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Tahiti United chausse ses crampons avant sa première saison

La soirée a été l’occasion de présenter pour la première fois les trois maillots du club (gardien, domicile, extérieur), tous siglé Adidas, l’équipementier avec qui le club a signé.

Le premier club professionnel de Polynésie a présenté ce mercredi ses maillots, ses objectifs et surtout son équipe, qui doit participer à la saison inaugurale de l’OFC Pro League à partir du 18 janvier. On y trouve beaucoup de joueurs de l’AS Vénus mais aussi des éléments de Pirae, Tefana ou Pueu, ainsi que deux jeunes Polynésiens revenus de France pour participer à cette aventure inédite. S’ajoutent deux expérimentés Calédoniens, un gardien Canadien et un joueur Fidjien. Après un mois d’entraînement, l’équipe menée par Teaonui Tehau se dit consciente de la difficulté de la tâche, face à la nouvelle élite du football régional, mais aussi motivée à l’idée de faire rayonner le football made in fenua.

À Tahiti United, on « attend encore le premier coup de sifflet », le 18 janvier prochain à Auckland. Mais la soirée de ce mercredi avait déjà un goût de « première victoire » pour le club professionnel « pionnier » du fenua, qui a présenté, devant la presse, les autorités sportives, des élus et responsables du Pays ou des chefs d’entreprise, l’équipe qui s’apprête à participer à la saison inaugurale de la Pro League de l’OFC. De Coco Taputuarai, le président de l’AS Vénus, qui a accepté que son club « s’investisse à fond » dans ce projet auquel peu de monde croyait, au ministre des Sports Kainuu Temauri, tout le monde salut « un grand pas » pour le football et pour le sport au fenua.

Un grand pas qui a demandé des mois de préparation pour le club, beaucoup de travail du côté de la Fédé, du soutien de la mairie de Mahina, et de plusieurs partenaires privés… Mais aussi du travail du côté du gouvernement. Statuts professionnels du côté du ministère des sports, contrats et règles du travail adaptés côté Travail, crédit d’impôts aux entreprises soutien – dans la limite de 100 millions de francs par an – côté Finances. « Chez nous aussi ça a été sportif », raconte Warren Dexter :

 « Autant commencer par le gros morceau, ça nous permettra de nous lancer »

Sous les maillots blancs ou bleus, teintés de rouge, et siglés par l’équipementier Adidas, premier grand partenaire du jeune club, 21 joueurs âgés de 18 à 33 ans. Un effectif constitué pour plus de moitié de membres de l’AS Vénus, à commencer par le capitaine Teaonui « Filou » Tehau, un des doyens de l’équipe, et pour qui la participation à la première compétition professionnelle du Pacifique est l’aboutissement d’une belle carrière. Ses mots sont pourtant plutôt destinés aux jeunes Polynésiens, qui trouveront dans Tahiti United « une voie plus facile » que l’expatriation pour faire de leur passion un métier.

Lui et son équipe se disent « conscients » des attentes et de leur responsabilité. Conscients aussi de la difficulté d’une compétition qui va réunir au sein de huit équipes, les meilleurs joueurs de la région, y compris du côté de la Nouvelle-Zélande, qui présente deux clubs, et de l’Australie, qui en aligne un. C’est d’ailleurs contre ce South Melbourne FC que Tahiti United va devoir se lancer dans la compétition dans dix jours. « Autant commencer par le gros morceau, ça nous permettra de nous lancer », philosophe le capitaine qui veut surtout « porter au plus haut » le drapeau de la Polynésie pendant la compétition :

Réticences d’autres présidents de club

Car Tahiti United a beau être logée à Mahina, c’est bien le « club d’un pays » à qui ses dirigeants tentent aujourd’hui de tailler une identité. « On a des joueurs qui sont issus de Pirae, de Tefana, de Moorea, de la Presqu’île aussi, et on a fait revenir deux jeunes polynésiens de métropole », dont un jeune espoir qui était en formation à Saint-Etienne, explique le nouveau président du club pro Tenae Tepa. Tahiti United n’a pas encore attiré tous les meilleurs joueurs de la Ligue 1 tahitienne. Parce que le statut de « pro » nécessite un engagement particulier. Aussi parce que les présidents de clubs amateurs ne voient pas tous d’un bon œil le projet mené par une équipe rivale plutôt que par la Fédé. Tenae Tepa dit comprendre les réticences, mais explique que si un club polynésien n’était pas « monté dans la barque », il aurait été beaucoup plus dur, ensuite, de rejoindre la Pro League :

Professionnaliser d’autres disciplines

S’ajoutent enfin dans l’équipe plusieurs recrues « étrangères » : le gardien principal Jackson Gardner, Canadien installé depuis longtemps en Nouvelle-Zélande, deux joueurs calédoniens expérimentés, Germain Haewegene et Joseph Athale, revenu de métropole pour l’occasion, et un joueur fidjien qui doit encore rejoindre le groupe Tevita Waranaivalu. Ce renfort international répond aux règles de l’OFC, et n’est pas isolé dans la préparation de la Pro league : un club papouan, PNG Hekari FC, aurait même fait venir des joueurs brésiliens dans son staff.

Qu’importe pour Louis Provost, le seul, dans l’assistance, à avouer ce mercredi avoir été « très dubitatif », un an auparavant, face à ce « très gros projet » et à la « lourde tâche » à accomplir pour remplir le cahier des charges de l’OFC. Pour le président du COPF, Tahiti United, c’est bien le porte étendard de la Polynésie dans le sport professionnel régional. C’est même la future base de la sélection qui défendra les couleurs tahitienne aux Jeux du Pacifique : « Ils vont jouer beaucoup plus que les autres, ça parait logique ». Devant les ministres, il insiste surtout sur le fait que le club doit « ouvrir la voie » à la fois aux jeunes passionnés de foot et aux autres disciplines qui voudraient se professionnaliser, en pensant notamment aux sports de combat :

Le premier match aura lieu le 18 janvier à Auckland, suivis de deux autres, contre PNG Hekari et les Solomon Kings le 21 et le 24. Suivront quatre autres « rounds », en Papouasie, en Australie, à Honiara ou à Fidji avant la fin avril. Puis des play-off à la mi mai pour une finale prévue le 24 mai prochain. Tahiti United « n’exclut rien », mais espère surtout faire partie du « Top 5 » de cette première saison.

L’équipe de Tahiti United

  • Teaonui Tehau (milieu offensif, 33 ans, issu de l’AS Vénus, capitaine de Tahiti United)
  • Kevin Barbe (Défenseur central, 28 ans, issu de l’AS Vénus)
  • Terai Bremond (milieu défensif, 24 ans, issus de l’AS Vénus)
  • Matéo Degrumelle (arrière droit, 22 ans, Rouen Métropole B)
  • Nuihau Firiapu (Gardien, 18 ans, As Tefana)
  • Jackson Gardner (Gardien, 25 ans, issu du Bikenhead United en Nouvelle-Zélande, Canadien)
  • Germain Haewegene (Avant centre, 29 ans, AS Magenta, Nouvelle-Calédonie)
  • Mauri Heitaa (Arrière gauche, 26 ans, AS Vénus)
  • Mathis Lacan (Milieu, 21 ans, AS Pirae)
  • Kalï Lenoir (Attaquant, 18 ans, AS Pirae)
  • Dylan Paama (Défenseur central, 33 ans, AS Pirae)
  • Franck Papaura (Ailier gauche, 20 ans, AS Pueu)
  • Pothin Poma (Milieu, 28 ans, AS Vénus)
  • Bradeley Ruiz (Défenseur, 18 ans, centre de formation de Saint-Etienne)
  • Manuarii Shan (Attaquant, 21 ans, AS Vénus)
  • Cedovan Taniel (Milieu, 19 ans, passé par Tefana, Lorient et Cardiff)
  • Jackson Teamotuaitau (Gardien, 33 ans, AS Tefana)
  • Roonui Tehau (Avant-centre, 26 ans, AS Vénus)
  • Mana Teniau (Milieu offensif, 20 ans, AS Vénus
  • Tevita Waranaivalu (Milieu offensif, 30 ans, Rewa FC, Fidji)
  • Joseph Athale (Défenseur central, 30 ans, FC Lunéville, originaire de Nouvelle-Calédonie)

Staff : Samuel Garcia, Moise Tetuanui, Leo Michelet, Clément Lamache.

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