ACTUS LOCALESJUSTICE

De « 120 à 150% » d’occupation à Nuutania, 90% à Tatutu

Le haut-commissaire a réuni le conseil d’évaluation pénitentiaire ce mercredi. L’occasion de faire le point sur la situation carcérale à Nuutania, où « les conditions se sont améliorées » assure son directeur, actuellement dans l’attente de lourds travaux pour développer le réseau d’eau chaude. Il espère aussi renforcer la sécurité, alors que le nombre de fautes constatées intra-muros a explosé. À Tatutu, on se focalise sur les projets à mener avec les détenus.

Salle comble ce matin au Haut-commissariat, pour le conseil d’évaluation pénitentiaire. Un rendez-vous annuel, où se rassemblent, entre autres, le haut-commissaire, des élus locaux, les directeurs de prison, la procureure, le procureur général, la présidente du tribunal de première instance, le vice-recteur et des représentants des forces de l’ordre. « Cela donne lieu à des échanges sur les conditions carcérales, la prise en charge sanitaire, les travaux, la prévention et la récidive… », présente le directeur de Nuutania, Damien Pellen.

À Faa’a justement, où 600 détenus sont entrés l’an passé, pour le même nombre de sorties, les conditions carcérales sont au cœur des débats depuis des années. Le directeur l’assure, « on peut dire qu’elles se sont améliorées, puisque nous sommes passé de 480 détenus à 220 en moyenne par an » depuis l’ouverture du centre de Tatutu. Avec une capacité de 170 places, l’édifice construit en 1974 affiche donc un taux d’occupation de « 120 à 150% ».

À Nuutania, un budget en baisse et de lourds travaux

L’établissement, régulièrement pointé du doigt par les avocats, doit toutefois composer avec des coupes budgétaires sur le fonctionnement. Des 430 millions nécessaires pour tourner à l’année, la prison n’en a obtenu que 334 pour cette année. « Cela veut dire qu’il faut faire des choix, reporter des dépenses sur l’année d’après », explique celui qui est aussi le directeur des prisons de Uturoa et Taiohae.
En revanche, les investissements nécessaires auront bien lieu à Nuutania: sommée mi-2024 par le tribunal administratif de déployer un réseau d’eau chaude, l’administration pénitentiaire a bouclé son étude des coûts en fin d’année 2024. Ces travaux « de très grosse ampleur », chiffrés à 214,6 millions, feront prochainement l’objet d’une passation de marché. D’autre travaux, eux, vont s’achever, du côté du quartier des femmes, qui compte 14 détenues. « La fin de ces travaux entamés en 2019 sera initiée en 2025 pour la construction d’une zone parloir, qui leur permettra de bénéficier de créneaux élargis », plutôt que de composer, comme aujourd’hui, avec les planning du parloir des hommes. Les travaux de rénovation entrepris depuis des années vont aussi se poursuivre. La direction projette enfin de délocaliser son unité sanitaire, « pour avoir des locaux médicaux plus actuels qui permettraient une prise en charge un petit peu plus optimum au niveau sanitaire ».

Le nombre de fautes constatées à Nuutania a doublé

En ce qui concerne le désamiantage préconisé par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté en 2022, « nous faisons des tests à chaque fois que nous faisons des travaux. Nous avons demandé à l’administration pénitentiaire de nous allouer une enveloppe annuelle pour que nous puissions désamianter une partie des locaux chaque année, et nous attendons les crédits », répond Damien Pellen. La sécurisation va également s’accentuer, notamment pour limiter l’introduction de drogue ou de téléphones dans l’enceinte de l’établissement. Cette année, « le nombre de fautes commises est exponentiel, il a été quasiment été multiplié par deux par rapport à l’année dernière », s’alarme le directeur.

Améliorer la prise en charge médicale à Tatutu

Du côté de Tatutu, la situation est tout autre, puisque l’établissement a moins de dix ans et sa pleine capacité n’est pas atteinte : 380 détenus y purgent leurs peines, pour 410 places. La directrice du centre de détention, Virginie Tanquerel, souhaite « améliorer notre collaboration et notre travail avec le centre hospitalier, pour avoir une meilleure prise en charge médicale, qui est déjà satisfaisante, mais on voudrait développer notre partenariat avec l’hôpital de Taravao ».

Elle se réjouit aussi de la bonne exécution des différents projets. « Nous remettons en route l’atelier bois qui nous a permis de faire des salon VIP pour les JO, de nombreuses activités sont prévues, comme l’an passé, lorsque nous avions réalisé des planches de surf ou nettoyé les plages de Tahiti ».

Article précedent

Journal de 12h, le 12/02/2025

Article suivant

Nicole Sanquer déçue par la réponse de Manuel Valls sur les mutations des fonctionnaires d'État

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

De « 120 à 150% » d’occupation à Nuutania, 90% à Tatutu