ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTSOCIÉTÉ « Trop de laxisme, trop de silence » : 300 personnes se mobilisent contre les violences Vaitiare Pereyre 2025-06-14 14 Juin 2025 Vaitiare Pereyre Près de 300 personnes, accompagnées de leurs chiens et autres animaux de compagnie, se sont rassemblées samedi matin place Tarahoi à Papeete. Cette marche citoyenne, initiée par l’association SCATahiti, dénonce les mauvais traitements infligés aux animaux, mais aussi les violences faites aux femmes et aux enfants. Les manifestants pointent du doigt l’inefficacité des sanctions, l’absence de suivi dans les cas signalés, et appellent les autorités à appliquer les lois existantes. Lire aussi: marche, pétition, procés judiciaire… la Scat ne veut pas en rester là sur la maltraitance animale. Chiens en laisse, chats dans les bras, pancartes à la main : ce samedi matin, près de 300 personnes ont traversé le centre-ville de Papeete et déposé un courrier à la présidence pour dire stop. Stop aux violences faites aux animaux, mais aussi aux femmes, aux enfants, aux plus vulnérables… une mobilisation initiée par l’association SCATahiti et qui a été ouverte – après le drame d’Ayden – à un combat plus large celui contre les violences de toutes sortes. Aux côtés des militants de la cause animale, plusieurs jeunes de Margaret’s Place – ces espaces de parole implantés dans les lycées pour soutenir les élèves victimes ou témoins de violences – ont aussi pris part à la marche. Une manière de « rappeler que la violence touche tous les vivants, et que les jeunes générations veulent être entendues. » Margaret’s Place a mobilisé quelques jeunes également. Une parole qui s’organise, malgré les tensions Mais en coulisses, la mobilisation intervient dans un contexte de réorganisation au sein de la jeune structure. Quelques jours avant la marche, Benjamin Varney, qui était le principal relais en communication de la SCATahiti, a annoncé sa démission. « Je suis pour une protection animale qui rassemble, pas une communication qui expose des images choquantes », a-t-il déclaré, évoquant un désaccord de fond sur la stratégie. Depuis quelques semaines, c’est donc Virginie, nouvellement nommée vice-présidente, qui a pris le relais. Présente en tête de cortège, elle dénonce les manquements des autorités et l’inaction face à la souffrance animale : « Il y a trop de choses à faire ici en Polynésie. Des obligations ne sont pas respectées, comme celle d’avoir des refuges dans les communes. Il y a trop de laxisme aussi de la part des particuliers, qui ne stérilisent pas systématiquement leurs animaux, même quand il y a des campagnes. Certains refusent, donc ça tue le process. Il y a toujours des chiens abandonnés partout. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/MARCHE-1-virginie-Scat.wav La militante pointe aussi les sanctions jugées dérisoires infligées aux auteurs de maltraitance : « Ceux qui consomment de la viande de chien ramassent énormément d’argent avec ce trafic, et ils ont quoi ? 15 000 d’amende. C’est rien pour eux, lâche une des manifestantes. Nous, on est là pour dénoncer tout ça. Pour que les autorités regardent. Si personne ne dit rien, ils pensent que tout le monde s’en fiche. Mais s’il y a du monde dans la rue, là, ils se diront peut-être OK, faut qu’on fasse quelque chose. » Une écoute politique Parmi les figures politiques présentes, on a pu voir Nicole Sanquer, et l’élue à l’assemblée Thilda Garbutt, présidente de la commission du logement, des affaires foncières, du développement durable et de la cause animale. Cette dernière dit être venue « marcher avec tout le monde » car « c’est un sujet important ». Elle précise tout de même que le gouvernement actuel a nommé un représentant au sein du Conseil économique, social, culturel et environnemental (Cesec) pour défendre la cause animale, et met en avant le soutien déjà apporté par le Pays. Dernièrement, elle parle de près de 100 millions distribués aux associations, une somme qui à l’entendre est suffisante. « Moi je dis stop, on a aussi des SDF, on a aussi d’autres causes et la cause humaine aussi elle est importante. Dans les 69 millions prévus ou les 35 millions qu’elles ont reçus, personne ne nous a ramené un franc, donc c’est qu’elles l’ont utilisé, en tous les cas c’est ce qu’on attend, des justificatifs par la suite pour pouvoir encore continuer à donner. Mais en tous les cas il faut qu’on reste juste aussi par rapport à la cause humaine. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/MARCHE-2-thilda.wav À l’issue de la marche, les organisateurs ont insisté sur la nécessité de ne pas laisser cet élan retomber. La SCATahiti prévoit de poursuivre ses actions pour maintenir la pression sur les autorités. Plusieurs associations de protection animale présentes ce samedi espèrent qu’un dialogue constructif pourra enfin s’ouvrir.