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Catalogne: l'ex-président séparatiste Artur Mas jugé à Barcelone

Barcelone (AFP) – Des milliers de séparatistes catalans ont manifesté aux cris de « A bas la justice espagnole » à l’ouverture lundi à Barcelone du procès de l’ancien président catalan Artur Mas, poursuivi pour avoir organisé en novembre 2014 une consultation sur l’indépendance de la Catalogne.

Artur Mas a pénétré avec près d’une demi-heure de retard, à 09H26 locales (08H26 GMT) dans la Cour d’appel de Catalogne, précédé de plusieurs milliers de partisans, qui ont envahi une large allée bordée de palmiers longeant le bâtiment.

« Indépendance, indépendance », « A bas la justice espagnole », « Nous voulons voter », « criaient les manifestants.

M. Mas et deux autres anciens responsables de la Generalitat (le gouvernement catalan), la vice-présidente Joana Ortega et la conseillère pour l’Education Irene Rigau, sont poursuivis pour avoir organisé une consultation sans effets juridiques à laquelle avaient participé 2,3 millions de personnes, le 9 novembre 2014.

M. Mas avait décidé d’organiser ce vote, où 80% des participants s’étaient prononcés pour l’indépendance,  faute d’avoir obtenu de Madrid l’autorisation de mettre en place un véritable référendum d’autodétermination dans sa riche région de 7,5 millions d’habitants.

Artur avait passé outre l’interdiction de cette consultation alternative par la Cour constitutionnelle qui estimait qu’elle portait sur un sujet, l’unité de l’Espagne, qui ne pouvait être débattu que par l’ensemble des Espagnols.

Il risque dix ans d’interdiction d’exercer une fonction publique ou élective.

IndLe procès prévu jusqu’à vendredi montre selon son camp que le gouvernement bafoue les droits fondamentaux des Catalans, qui sont une majorité à souhaiter un référendum même s’ils sont partagés sur l’indépendance.

Il sera suivi d’autres procès, notamment celui de la présidente du Parlement régional Carme Forcadell, mise en examen pour avoir autorisé un débat et un vote sur l’indépendance dans cette assemblée.

Les indépendantistes sont majoritaires au Parlement régional depuis septembre 2015.

Dénonçant le « harcèlement judiciaire » de Madrid, ils promettent la tenue d’un « véritable » référendum au plus tard en septembre, avec ou sans l’aval du gouvernement central.

Si le « oui » l’emportait, ils lanceraient alors le processus de sécession.

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy assure pour sa part que ce référendum ne se tiendra pas. 

Sans abattre ses cartes il promet qu’il prendra les mesures nécessaires pour l’empêcher et tente une « opération dialogue », qui à ce stade n’a pas porté ses fruits.

L'ancien président catalan Artur Mas (d) et l'actuel président Carles Puigdemont (g), entourés par d'autres anciens membres de l'exécutif, le 6 février 2017 à Barcelone. © AFP

© AFP LLUIS GENE
L’ancien président catalan Artur Mas (d) et l’actuel président Carles Puigdemont (g), entourés par d’autres anciens membres de l’exécutif, le 6 février 2017 à Barcelone

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