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Tahiti Air Charter devient « TAC » et se déploie un peu plus aux Raromatai

©Tahiti Air Charter

En attendant les derniers sésames pour décoller aux Marquises, Tahiti Air Charter a présenté ce matin un nouveau programme de vols renforcé pour les Raromatai. Il s’agit notamment de permettre des allers-retours à la journée de Raiatea vers Huahine et surtout vers Bora et Maupiti. La compagnie du groupe Degage en profite pour modifier son nom et son identité visuelle.

Lire aussi : La DSP de Tahiti Air Charter en sursis

Nouvelles ambitions et nouvelle image pour Tahiti Air Charter. La compagnie du groupe Degage s’affichera désormais comme la « TAC », acronyme déjà utilisé en interne depuis son lancement en 2018. Un premier Cessna 208, équipé en version « hydravion » s’était alors élancé, en vol à la demande, entre les îles des Raromatai. La pandémie a poussé ses dirigeants à ranger les flotteurs au hangar : depuis août, c’est sur roues, et sur des lignes commerciales régulières que TAC dessert les îles Sous-le-Vent. Pour parfaire cette reconversion, de prestataire de loisir à réel transporteur aérien, la compagnie a annoncé ce matin un nouveau programme de vol, beaucoup plus complet, aux îles Sous-le-Vent. Une façon de répondre à la demande, estime Tuanua Degage : « On s’est rendu compte dans les échanges qu’on a eus dans le cadre de l’Apetahi Express qu’il y avait énormément de besoins de transport en interîles, explique le président et gérant de la compagnie. On s’est dit qu’avec TAC, on pouvait rajouter un complément pour que les populations puissent se déplacer à la journée d’une île à l’autre des Raromatai ».

23 rotations par semaine sont prévues depuis Raiatea, vers Huahine mais surtout vers Bora Bora puis Maupiti, île qui attend depuis longtemps un service régulier pour se désenclaver. Des vols en soirée ou avant le levée du soleil pourrait même être envisagés à terme, puisque la compagnie travaille sur un certificat IFR (règles de vols aux instruments) qu’elle espère obtenir d’ici le second semestre. Objectif : un millier de passagers par mois transportés dans son 7 places. Et pourquoi pas, à terme, commander un autre Cessna 208, en version 9 places, pour compléter cette desserte.

Toujours en attente d’un feu vert pour les Marquises

Ce type d’avion, Tahiti Air Charter en exploite déjà un. Et si il vole en ce moment aux îles Sous-le-Vent, en doublon de son premier Cessna, le « Pihiti » est censé être en service aux Marquises. Depuis juillet dernier, la compagnie doit assurer les liaisons interîles entre Ua Pou, Ua Huka et Hiva Oa. Une délégation de service public qu’elle a ravi à Air Tahiti, mais qu’elle n’honore pas encore : depuis 7 mois, ce sont toujours les hélicoptères de TNH qui assurent le service à sa place. Pourquoi tant d’attente ? Parce que la procédure de validation du manuel d’exploitation de la compagnie, auprès de l’Aviation civile nationale, est particulièrement complexe. Le fait que le Cessna 208 Ex soit un monomoteur et que les pistes des Marquises soient réputées difficiles ont visiblement aiguisé les exigences des experts de la sécurité aérienne. Pour autant, Pascal Bazer-Bachi, directeur d’exploitation de TAC, veut se montrer optimiste. Les échanges sont « quasi-quotidiens », la compagnie, dit-il, ont présenté « toutes les pièces nécessaires » et des réponses sont attendues « la semaine prochaine ».

Et si la réponse était négative ? « Cela reste une hypothèse », convient Tuanua Degage. Le Pihiti serait remobilisé sur les Raromatai, et Tahiti Air Charter attendrait alors, comme tout le monde, le nouvel appel à candidature du Pays pour décider de sa stratégie. Le Pays semble conciliant avec la compagnie, puisqu’il a suspendu, en janvier, la DSP qu’il lui a accordée, et finance donc seul les rotations de Tahiti Nui Helicopters. Mais sa patience a des limites : la suspension ne court que pour trois mois, et le ministère des transports inter-insulaires menaçait récemment de relancer la procédure d’attribution de la DSP avant cette date. « Notre date butoir officielle, c’est le 31 mars », tempère Pascal Bazer-Bachi qui précise que « tout est prêt » pour décoller en terre des hommes. Entre le feu vert de l’Aviation civile et le lancement des liaisons, TAC prévoit deux semaines de battement maximum.

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