ACTUS LOCALESPOLITIQUE Tarahoi ne voit pas d’alternatives « viables » à la TDL Charlie Réné 2025-12-08 08 Déc 2025 Charlie Réné Tarahoi a voté ce lundi, à l’unanimité, pour la création d’une TDLR, qui doit remplacer, d’ici la mi-2027, la TDL actuelle. Un toilettage plus qu’une vraie réforme puisque cette version « rénovée » reprend le principe que la taxe de développement local – une taxation, de 20 à 80%, des produits importés concurrent à la production polynésienne – en y ajoutant des critères d’instaurations objectifs, des révisions périodiques, et un ciblage plus précis des besoins par secteur. Face à l’opposition qui rappelle que le Tavini promettait un « nouveau système », Warren Dexter a répondu que des alternatives avaient bien été étudiées, notamment la prise en charge publique des charges sociales de la production locale. Mais que les autres systèmes étaient trop onéreux, trop complexes, et ne convainquaient pas les professionnels. C’est la TDL qui a fait office d’amuse-gueule, ce lundi, à la semaine de débats budgétaires et fiscaux dans laquelle s’est lancée Tarahoi. Ou plutôt la TDLR, pour Taxe de développement local rénovée. Le gouvernement avait, tôt dans la mandature, annoncé une réforme, voire une remise en cause de cette taxe mise en place en 1998, et qui affecte les produits importés concurrents à la production locale. Après de longs mois de discussions avec les acteurs économiques, ce ne sera finalement qu’un « toilettage ». Il faut dire que le sujet est sensible : considéré par les producteurs concernés, comme une condition sine qua non du développement d’une activité industrielle localement, la TDL est depuis longtemps accusée, côté importateurs, de faire flamber les prix et limiter l’offre pour les consommateurs, comme l’avait relevé à plusieurs reprises l’APC, et de ne pas pousser la production local à gagner en compétitivité. Bayrou ou Musk ? Le texte présenté par le gouvernement réussit au moins une chose : proposer un consensus entre ces deux camps aux arguments très aiguisés. Le projet de loi prévoit, en lieu et place d’un comité où les discussions s’échauffent régulièrement, une méthode de « scoring » objectif pour juger de la pertinence des nouvelles TDL, il impose davantage de contrôle des protections existantes, cible plus précisément les secteurs concernés, avec des taux différenciés allant de 20% à 80% pour les produits artisanaux comme les tifaifai… Il introduit surtout une révision périodique des TDL pour vérifier leur efficacité sur l’emploi et le développement économique. Reste que dans l’opposition, on note que le gouvernement indépendantiste fait du « neuf avec du vieux ». Loin des promesses de « changement de système » de la campagne de 2023. C’est ce que souligne Nuihau Laurey pour qui, avec ce genre de réformes, le ministre des Finances Warren Dexter, souvent présenté comme un libéral, est « plus François Bayrou qu’Elon Musk » : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/ASSEMBLEE-1-Nuihau-TDLR-.wav Tout le monde, à Tarahoi s’accorde à le dire : Pour fabriquer local, sans économie d’échelle vu la taille du marché et avec des coûts de main d’oeuvre et de production bien supérieure à ceux des grands pays exportateurs, « il faut du courage », comme le pointe Warren Dexter. Raison pour laquelle, côté Tapura, le président Édouard Fritch apporte son soutien au texte, non sans avoir rappelé que le Tavini a plusieurs fois ferraillé, par le passé contre la TDL. « Ça, c’était avant les élections », irone-t-il : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/ASSEMBLEE-TDL-Warren.wav Soutenir le local plutôt que de taxer l’import ? Complexe et onéreux Comme son ancien vice-président, le chef de file autonomiste estime que cette TDLR, à défaut d’être originale, représente « objectivement une amélioration » par rapport à l’existant. Il s’interroge, comme sa collègue Tepuaraurii Teriitahi sur des mesures « plus directe » de protection de certaines productions artisanales – des interdictions d’import – mais aussi sur les alternatives à ce système de taxation. Or Warren Dexter l’assure : des alternatives ont bien été « étudiées ». Notamment la plus évidente : un soutien public aux entreprises de production locale, par la prise en charge de leur cotisations sociales. Résultat : avec 4000 emplois concernés, dont beaucoup sont partagés entre l’activité de production locale et l’importation-distribution, au moins 2 milliards de charge à exonérer – peu ou prou le rendement actuel de la TDL, et une gestion administrative qui serait lourde, cet « autre système » serait trop complexe et trop onéreux pour être intéressant, relève le ministre des Finances : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/ASSEMBLEE-TDL-Warren.wav La TDLR, un « moindre mal », donc, et un format « qui devrait encore durer un bon moment », note le ministre qui ne s’attend pas à ce que la nouvelle mouture ait un effet notable sur le pouvoir d’achat. Le projet de loi du Pays, adopté à l’unanimité, doit s’appliquer progressivement d’ici la mi-2027 : demandes de protection au premier semestre 2026, observations de tiers jusqu’à septembre, analyses des demandes avant mai 2027, puis validations et fixation des taux « au plus tard le 1er juillet 2027 ». La TDL restera donc en vigueur d’ici là.