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« Moetai Get Out » : après les banderoles à Tarahoi, des militants Tavini lancent une pétition

Quelques dizaines de militants bleu ciel se sont fait entendre ce jeudi dans le hall de l’assemblée pour appeler à la démission du président du Pays et des 15 membres du groupe dissident du Tavini A Fano Tià. Certains ont même déployé une banderole « Moetai = Trahison » pendant le discours du chef du gouvernement, avant d’être écartés par la sécurité. Si le parti n’a pas officiellement demandé au président de démissionner, ces militants, dont beaucoup se revendiquent comme des « historiques » du mouvement indépendantiste, ont lancé une pétition qui pointe le « bilan alarmant » des trois années de mandature, entre « dépendance structurelle aggravée, urgence sociale ignorée, transition énergétique élitiste et un renoncement face à l’État ».

« Moetai, le peuple à faim et décide de ta fin », « Moetai démission »... Ce mercredi, l’assemblée était empreinte d’un climat particulièrement tendu. Après la démission de 15 membres du Tavini qui ont décidé de se regrouper sous un autre parti avec à sa tête Tematai Le Gayic, Moetai Brotherson s’est exprimé face aux élus. Au cours de son discours, des militants engagés contre la démission du président du Pays sont alors entrés dans la salle avec des banderoles où l’on pouvait lire « Moetai = trahison » ou « Moetai get out ». 

Pour les suiveurs d’Oscar Temaru, « il n’y a pas deux groupes » mais « un seul ». Et « c’est pour cette raison-là qu’on est ici », nous indique Haamoura, venue de Pirae pour militer. « On demande la démission de Moetai et des 15. Qu’ils rendent leur siège », scande-t-elle. « Parce que c’est grâce à nous, le peuple : on a voté pour eux pour qu’ils travaillent pour nous. Et aujourd’hui, ils font et décident tout seuls. »

« Ce n’est pas digne d’un président »

Devant l’assemblée, les militants ont également distribué des pétitions en appelant à la démission de Moetai Brotherson. « Le peuple polynésien revendique son droit de vivre et s’épanouir en choisissant librement ses partenaires dans un monde désormais multipolaire », ont-ils écrit. Ils ont notamment interpellé le président sur un « bilan alarmant » concernant son mandat, portant sur « une dépendance structurelle aggravée, l’urgence sociale ignorée, une transition énergétique élitiste et un renoncement face à l’État ».

Gilles Parzy, bien connu pour son activité dans l’agriculture, faisait partie des porteurs de banderoles dans l’assemblée, mais a été rapidement écarté par la sécurité de l’institution. Pour lui, le président du pays « n’a pas tenu ses engagements ». « Il connaissait la ligne politique du Tavini » lorsqu’il en est devenu membre, assène-t-il, balayant l’argument du respect du programme de 2023 que « Moetai a imposé » au parti. « Donc si maintenant il y a des divergences, elles sont inhérentes à lui. Il a entraîné 15 personnes dans cette divergence-là… ce n’est pas digne d’un président qui est censé rassembler le peuple », assure Gilles Parzy en précisant : « avec des gens qui ressemblent à ce peuple, c’est-à-dire, des gens qui en ont la culture. »

 

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