ACTUS LOCALESLÉGISLATIVESPOLITIQUE Tauhiti Nena : « Nous irons voir tous ceux qui veulent soutenir des accords de Maohi Nui » Charlie Réné 2022-06-02 02 Juin 2022 Charlie Réné Bien décidé à « incarner le changement » Tauhiti Nena veut se placer, avec son mouvement Hau Maohi Tiama, comme « la vraie alternative » au Tapura. Dans la 1ère circonscription, il fait campagne avec en fer de lance son projet d’État associé. Et assure recevoir « énormément de soutiens » avant le premier tour du 4 juin. « C’est nous ou le Tapura ». Il n’est pas le seul à l’affirmer dans cette campagne législative, mais le chef de file du Hau Maohi Tiama y met une conviction particulière : avec les deux autres candidats de son jeune parti, il constitue « la vraie alternative » au parti d’Édouard Fritch. Cette conviction, l’ancien ministre Tavini, passé un temps par le Tahoeraa alors en plein virage souverainiste, dit l’avoir construite « sur le terrain », « au contact des électeurs », de Papeete aux Marquises en passant par les Tuamotu. Aucun doute : la victoire d’Emmanuel Macron, il y a quelques semaines, dans cette circonscription (56,3% de voix) ne se traduira pas par une victoire du parti rouge et blanc. Car les Polynésiens « voient la misère » assure-t-il : « chaque jour, des familles font appel aux dons pour se nourrir, beaucoup n’arrivent plus à se loger, et au niveau de l’emploi, qui devrait être la priorité, le gouvernement n’offre aucune visibilité sur des projets qui pourraient participer au développement du pays ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/06/TAUHITI-1.wav Suivant la même logique, le conseiller municipal de Papeete prédisait déjà – sans réellement le parier – en avril dernier qu’Emmanuel Macron ne remporterait pas l’élection. Ou que son candidat, Éric Zemmour, allait percer au deuxième tour. Son parti, Reconquête! – 7% des voix de la présidentielle, au niveau national comme local – est toujours lié par un accord de février à Hau Maohi Tiama. Mais Tauhiti Nena bénéficie d’autres soutiens, notamment celui du Te Nati – RNP qui a renoncé à présenter un candidat dans sa circonscription. Promettant, lui aussi, d’obtenir plus d’accompagnement de l’État en matière d’économie, de logement, ou d’éducation, il explique tout de même vouloir aller au-delà de l’extrême-droite dans ses recherches de soutien au Palais Bourbon. « Je pense qu’il faudrait une union de la droite », explique-t-il. Elle reste à construire, mais qu’importe : « Nous irons voir tous les groupes qui sont prêts à soutenir des accords de Maohi Nui », qui à l’image des accords de Nouméa, mettrait le fenua sur les rails d’un état associé. Et qu’importe la droite et la gauche – « ça ne veut rien dire en Polynésie » – l’important est de convaincre sur ce statut pour lequel – contrairement au Amuitahiraa de Gaston Flosse – il « milite depuis toujours » et qu’il veut plus crédible que l’indépendance du Tavini. « On ne peut pas encore se passer de l’accompagnement de l’État ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/06/TAUHITI-2-union-de-la-droite.wav En 2017, Tauhiti Nena avait rassemblé, avec son mouvement d’alors Tau Hotu Rau, 2000 voix, soit près de 7% des suffrages dans la même circonscription. Mais là encore, les « retours de terrains », le rendent optimistes : « on voit que la majorité de la population veut un vrai changement des dirigeants de notre pays ».