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Un artiste polynésien au cœur du Salon d’automne de Paris

©Evrard Chaussoy/Facebook

L’artiste polynésien Evrard Chaussoy participera cette année au Salon d’automne de Paris, un événement artistique centenaire reconnu pour avoir accueilli des grands noms de la peinture moderne. Il y présentera un tableau imposant sur l’effacement des cultures autochtones. Déjà remarqué pour ses créations publiques comme la statue de Bobby Holcomb à Papeete ou celle de Vehiatua i te mata’i à Teahupo’o, l’artiste continue de porter la voix du fenua sur les scènes artistiques françaises et internationales.

L’artiste local Evrard Chaussoy franchit une nouvelle étape dans sa carrière artistique en étant sélectionné pour exposer l’une de ses œuvres au prestigieux Salon d’automne de Paris, qui se tiendra cette année du 29 octobre au 2 novembre.

Originaire de Raiatea, le peintre et sculpteur polynésien est particulièrement connu sur le territoire grâce à ces œuvres imposantes qui habillent le paysage urbain du fenua, telles que la statue en bronze de 3,5 mètres de haut à l’effigie du chanteur Bobby Holcomb, visible sur la place To’ata à Papeete, ou encore la statue à l’effigie de Vehiatua i te mata’i, emblème du surf dans l’histoire polynésienne, inaugurée à l’occasion des épreuves de surf des jeux olympiques à Teahupo’o.

En 2023, il est lauréat du programme de résidence d’artiste à la Cité internationale des arts de Paris, puis enchaine l’année suivante avec une exposition personnelle sur l’Île Saint-Louis, dans la capitale nationale. C’est dans cette dynamique qu’il est, cette année, sélectionné pour le Salon d’Automne, l’un des salons les plus anciens — créé en 1903 — à être encore actif en France. « J’ai déjà posé ma candidature plusieurs fois. Et à chaque fois, j’ai été recalé. Donc être sélectionné aujourd’hui, c’est une vraie chance », confie Evrard Chaussoy.

Un salon rempli d’histoire

Pour cet ambassadeur de la culture polynésienne contemporaine, participer à un salon de renommé mondiale avec une histoire, qui a vu naître de nombreux courants artistiques majeurs et accueilli les plus grands noms de l’art moderne, est une aubaine pour « s’ouvrir davantage à l’international » :

« Il a plus de 120 ans, rappelle l’artiste, c’est un salon qui a une valeur historique. » Créé par « Des gens qui avaient une pratique de la peinture plus avant-gardiste, plus moderne et qui sortaient des sentiers battus. Et ces gens-là, en fait, se sont regroupés et ont créé ce salon. Et ça a permis l’émergence de nouvelles formes de peinture, le fauvisme, le cubisme, des choses qui ont explosé et qui sont devenues aujourd’hui des cours artistiques très puissants. Il y a eu des artistes comme Monet, Matisse, je crois même Picasso, qui ont participé à ces salons-là. Donc, avec le temps, ça est vraiment devenu quelque chose d’historique et d’important. » explique le peintre -sculpteur.

Un thème sur l’effacement de la culture locale

À cette occasion, Evrard Chaussoy présentera une grande toile de 1m20 par 1m80, traitant de l’effacement et de la transformation des cultures autochtones, en particulier celle du fenua. « J’utilise la culture polynésienne parce que c’est la nôtre. Qui s’efface et qui laisse place à quelque chose de plus moderne. Et j’invite le public à s’interroger sur ce que l’on fait de notre culture. Comment on peut la préserver ? Et comment est-ce qu’on peut aussi lui permettre d’évoluer pour s’adapter au monde contemporain ? »

L’œuvre sera en vente sur place à Paris, et reviendra au pays si elle n’est pas vendue.

Parallèlement, le sculpteur et peintre de Raiatea participera à une exposition collective avec trois autres artistes dans les locaux de la délégation de Polynésie à Paris, où il exposera une dizaine d’œuvres sur des sujets tels que la pollution, le changement climatique, ou encore la transmission culturelle.

Un parcours pas toujours facile

S’il expose annuellement en Polynésie et parvient aujourd’hui à vivre de son art — ce qui reste « rare et difficile » — Evrard Chaussoy n’oublie pas les obstacles du passé. Il se souvient d’une sélection au Salon national des Beaux-Arts en 2007, où il avait remporté un prix mais n’avait pas pu se déplacer faute de moyens.

« En vrai, en 2007, j’avais été sélectionné au salon national des Beaux-Arts à Paris, au Carrousel du Louvre. Malheureusement, à cette époque, je n’avais pas les fonds. Je n’avais pas d’argent et je ne pouvais pas me déplacer. Moi, j’ai trouvé une combine, j’ai pu envoyer mes œuvres et j’ai eu la chance d’avoir un prix. Et c’est une chance inouïe. Mais en général, quand tu es lauréat d’un tel salon, ce qui est bien, ce sont les rencontres. Parce que tu es lauréat, donc tu es remarqué. Et n’y étant pas, j’ai eu le regret de ne pas faire de bonnes rencontres. »

Aujourd’hui, il est soutenu par Air Tahiti Nui, dans le cadre du programme ambassadeur, qui l’aide à financer sa participation.

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