ACTUS LOCALESTRANSPORTS

Transport maritime : Vaearai veut faire du multiligne sa spécialité

Dessertes élargies, navette nouvelle génération… Quatre ans après le lancement du Vaeara’i, la compagnie éponyme voit plus loin et prépare l’arrivée d’un second navire, une navette plus petite et « ultra rapide » pensée pour desservir Moorea mais aussi plusieurs archipels dans une logique multiligne. 

La direction de la SAS Vaeara’i travaille sur un projet de « petit frère » pour son ferry. Un nouveau membre de la flotte, plus petit mais surtout « plus rapide » destiné à renforcer l’offre de transport maritime interinsulaire, le tout dans une logique multilignes clairement assumée. « Il n’y a pas que la population de Moorea, il y a bien d’autres îles à desservir  », confie Tino Fa-Shin Chong, capitaine et gérant du Vaeara’i. D’ailleurs, avant même son arrivée au fenua, le navire de 78 mètres de long pour 17 mètres de large – aujourd’hui connu sous le nom de Vaeara’i – avait été pensé pour relier les Raromata’i, à raison d’au moins neuf voyages par an. Un quota aujourd’hui largement dépassé et qui, pour la petite histoire, avait été fixé à l’époque par la société d’armement exploitante du Terevau lorsque le bateau opérait encore sous le nom de Terevau Piti. Rebaptisé Vaeara’i en 2019, après un conflit entre actionnaires, le ferry a depuis trouvé sa place dans le paysage maritime local.

 « On a beaucoup à apprendre, mais on a aussi beaucoup à apporter »

Et s’il a déjà exploré une bonne partie des Raromata’i, jusqu’à Maupiti, c’est désormais vers d’autres horizons que la société veut voguer.  « J’ai eu des demandes pour aller aux Marquises, aux Australes, à Maiao… Et avec ce bateau qui viendra compléter la flotte, ça nous permettra de consolider notre pool », poursuit le capitaine. Avec quatre années d’expérience à son actif, Vaeara’i revendique une certaine légitimité à proposer ces nouvelles lignes.  » On a encore beaucoup à apprendre, mais on a aussi beaucoup à apporter. Et ça, c’est grâce à la population, car tout seul tu ne peux pas faire », insiste Tino Fa-Shin-Chong.

À entendre le gérant de la compagnie, le succès du Vaeara’i repose sur une prise de risque assumée par une « nouvelle génération d’armateurs », prête à innover là où les anciens préféraient la prudence. « Quand tu prends une licence, tu le fais à tes risques et périls. Mais en mettant la population en avant, en leur montrant comment on travaille, on peut y arriver. » La stratégie de la compagnie repose aussi sur une grande capacité d’adaptation. Vaeara’i ajuste régulièrement ses plannings en fonction des demandes, et propose même des traversées spéciales. À l’occasion du week-end de Pâques, le navire a ainsi rallié Papeete à Rangiroa et Makatea : une première vers ces îles des Tuamotu Ouest, jusqu’ici accessibles quasi exclusivement par avion et bateau. Pour lui, l’avenir c’est le multiligne.

Moorea, les Tuamotu Ouest et au-delà…

Et le projet sur lequel travaille la direction depuis plus de deux ans est un outil essentiel: selon ses prévisions, cette navette pourrait transporter 450 à 500 passagers et entre 25 et 30 véhicules. Sa vitesse serait même « exceptionnelle » . « C’est en tout cas ce que disent les architectes mais on verra ce que ça donne sur le terrain. »  Déjà évoqué en 2024, le projet de desserte vers les Tuamotu Ouest est toujours d’actualité. Rangiroa, Fakarava, Tikehau, Mataiva et Makatea font partie des destinations envisagées, mais Vaeara’i veut aussi continuer les Raromatai et pourquoi pas se faire une place dans les autres archipels.

En attendant ce navire que la société souhaiterait accueillir en 2027, ces intentions ont été formalisées par le dépôt d’un dossier dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le Pays dans le secteur du transport maritime interinsulaire. La réponse est prévue en décembre. Un délai conséquent mais qui, à entendre le capitaine, n’empêchera pas le Vaeara’i de continuer à diversifier ses activités: le navire est régulièrement privatisé à quai, que ce soit à Papeete ou dans les îles, pour accueillir des soirées à thème ou des événements privés. Une façon originale de faire vivre le bateau, même à l’arrêt.

 

 

Article précedent

Licence octroyée au transporteur cargo Motu Link

Article suivant

Mereana Reid-Arbelot : « Le temps est compté et je pense qu'il faut agir vite »

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Transport maritime : Vaearai veut faire du multiligne sa spécialité