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Un livre pour découvrir le « Mandela australien »

Estelle Castro-Koshy. © Radio 1

La maison d’édition Au vent des îles publie le récit d’Un homme de sagesse, Banjo Clarke, un Aborigène australien qui « était fait de la même étoffe que Nelson Mandela », d’après un ancien ministre délégué des Affaires aborigènes du Victoria, Keith Hamilton. Ce récit fait de petites histoires qui racontent aussi la grande Histoire de l’Australie a connu un immense succès dans son pays lors de sa parution, il y a 15 ans.

Estelle Castro-Koshy, enseignante-chercheuse qui a traduit ce récit de Banjo Clarke écrit par Camilla Chance, raconte avoir découvert le livre alors qu’elle vivait en Australie. Émue par sa lecture, elle a « beaucoup offert ce livre magnifique ». Pour elle, c’est « un trésor », à la fois la découverte d’un homme d’une bienveillance exceptionnelle et le témoignage d’événements historiques longtemps passés sous silence en Australie, comme les massacres d’Aborigènes, les bombardements japonais sur Darwin lors de la seconde guerre mondiale, ou encore la solidarité des syndicats dans les années 1950. Né dans les années 1920 et mort en l’an 2000, Banjo Clarke a traversé le siècle et ses soubresauts, en préférant toujours le pardon et l’amour à la rancœur et la haine, ce qui lui a valu d’être comparé à Nelson Mandela.

Le livre a été écrit par Camilla Chance, qui a rencontré Banjo Clarke en 1975. Très vite, ils sont devenus amis et Camilla Chance a suivi le combat de Banjo Clarke pour que son clan récupère ses terres dans la forêt de Framlingham, dans l’État du Victoria.

Banjo Clarke ne s’est pas lancé en politique, mais « il a marqué sa communauté », rapporte Estelle Castro-Koshy. Des milliers de personnes ont assisté à son enterrement, en l’an 2000. Publié trois ans plus tard, le récit de sa vie est rapidement devenu un best-seller en Australie.

Extrait :

« Dans le temps il y avait un campement très profond dans le bush. J’aime m’asseoir là-bas parce qu’on y sent les esprits aborigènes qui nous regardent, qui se tiennent là-bas quelque part derrière les arbres, dans l’ombre des gommiers. Je vois avec l’œil de mon esprit tous les Anciens qui habitent dans ce lieu, et j’entends le pas des petits enfants pieds nus. Les feuilles crépitent de rire et le lieu tout entier se remplit d’une joyeuse atmosphère. »

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1 Commentaire

  1. Chaval
    28 novembre 2017 à 6h10 — Répondre

    Comment on n’a pas encore fait un livre sur notre Mandela local ? C’est pas normal.

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