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Après la subvention de l’État, le câble vers les Australes sur la bonne voie

Arrivée du câble Natitua à Hao, en août 2018.

L’État a annoncé ce mardi qu’il accordait son financement à hauteur de 358 millions de francs au câble sous-marin Natitua Sud, qui doit relier Tahiti aux Australes. Une autre subvention, celle du Pays, est attendue mais les appels d’offres vont d’ores et déjà pouvoir être lancés pour ce projet estimé à 1,5 milliard de francs. La liaison devrait, d’ici 2022, améliorer le débit internet à Rurutu et Tubuai. 

C’était le 18 décembre 2018. Le câble Natitua était mis en service apportant le haut débit à dix îles des Tuamotu et des Marquises. Il s’agissait en tout cas de sa branche Nord. Natitua Sud, qui doit joindre Tahiti à Tubuai et Rurutu était alors déjà à l’étude à l’OPT. Comme le pointe son PDG, Jean-François Martin, les deux principales îles des Australes ont de plus en plus de mal à composer avec leur connexion satellitaire, limitée en débit et sensible aux aléas météorologiques. L’idée est donc avant tout d’apporter un « confort et une sécurité de connexion » à ces quelques 4 700 Polynésiens. Ainsi que « des opportunités de développement économique », comme le précise le Haussariat.

Investissement difficile à rentabiliser

Les Australes devront pourtant attendre encore un peu avant de surfer en haut débit. L’OPT, qui attend toujours que le soutien du Pays soit formalisé, prépare les appels d’offres de ce nouveau câble. D’après Jean-François Martin, il faudra ensuite compter au moins trois mois avant de signer les contrats. Leur mise en œuvre, entre les études d’impact environnementales, la construction des stations terminales et des points d’atterrage et la pose du câble, avait ensuite duré 18 mois pour la branche Nord. Plus d’expérience, moins de distance : Natitua Sud pourrait naître un peu plus rapidement. L’OPT et le Haussariat ne prévoient tout de même pas de raccordement avant le premier trimestre 2022.

Les 358 millions de francs débloqués par Paris au titre du Fonds exceptionnel d’investissement devraient peser près d’un quart du coût total du projet, pour l’instant évalué à 1,5 milliards de francs par l’OPT. Une estimation : « On peut avoir de bonnes surprises dans les appels d’offres » rappelle Jean-François Martin qui salue bien entendu le « soutien de l’État sur ces projets structurants ». L’OPT avait pourtant fait une demande de 750 millions de francs, autant qu’auprès du Pays, qui devrait chiffrer son soutien dans les semaines à venir. Le groupe OPT devra quoiqu’il arrive assumer le reste de l’investissement.

La continuité territoriale pour l’Internet ?

Une dépense que l’Office avait un temps prévu d’amortir par les économies sur la très onéreuse bande passante satellitaire. Mais l’expérience de la branche Nord de Natitua montre qu’une bonne partie du débit libéré par les îles reliées au câble est immédiatement consommée par celles qui restent dépendante du satellite. « Elles sont à saturation et dès qu’on libère, ces îles développent leur consommation », explique le PDG de l’OPT, citant notamment l’importante demande pour le streaming et les échanges vidéo.

Résultat : une partie des coût satellitaires ont dû être maintenus, « à fonds perdus » pour l’Office. « Il y a un effort à faire dans l’investissement sur des capacités satellites supplémentaires, mais le groupe OPT ne peut pas les assumer seul », reprend Jean-François Martin. Qui s’est déjà tourné vers l’État : « la continuité territoriale, ça n’est pas que les avions », pointe-t-il. Meilleure preuve : ces dernières semaines de confinement et de continuité pédagogique, qui ont, plus que jamais, mis en exergue le caractère stratégique des connexions internet.

Les Gambier, dernier archipel non relié

Bien avant la mise en service de Natitua Sud, l’OPT devrait célébrer celle de Manatua. Atterré à la presqu’île en janvier, ce câble international reliant Tahiti aux Samoa, et donc à l’Ouest du Pacifique, en passant par Niue et les îles Cook, est toujours en phase de test. Il devait être mis en service le 29 juin, pour la fête de l’autonomie. Mais l’épidémie de coronavirus obligera semble-t-il les autorités à décaler cette « sécurisation de la connexion internationale du fenua » de quelques semaines.

Reste un projet dans les tiroirs : le câble Chili – Tahiti. Les autorités de Santiago, qui savent leurs connexions internationales vieillissantes, aimeraient développer un câble vers l’Asie. Et avaient montré leur intérêt pour un partenariat avec la France et la Polynésie l’année passée. Les mouvements sociaux au Chili, puis l’épidémie de coronavirus ont fait piétiner le projet. Mais le Pays comme l’OPT se montrent toujours intéressés, et espèrent une reprise des discussions dans les mois à venir. Un câble Chili – Tahiti pourrait permettre de mieux rentabiliser les connexions internationales du fenua, mais surtout pourrait permettre de relier, au passage, l’île de Rikitea, aux Gambier, dernier archipel du pays non câblé.

 

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