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Trafic de drogue : l’État affiche sa mobilisation et se défend de tout manque de fermeté

Le Haut-commissariat a présenté, à l’occasion d’une opération coup de poing à la gare maritime de Papeete, son « plan d’actions de la sécurité du quotidien ». Un document qui décline localement les directives et la communication du ministère de l’Intérieur, mais qui est aussi annoncé en plein débat sur le trafic d’ice. Le président Moetai Brotherson a en effet demandé à l’État de se montrer plus ferme sur le sujet. Au travers de ce plan et du bilan de la délinquance qui y est développé, Éric Spitz affirme la pleine mobilisation de ses services, et développe ses autres priorités : violences intrafamiliales et sécurité routière. Des sujets sur lesquels le Pays a d’ailleurs aussi à faire en matière de prévention et d’infrastructures.

« Plan de restauration de la sécurité du quotidien ». C’est le terme qui a été choisi par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui développe depuis sa nomination en septembre un discours très ferme sur les questions de délinquance, tout en se positionnant comme un candidat de la droite aux prochaines présidentielles. Le ministre, qui fait partie de ceux qui ont survécu à la censure du gouvernement Barnier pour intégrer celui de François Bayrou, a donc demandé à tous les préfets – et donc les haut-commissaires – de dresser une « cartographie précise et complète de la délinquance » dans leur territoire, et « d’obtenir
des résultats » pour la combattre.

Ce jeudi, chaque département français a donc eu droit à des présentations et opérations de sécurité médiatisées, avec des « actions ciblées » visant à renforcer la « visibilité » des forces de l’ordre sur le terrain et lutter contre le sentiment « d’impunité » des délinquants. La Polynésie ne fait pas exception à cette grande opération de communication. Mais a choisi de son côté des termes un peu moins dramatiques : c’est un « plan d’actions de la sécurité du quotidien » qui a été officialisé ce jeudi à Papeete, à l’occasion d’une opération de contrôle à la gare maritime mêlant police et douane. Elle a notamment permis d’appréhender un jeune passager circulant avec près de trois kilos de paka stockés dans des bacs de crème glacée.

Drogue, route et violences familiales

Ce plan d’action, le haut-commissaire Éric Spitz en avait déjà donné le ton et les grandes lignes lors de ses vœux aux forces de sécurité, mardi. Rappelant le succès « galvanisant » de l’organisation des JO, à Paris comme à Teahupo’o, celles des grandes opérations « zéro délinquance » qui les ont entouré, il a fait le portrait d’une délinquance « maîtrisée » au fenua. Les chiffres le confirment : 15 faits d’atteintes aux biens par an pour 1000 habitants contre 28 en métropole, un taux d’atteinte aux personnes qui est le plus bas de l’outre-mer… Les points « préoccupants » du bilan de délinquance, qui mêle, en ce mois de février, des chiffres de 2023 et 2024, sont aussi les priorités affichées dans le nouveau « plan d’action ».

Les infractions à la législation des stupéfiants dépassent ainsi largement les taux nationaux. Si Moetai Brotherson estimait, lundi encore, que l’action de l’État n’est « pas suffisante » en matière de lutte anti-drogue, le Haut-commissariat explique que cette fréquence témoigne de « l’activité d’initiative des services ». Éric Spitz avait d’ailleurs déjà eu l’occasion de répondre, sur Polynésie la 1ere, aux demandes de fermeté au sujet des trafics et de l’ice en particulier : les forces de l’ordre sont « très engagées » dans cette lutte, les forces engagées « considérables », les peines prononcées en justice sont déjà plus lourdes qu’ailleurs… Et c’est au Pays, qui vient d’annoncer un déblocage d’au moins 250 millions de francs dans ce dossier, d’exercer pleinement ses compétences en matière de prévention, de jeunesse, ou de gestion des addictions. Pour les services de l’État le double discours du gouvernement qui veut avancer vers la légalisation du paka et lutter davantage contre l’ice n’est pas opportun : comme les magistrats et les responsables de la police ou la gendarmerie, le Haut-commissaire considère que le cannabis est une porte d’entrée et une voie de financement du trafic de drogues « dures ».

Drogue, route et violences familiales

Deuxième priorité, là encore déjà affirmée, lors d’un séminaire en novembre dernier : la sécurité routière. Les routes polynésiennes, avec 39 décès en 2024, dont deux tiers liées à la consommation d’alcool ou de stupéfiants, sont 2,5 fois plus dangereuses que celle de métropole. Les contrôles sont plus fréquents, les infractions constatées aussi, et le Haut-commissariat, qui interpelle là encore sur les missions de prévention du Pays et sur l’absence de fourrière territoriale, ne compte pas relâcher la pression, loin de là. Pas plus d’ailleurs que sur les violences intrafamiliales, troisième priorité affichée, qui continue de faire progresser chaque année – certes moins rapidement qu’avant, avec +4.1% en 2024 contre +11,3% en 2023 – les chiffres des atteintes aux personnes.

Le « plan d’actions de la sécurité du quotidien » demandé par le ministre confirme donc des dynamiques déjà lancées : « renforcer la visibilité et la présence de proximité en diversifiant les modes de patrouilles », « renforcer les échanges avec les acteurs de proximité », poursuivre les opérations « place nette » au centre-ville de Papeete ou aux abords des collèges et lycées, multiplier les opérations de contrôle routier, en modulant les horaires et les lieux. S’ajoutent des engagements en matière de cyber-criminalité, délinquance environnementale, règlementation des armes, lutte contre le blanchiment… Tout un programme.

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