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« Dans son imaginaire, raerae égale consentant » : un agresseur condamné à trois ans de prison ferme

Un homme était poursuivi devant le tribunal correctionnel pour agression sexuelle en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime, et pour avoir filmé cette agression. Il a été condamné à cinq ans de prison avec un sursis probatoire de 2 ans.

Gilles M. a 26 ans et une intelligence « limitée ». Il vit en concubinage avec une femme de 20 ans son ainée. Alors qu’elle est hospitalisée pour une semaine, Gilles a des envies pressantes. Et cela tombe bien, son voisin est un raerae et, « j’avais envie de me faire sucer par un raerae » Dans la nuit du 10 février 2024, il décide de passer à l’acte. Il se présente devant le domicile de sa victime et jette des cailloux sur son toit. La veille, il avait tenté de faire des signaux lumineux avec la lampe de son smartphone, mais sans résultat. Cette fois, la victime sort de son fare. Gilles enjambe la clôture, baisse son short et sort son sexe en disant « suce-moi ». Tétanisée, la victime s’exécute en pleurant et Gilles immortalise la scène en la filmant. Devant le juge, il l’assure, « elle était d’accord et après non. » Le magistrat lui demande pourquoi avoir filmé, « juste comme ça. » « Mais le film, c’était pourquoi faire ? » « Pour regarder et me masturber. » Le juge lit la déposition de la victime : « je suis sorti quand j’ai entendu les cailloux, et là il a sorti son sexe, j’avais peur, il m’a forcé et appuyé sur ma tête, il m’a dit, ‘mange, profite’ et quand il a joui, il a pris mon tricot et s’est essuyé avec. Pendant qu’il filmait je pleurais. » Le magistrat relève la tête regarde le prévenu, « vous avez vu qu’elle pleurait ? » « Oui. »  

Une intelligence limite et une compréhension restreinte des rapports sexuels

Après avoir porté plainte, accompagnée d’un professeur de l’université à qui elle s’était confiée, la victime est reçue par un psychologue. Son rapport note un stress post-traumatique, qu’elle était en état de sidération, de dégoût, qu’elle avait honte et la crainte de ne pas être crue. Il explique aussi que depuis, elle refuse toute vie affective et sexuelle. Quant au rapport concernant le prévenu, il fait part d’une intelligence limite, d’une compréhension restreinte des rapports sexuels, d’une mauvaise intégration des interdits sociaux et d’un sens moral incertain.

Pour la partie civile, « c’est un viol, un acte prémédité, il l’a guettée pendant plusieurs jours, il était en manque. Un an et demi plus tard la victime ne s’en est pas remise, même si elle a quitté le territoire et de plus, elle a eu une prise de poids importante. Elle pèse 160 kilos. Voila les conséquences de ses actes. » Elle demande pour sa cliente une indemnisation de 3 500 000 Fcfp.

« Dans son imaginaire, raerae égale consentant »

L’accusation assure de son côté qu’il « n’est pas facile d’être un raerae, pas toujours simple, même s’ils font partie de la culture locale, il craint de se retrouver dans la posture du tentateur. » Fixant le prévenu, le procureur estime que « dans son imaginaire, raerae égale consentant, évidemment. » Expliquant que sur la vidéo, on voit la victime pleurer et se cacher le visage, il affirme : « elle a été violée une première fois et une deuxième fois par la vidéo. » Estimant qu’il y avait des risques de réitération et notant que le prévenu avait des « intolérances à la frustration » il réclame quatre ans et demi de prison dont un an de sursis probatoire pendant trois ans avec obligation de soins psychiatriques et de réparer le préjudice et demande son maintien en détention. À noter que le prévenu est en détention provisoire depuis février 2024.

Un réquisitoire que la défense estime lourd, arguant que son client a « une intelligence limitée et que pour lui, elle était d’accord vu qu’elle n’a pas refusé. » Elle demande de revoir la peine à la baisse ainsi que l’amende.

Le prévenu a été condamné à une peine de cinq ans de prison dont un sursis probatoire de 2 ans avec obligations de soins, de travail ou de formation et d’indemniser la victime à hauteur de 1 500 000 Fcfp de dommages-intérêts. Il sera inscrit au fichier des délinquants sexuels (Fijais).

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