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« Le CHPF sort enfin la tête de l’eau », dit sa directrice Hani Teriipaia

Le conseil d’administration du CHPF a validé vendredi les comptes 2024 de l’hôpital. Pour la deuxième année consécutive, le résultat est positif : 370 millions pour un budget de 31,5 milliards. Non sans un « soutien massif du Pays ». Le budget 2025, lui, ne devrait pas nécessiter de rallonge, assure sa directrice Hani Teriipaia. De quoi envisager plus sereinement les réformes prévues par le gouvernement, la création du statut d’établissements publics de santé et leur regroupement, la modernisation des outils du CHPF, et la création d’une fonction publique hospitalière.

« Pour la première fois de l’histoire, le CHPF va bien, dit la directrice du CHPF Hani Teriipaia. Nous ne sommes plus en déficit, c’est ce qu’il faut retenir, et nous avons pris une trajectoire d’équilibre depuis deux exercices, donc 2023-2024, grâce au soutien massif du Pays, avec un subventionnement à hauteur de plusieurs milliards », notamment « l’apport de 1,9 milliard du Pays pour effacer toutes les dettes cumulées depuis 2009, donc depuis Mamao, le CHPF sort enfin la tête de l’eau. »

Faudra-t-il envisager un nouveau soutien du Pays en 2025 ? « Je dirais non, répond la directrice, nous sommes dans une position de contenir le budget prévisionnel que nous avons adopté en début d’année. »

370 millions de bénéfices consolidés

« On a réussi à faire la comptabilité analytique au CHPF, ce qui a été demandé pendant quasiment 20 ans, mais aujourd’hui, on y est, explique le ministre de la Santé Cédric Mercadal. Et on peut rendre des comptes qui sont clairs, lisibles, expliqués à tous, et qui seront mieux expliqués à l’Assemblée. »

Marc Pissot, le directeur financier du CHPF, se félicite de terminer l’exercice comptable 2024 « en bénéfice, à la fois sur la partie hospitalière qui génère 455 millions de francs en bénéfices, et en consolidé 370 million de francs ». De quoi, dit-il, envisager « le regroupement avec les établissements périphériques » et une « stratégie de ses activités. »

Rattraper le « train du progrès »

« La nouvelle loi de création d’établissements publics de santé et probablement la création d’une fonction publique hospitalière, ce sont des pistes d’avenir que nous pouvons envisager maintenant », reprend Hani Teriipaia. Le regroupement et la mutualisation des moyens va dégager les ressources qui doivent être allouées aux outils du CHPF. « Depuis toutes ces années de déficit et de difficultés financières, l’hôpital a cumulé une dette technique, c’est-à-dire qu’il n’a pas pris le train du progrès. Ses outils sont anciens, ils ne tiennent plus la route face aux innovations technologiques que nous connaissons aujourd’hui et à l’inflation que nous vivons. L’objectif avec ces réformes, c’est de rattraper ce retard et de pouvoir transformer en interne l’hôpital. »

Avant même le changement de statut en établissement public de santé, qui doit faciliter les projections pluriannuelles, dit Cédric Mercadal, « le Pays a prévu une évolution budgétaire sur trois ans, parce qu’on ne va pas regarder la santé chaque année, c’est une aberration, la santé c’est quelque chose de long. La population est malade, il faut faire des choix, des projections, mettre les investissements. »

Le ministre de la Santé regrette que le Cesec ait rendu un avis défavorable au projet de création des établissements publics de santé. : « Ça aurait pu être un avis favorable sous réserve. Moi j’ai vu beaucoup de critiques positives dans ce rapport. On pourra répondre à ses préconisations qui sont de bon sens. » Le projet de loi sera déposé « sous peu » en conseil des ministres, et pourrait passer en session extraordinaire en juillet, « sinon ce sera en début de session budgétaire. »

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