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Va’a Hiva veut relancer la construction de grandes pirogues à voile

L’association Va’a Hiva, dont l’objectif est de promouvoir le développement et l’accès à la navigation traditionnelle, prévoit la construction de plusieurs grandes pirogues à voile, dont les deux premières doivent être mises à l’eau d’ici le début de l’année prochaine. Inspirées des formes ancestrales, elles seront plus petites, plus maniables que la célèbre Faafaite, et pensées pour l’apprentissage plutôt que pour les grands voyages. Pour mener ce projet et financer le dossier d’homologation et les plans 3Dle collectif chercher à réunir 2 millions de francs sur les plateformes de dons Anavai et Hina. L’enjeu : « réhabiliter » la pratique de la pirogue à voile et de « transmettre » ces savoir-faire dans tous les archipels.

Va’a Hiva a lancé un appel aux dons pour construire deux pirogues traditionnelles via les plateformes Anavai et Hina. Créée en 2023, l’association culturelle et sportive intervient aussi en soutien à l’École de pirogue à voile traditionnelle. Car depuis quelques années, cette pratique héritée « des temps anciens », où les navigateurs polynésiens traversaient l’océan guidés par les étoiles, connaît un regain . Le Pays a même créé, en janvier dernier, un brevet professionnel polynésien d’éducateur sportif mention « va’a tai’e ».

À la différence de la pirogue Faafaite, longue et taillée pour les grandes traversées, Va’a Hiva prévoit de construire des embarcations plus petites, plus légères, plus accessibles.  » On ne veut pas concurrencer Faafaite, qui est conçue pour voyager à Hawaï ou ailleurs. Nos pirogues sont pensées pour la navigation côtière, pour être faciles à mettre à l’eau, faciles à sortir, et surtout accessibles », explique Teiva Véronique, porteur du projet. Les pirogues serviront aussi à recréer du lien communautaire autour de la mer.

Le modèle qui a été retenu est celui du va’a tīpaerua, une embarcation typique des îles de la Société, documentée par les premiers explorateurs européens. « C’est un hommage à nos ancêtres, mais aussi un choix adapté à nos objectifs pédagogiques », souligne Teiva Véronique. Actuellement, avec son école de navigation traditionnelle, il travaille avec une petite flotte de pirogues à voile de type Holopuni. Ces vaa s’inspirent des modèles traditionnels mais sont de conception moderne. Avec les va’a tīpaerua, il veut proposer des embarcations construites « dans le respect des formes et des valeurs ancestrales ».

Depuis quelques années le va’a ta’ie est enseigné dans les écoles du fenua

Pour assurer la transmission, ces pirogues – l’une faite en bois et l’autre en matériaux composites –  seront construites localement. « Les navigateurs, c’est aussi des constructeurs de va’a. C’est nous qui allons les concevoir, donc ça sera des va’a qui seront adaptés à notre conception de la navigation. Ce projet est vraiment réfléchi sur plusieurs années, il englobe la partie culturelle, identitaire mais aussi la partie sécuritaire puisqu’elles vont pouvoir être homologuées par les Affaires maritimes. L’objectif, c’est vraiment qu’il y ai des va’a dans toutes les îles. » Elles seront homologuées pour accueillir 10 à 12 personnes, et permettront notamment aux jeunes de s’initier à la navigation dans des conditions adaptées aux réalités des îles.

Des dons possible sur le plateforme Hina

Le budget total du projet est estimé à 20 millions de francs. Environ 6 à 7 millions ont déjà été levés grâce à des soutiens publics et privés, que l’association réserve pour le financement de la fabrication des pirogues. Un appel aux dons a été lancé sur la plateforme Anavai et celle de Tahiti Tourisme (Hina.pf) pour réunir 2 millions supplémentaires, nécessaires à l’élaboration des plans 3D et au dépôt du dossier d’homologation.

L’objectif est de réunir le reste de la somme notamment auprès de partenaires institutionnels, notamment le fonds Pacifique, et d’autres partenaires privés. Côté calendrier, la première pirogue, en bois, doit être construite avant la fin 2025. C’est sur la base de cette embarcation, réalisée à Tahiti, qui doit être créé un moule qui permettra de construire d’autres pirogues rapidement. La seconde, en matériaux composites, est d’ailleurs attendue dès le début 2026.

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