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Cour d’assises : l’accusé reconnaît les faits et ses tendances pédophiles

Deuxième journée du procès du quinquagénaire accusé de viols et d’atteintes sexuelles sur mineurs, trois adolescents de sa propre famille, âgés entre 12 et 16 ans à l’époque des faits en 2022. Des faits pour lesquels il encourt 20 ans de prison. La journée a été consacrée aux expertises psychologiques de l’accusé et de ses victimes. Concernant les victimes, l’expertise affirme qu’il n’y aucune raison de remettre en cause les faits rapportés par les adolescents. Quant à l’accusé, si celui-ci reconnait les faits, il cherche à se déresponsabiliser en incriminant les comportements de ses victimes ainsi que son alcoolisation. 

La matinée a débuté par le rapport de la psychologue qui a entendu les trois victimes de Tihoti*, l’accusé. L’adolescent à l’origine de la première plainte « ne présente aucune anomalie mentale, il est intellectuellement bien construit et ne tient pas de discours affabulatoire. » Sur les conséquences des agressions qu’il a subies, elle explique que l’adolescent a subi un stress post-traumatique, et développe : « il a une absence d’émotion quand il évoque les faits, il se met à distance de son histoire et occulte les faits violents pour ne pas se laisser déborder par ses émotions. » Elle estime qu’un suivi psychologique est nécessaire car « le procès peut réactiver les traumatismes. »

Concernant la deuxième victime, celle qui a tendu un piège à l’accusé, elle note que le jeune homme ne s’exprime pas spontanément et qu’il ne tient pas de discours affabulatoire. Elle assure qu’il ne souffre pas d’anomalies mentales, qu’elle n’a pas noté d’éléments dépressifs, ni de stress émotionnel. « Il contrôle ses émotions. » Toutefois elle note qu’il éprouve « un fort sentiment de honte et de culpabilité, partagé entre le dégoût de l’acte et celui d’avoir éprouvé un plaisir physique lors de la fellation. Cela peut avoir des répercussions par la suite. » Interrogée sur le piège qu’il a tendu à Tihoti, elle affirme que c’est « surement pour se prouver à lui-même qu’il est une victime. C’est un premier pas ou une prise de conscience qu’il a bien été une victime. »

Aucune raison de remettre en cause les faits rapportés par les victimes

Quant au troisième et dernier adolescent qui a subi une tentative d’agression sexuelle, lui non plus ne souffre pas d’anomalies mentales, ni de troubles consécutifs aux faits. Pour conclure, la psychologue assure qu’il n’y aucune raison de remettre en cause les faits rapportés par les victimes. En outre, pour la spécialiste, la reconnaissance des faits par l’accusé, « ne peut que soulager les victimes en les délivrant d’un doute sur leur sexualité. Un premier pas vers une reconstruction qui parfois ne vient jamais. »

Autre rapport psychologique, mais cette fois concernant l’accusé. Une autre experte indique que Tihoti, avec un QI de 91, présente un fonctionnement intellectuel dans la normale. Elle estime probable que « les faits de viols à son encontre quand il était enfant, ainsi que la prostitution à laquelle il s’est livré, ont perturbé son rapport à la sexualité. » Concernant les faits, il les reconnait, mais cherche à se déresponsabiliser en incriminant les comportements de ses victimes ainsi que son alcoolisation.

Sur sa réinsertion, l’experte estime que l’accusé présente des éléments plutôt favorables, « il reconnaît les faits et il est capable de reconnaitre ses tendances pédophiles et il est en demande de soutien psychologique. » En conclusion, elle souligne, « étant donné les faits et l’antécédent judiciaire, un suivi me paraît nécessaire, y compris après sa détention. »

Le procès se poursuivra mercredi avec les plaidoiries et les réquisitions. Le verdict devrait être rendu en fin de journée.

*prénom d’emprunt

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