon – ou planifolia – alors que Tahiti se concentre sur sa tahitensis. Mais le fenua pourrait décider d’élargir sa production, entre autres pour créer des exploitations sous le climat plus froid des Australes, et aura besoin pour ça de techniques agricoles. « On a à apprendre de ces territoires », assure le double médaillé d’or au concours général agricole.

Mais c’est surtout du côté du commerce et de la protection de la production que les échanges seront les plus féconds pour la filière locale. La Réunion bénéficie par exemple déjà d’une IGP (Indication géographique protégée) depuis 2021, un label reconnu au niveau européen qui garantit l’origine et un niveau de qualité des produits. Une reconnaissance souhaitée aussi pour la vanille de Tahiti, les démarches sont en cours depuis 2017, et le ministre de l’Agriculture Taivini Teai avait annoncé le dépôt officiel du dossier en août dernier.

Surtout, la Polynésie, si elle veut développer sa production, doit trouver de nouveaux débouchés commerciaux, et doit donc solidifier son réseau. « Aujourd’hui, dans le cadre de la mondialisation, il faut trouver des objectifs communs, reprend le président de l’association interprofessionnelle de la Vanille de Tahiti. On ne peut pas, à nous tout seuls, avec une trentaine de tonnes, faire la concurrence à Madagascar et ses 2000 tonnes. Pour l’instant, on exporte essentiellement notre vanille en France métropolitaine. Mais il y a peut-être d’autres marchés, plus proches de certains territoires d’outre-mer, et avec les relations qu’ils auront, ils pourront faciliter l’entrée de notre produit. C’est ça l’intérêt de se rassembler ».

Le symposium est encore ouvert aux inscriptions payantes et les organisateurs préviennent déjà que, si l’évènement ne se répétera pas chaque année, il ne restera pas une initiative isolée. « On veut lancer cette dynamique dans le long terme », confirme Laiza Vongey.

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