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Irmine Tehei poursuivie en diffamation : l’affaire renvoyée au 25 août

Irmine Tehei présidente de l’Union des femmes francophones d’Océanie, devait comparaître ce mardi devant le tribunal de Papeete pour diffamation envers les quatre employés de l’hôtel InterContinental de Moorea, qui avaient été accusés de viol en réunion par une collègue. Une affaire dont le dossier avait été classé sans suite en octobre 2019. L’affaire en diffamation a été renvoyée à mardi prochain.

C’est le président du tribunal qui a demandé le renvoi de cette affaire arguant que l’un des magistrats qui officiait ce jour à ses côtés s’était occupé du dossier des quatre hommes qui étaient alors soupçonnés de viol de l’une de leur collègue au sein de l’hôtel InterContinental de Moorea. Et donc dans un souci d’équité, il a renvoyé l’affaire à mardi avec une composition de la cour différente de celle d’aujourd’hui.

Pour autant Me Cross, avocat des quatre hommes qui ont assigné Irmine Tehei en justice, a tenu à s’exprimer devant la presse estimant que l’accusée s’est rendue coupable de diffamation. « Quand vous écoutez ses propos, elle les considère comme coupables, et la diffamation est avérée.  Ce qui est regrettable c’est qu’avec les réseaux sociaux on se retrouve face à un tribunal de l’opinion publique, et c’est la raison pour laquelle on vient devant la justice pour dire, liberté d’expression, oui, mais quand cela devient de la diffamation, on ne peut pas accepter. »

Du côté de Me Hellec, les propos de sa cliente, Irmine Tehei, ont été tenus lors d’une interview où elle se serait livrée à une explication sémantique concernant le terme « violer » en tahitien, à savoir « maafera » qui à son sens n’exprime en rien toute la souffrance que la victime a ressenti. Quant à son autre intervention, c’est suite à la grève lancée après les licenciements des quatre mis en cause, où leur syndicat réclamaient leur réintégration, avant toute enquête. « Elle s’insurgeait sur de telles revendications alors qu’il n’y avait eu encore aucune enquête. »

Concernant le fond de l’affaire, à savoir les soupçons qui pesaient sur les quatre hommes, Me Cross assure que cette affaire est finie, « classée sans suite par le parquet qui a estimé qu’il n’y avait pas d’éléments pour dire qu’elle avait été violée, vu les incohérences des déclarations de la présumée victime (…) sauf si la présumée victime veut porter plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction auquel cas, il va y avoir une information. »

Effectivement une affaire « classée sans suite » ne signifie pas que les faits n’ont pas existé, mais par exemple, que les indices ne sont pas assez nombreux pour poursuivre un suspect. La victime peut, après une telle décision, se constituer partie civile, contraignant ainsi le parquet à diligenter une enquête judiciaire.

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1 Commentaire

  1. simone grand
    19 août 2020 à 8h40 — Répondre

    Reprendre des accusations sans vérifier est en effet inadmissible. Les femmes réclament l’égalité de traitement, c’est bien mais c’est aussi une exigence de rigueur.

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