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Après le « déni de décolonisation » à l’Elysée, le Tavini peaufine son discours pour l’ONU

Suite à l’annonce d’Emmanuel Macron sur une prochaine réforme institutionnelle des Outre-mer, le parti indépendantiste dénonce un « déni de décolonisation » de la part de l’État, qui refuse tout dialogue sous l’égide des Nations-Unies. L’occasion aussi pour le Tavini de présenter les thèmes qui seront développés par ses pétitionnaires devant la Quatrième Commission de l’ONU, dont les auditions débutent le 7 octobre à New York. Au programme : transferts financiers, contentieux, mission de l’ONU en Polynésie, ou encore ice.

Oscar Temaru, Richard Tuheiava, Léon Tefau et Tevaiti Pomare réagissaient au « dîner républicain » qui s’est tenu mardi à l’Élysée et auquel le président Brotherson a participé. À quelques jours des auditions de la Quatrième Commission des Nations-Unies, c’était aussi l’occasion pour le parti bleu ciel de présenter les thèmes de ses interventions pour ce rendez-vous annuel. La délégation indépendantiste va orienter ses interventions sur des sujets plus « contemporains », précise Richard Tuheiava, directeur de cabinet de Anthony Géros à l’assemblée, et responsable des questions juridiques au sein du parti.

« Déni de décolonisation »

Le Tavini rappelle les « deux visions antagonistes » : d’un côté, un processus de décolonisation porté par les Nations-Unies, et de l’autre, une réforme institutionnelle des Outre-mer, proposée par l’État. Mardi, Emmanuel Macron aurait refusé de discuter d’indépendance, préférant aborder le deuxième sujet. Une posture qualifiée « de déni de décolonisations » par Richard Tuheiava. « Pourquoi je dis ça ? C’est parce qu’en fait on a essayé de diluer cette question de la décolonisation à travers une possible réforme institutionnelle au sein de la République, explique le responsable juridique. Voilà le cadre que l’Elysée nous propose sur un sujet aussi important, et après l’échec cuisant que l’on a constaté sur la question de Kanaky, appelé les accords de Bougival. »

Transferts financiers, contentieux et ice

Au-delà de cette opposition de fond, le Tavini entend donc parler« de nouveaux dossiers », comme le « dialogue constructif » évoqué en juin dernier par le C24. Un changement lexical qui pourrait se retrouver dans la résolution finale de la 4e Commission. « On va aussi vulgariser la question de la venue du C24 en Polynésie, indique Richard Tuheiava. On ne sera plus sur un format de discours qui nous ramène à l’historique, puisque ça fait 12 ans maintenant qu’on est réinscrit. Aujourd’hui, on va évoluer et on va aborder la question des transferts financiers, des contentieux actuels, du déficit de dialogue de décolonisation, et aussi de l’ice», explique-t-il.

« Quel est le mot qu’il faut utiliser alors pour qu’on commence à dialoguer ? »

Malgré les refus successifs de l’État d’ouvrir un dialogue sur la question de l’indépendance, le Tavini maintient la pression. Selon-eux, c’est le mot « colonisation » lui-même qui bloque toute discussion, parce qu’il renvoie la France « à une histoire douloureuse ».

« Soyons clairs, quel est le mot qu’il faut utiliser alors pour qu’on commence à dialoguer ? Pas bilatéralement à l’Élysée, dans le cadre d’une énième réforme institutionnelle, mais à l’ONU, dans le cadre des règles internationales en matière de droits de l’Homme et de droit à l’autodétermination, se questionne Richard Tuheiava. Est-ce qu’on doit utiliser un autre terme ? Ce n’est quand même pas au peuple qui s’est retrouvé en sous-colonisation d’avoir à offrir un terme pour lequel la puissance administrante va devoir s’accommoder. »

Vingt-six pétitionnaires sont listés ci-dessous par ordre de passage. Moetai Brotherson prendra la parole, après le représentant permanent de la France à l’ONU, mais étant président du Pays il ne figure pas sur la liste des pétitionnaires.

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