ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTSECTEUR PRIMAIRE Une « indication géographique protégée » pour la vanille de Tahiti Nanihi Laroche 2025-08-14 14 Août 2025 Nanihi Laroche Le ministre de l’Agriculture Taivini Teai a annoncé ce jeudi le dépôt officiel du dossier de demande d’Indication Géographique Protégée (IGP) pour la Vanille de Tahiti. Objectif : protéger l’appellation, garantir un niveau de qualité reconnu, et valoriser à l’export un produit « d’exception » à fort potentiel économique. Alors que la Polynésie ne représente que 1 % de la production mondiale de vanille, l’IGP pourrait offrir un avantage concurrentiel sur un marché estimé à plus de 230 milliards de francs. Ce jeudi, le ministre de l’Agriculture, Taivini Teai, a annoncé en conférence de presse le dépôt officiel du dossier de demande d’Indication Géographique Protégée (IGP) pour la Vanille de Tahiti. Porté depuis 2017 par l’Association Interprofessionnelle de la Vanille de Tahiti (AIVDT), avec le soutien de l’établissement Vanille de Tahiti (EVT), ce projet vise à « garantir l’authenticité, l’origine et la qualité de ce produit d’exception. » L’IGP est un label de qualité reconnu au niveau européen, déjà utilisé avec succès par d’autres produits comme le monoi de Tahiti. Il a pour objectif de protéger l’appellation Vanille de Tahiti, souvent utilisée par des producteurs étrangers cultivant la même variété de vanille ailleurs dans le monde. « Dans l’immédiat, en Polynésie française, vous le savez aussi bien que moi, on n’a qu’un produit qui dispose d’une appellation d’origine, c’est notre monoi. Cette appellation d’origine a permis de faire en sorte que ce produit soit maintenant utilisé par les plus grands de la cosmétique, indique le ministre de l’Agriculture. Cette volonté d’avoir une indication géographique protégée met en avant le professionnalisme, la rigueur et également l’excellence d’un produit. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/IGP2-monoi.wav Un marché mondial porteur, mais une production locale marginale Le marché mondial de la vanille est estimé à « 2 500 tonnes de vanille préparée par an, pour un chiffre d’affaires d’environ 230 milliards de francs en 2024 », selon les chiffres communiqué par la présidence. Une richesse à laquelle le fenua ne contribue qu’à hauteur de « 12 tonnes, soit moins de 1 % de la production mondiale », toujours selon les chiffres du communiqué de la présidence. Pourtant, la vanille de Tahiti, de son nom scientifique Vanilla tahitensis, est très recherchée pour ses arômes uniques. Les prix peuvent dépasser à l’export, et pour des productions de très haute qualité, « 120 000 francs le kilo » preuve d’un potentiel économique important. Et c’est pour conquérir un plus large marché que l’IGP devient un atout non négligeable. Elle permet « aussi bien une reconnaissance de l’expertise, de la qualité de nos producteurs mais également de nos transformateurs, de nos préparateurs de la vanille de Tahiti, explique le ministre. C’est apporter en fait la certitude, un certificat que ce produit, lorsqu’il aura ce label IGP vanille de Tahiti, la provenance de cette gousse de vanille est de Polynésie française. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/IGP1.-provenance-wav.wav Une démarche volontaire L’obtention de l’IGP nécessitera une mise en conformité avec un cahier des charges, notamment via des formations spécifiques assurées par des professionnels du secteur. Ces formations seront facultatives : les producteurs pourront choisir de ne pas y participer, mais ne pourront pas bénéficier du logo IGP sur leurs produits. Les professionnels tablent sur une démarche « d’environ deux ans ». Une nouvelle orientation pour l’Établissement Vanille de Tahiti En parallèle, le ministre Taivini Teai a évoqué une réorganisation de l’établissement Vanille de Tahiti. Cet établissement public, dont la CTC demandait la fermeture pure et simple, devrait bien voir ses effectifs réduits de moitié. « Cette métamorphose est en train d’être mise en place, notamment par un plan de départ volontaire des agents, par rapport justement à cette restructuration des missions de l’établissement. » Mais le grand axe de cette transformation, c’est la création de la filière de production d’extrait de vanille, qui permet de mieux exploiter le potentiel aromatique des gousses récoltées à maturité. L’objectif est produire localement des extraits hydroalcooliques, mais aussi des gousses épuisées (utilisées en agroalimentaire) et de la cire de vanille pour la cosmétique. « L’objectif qui est donné à l’Epic, c’est d’aller vers une production d’un extrait de vanille parce que lorsqu’on va sur cette agro-transformation, à partir d’un seul et même produit, on génère plus d’autres produits. On est dans la mise en place d’une nouvelle filière à haute valeur ajoutée. Révèle Taivini Teai. L’objectif, c’est d’abord de mettre en place la filière au sein de cet établissement public à caractère industriel et commercial et ensuite, pourquoi pas, évoluer d’un Epic vers une Sem. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/IGP3-Taivini-Teai-SEM.wav À terme, le gouvernement envisage toujours la possibilité de faire évoluer l’établissement vers une Sem (société d’économie mixte), intégrant ainsi des partenaire du privé.