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Continuité territoriale : pour l’État, le fret médical doit rester la priorité

Les agents des douanes inspectent des cargaisons de masques et des kits de prélèvements. ©C.R.

Le deuxième vol de continuité territoriale est arrivé de Paris la nuit dernière. À son bord, comme lors de la première rotation, plusieurs tonnes de fret et notamment du matériel de dépistage pour l’Institut Malardé. Mais aussi 25 passagers : des évasanés polynésiens qui attendaient leur retour de métropole ainsi que leur accompagnants. Si d’autres évacués sanitaires devraient revenir lors des prochaines rotations, l’État ne prévoit d’embarquer le reste des résidents bloqués qu’au « cas par cas » : la priorité est au fret d’urgence. 

Des dizaines de cartons de matériel marqués « Santé Publique France » ou « Ministère de la Santé et de la Recherche ». Le Haut-commissariat avait invité la presse, ce jeudi matin, dans la zone sous douane de l’aéroport de Faa’a où sont encore triés les quelques 120 mètres cubes de fret arrivé par ce second vol de continuité territoriale. Il a atterri peu avant trois heures du matin cette nuit. À son bord, 1 300 kits de prélèvements commandés par l’Institut Malardé pour continuer le dépistage de la population, ou encore 52 000 masques FFP2, équipements de protection indispensables pour les soignants en ces temps d’épidémie. Du matériel issu de la réserve d’État, insiste Éric Requet, secrétaire général du Haut-commissariat. Qui rappelle que cette livraison va être suivie par une autre, samedi soir : l’A400M de l’armée déployé au fenua arrivera avec à son bord 6 militaires d’une équipe de décontamination, mais aussi des respirateurs portables et, au total, 48 mètres cubes d’équipement médical pour les hôpitaux, et les services de l’État.

Pour la première fois depuis la suspension du trafic commercial le 28 mars, ce Paris – Tahiti emportait aussi des passagers. 25 Polynésiens, évacués pour raisons sanitaires en métropole et leurs accompagnants, qui attendaient leur retour depuis plusieurs semaines. Comme le précise Éric Requet, tous n’ont pas pu embarquer : 6 ont été testés positifs au coronavirus et devront donc rester confinés en métropole jusqu’à la fin de contagion. Deux autres n’ont pas pu fournir de certificat médical à temps. Et entre 30 et 50 attendent la fin de leur traitement ou une prochaine rotation pour rentrer au Pays.

Toutes les personnes arrivées cette nuit ont pris le chemin du centre de quarantaine mis en place par le Pays à Outumaoro, dans des logements du campus de l’UPF. Ils y resteront au minimum deux semaines, indique le Haut-commissariat. Les autorités sanitaires du Pays pourraient décider de rallonger cette période, qui devra aussi être complétée par un confinement moins strict, à leur domicile.

Les autres rapatriement au « cas par cas »

Entre 300 et 400 autres résidents polynésiens, bloqués en métropole à la suite d’un voyage personnel ou professionnel, attendent eux aussi leur retour. Jacques Raynal avait expliqué, en début de semaine, qu’ils commenceraient à être rapatriés dès la prochaine rotation, à raison de 100 à 110 sièges par avion. Éric Requet est pourtant plus réservé. « La priorité c’est le fret médical «  a insisté le secrétaire général du Haussariat. Il faut dire qu’en temps normal, la Polynésie recevait 1 200 tonnes de fret aérien par mois. Les vols de continuité territoriale, d’une capacité de 25 tonnes chacun sans les passagers, et à raison de trois vols par mois, ont du mal à absorber le flux, même en se concentrant sur les urgences. Aussi, si les évasanés sont prioritaires, les rapatriements des autres Polynésiens se feront « au cas par cas », en fonction des sièges disponibles, indique le responsable.

D’ici le mois de juin, devrait aussi s’ajouter « plusieurs centaines » d’étudiants polynésiens désireux de rentrer au pays. San compter les « plusieurs centaines à quelques milliers » de fonctionnaires d’État (enseignants, gendarmes, militaires…) qui doivent être remplacés dans les prochains mois. Tous ces sujets sont en discussion entre l’État et le Pays. Si Éric Requet évoque la possibilité de « vols supplémentaires » affrétés par la Polynésie (ou par des privés pour ce qui est du fret commercial) en plus de la continuité territoriale, la question des capacités de quarantaine et du suivi sanitaire des voyageurs complique la tâche des autorités.

Le secrétaire général du Hautssariat Éric Requet ©C.R.

 

Du matériel médical commandé par la Polynésie.

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