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Le ton monte entre Boyer et les géants du « noir »

Prévue le matin, l’audience de « référé pré-contractuel » du tribunal administratif s’est finalement tenue vendredi soir dans l’affaire du marché de travaux routiers de près de 3 milliards de Fcfp attribué au nouveau venu du secteur, la société Boyer. Les quatre principales sociétés de bitumage de la place et le nouvel opérateur se sont rendus coups pour coups pour défendre leur place sur le marché du « noir » à Tahiti.

On connaîtra dès ce samedi la décision du tribunal administratif sur le recours intenté par les quatre principales sociétés de bitumage des routes de Polynésie contre l’énorme marché public de travaux routiers attribué au nouveau venu du secteur, la société Boyer. Un marché à « bons de commande » de près de 3 milliards de Fcfp de travaux sur 3 ans, dont Radio 1 révélait cette semaine les enjeux capitaux pour les quatre principales sociétés du secteur : Bernard Travaux Polynésie, JL Polynésie, Poly-goudronnage et Interoute. Vendredi soir, les deux parties ont échangé leurs arguments sur ce dossier. D’un côté Boyer et la Polynésie défendant le bien fondé du marché. De l’autre, Interoute agissant seule sur ce marché et un groupement des trois autres sociétés du secteur.

« Problème d’expérience » contre « problème de concurrence »

Le principal argument des sociétés écartées du marché a tourné autour de l’absence d’expérience, du manque de référence et du flou autour du, ou des, futur(s) sous-traitant(s) du marché pour la société Boyer. « De notoriété publique, Boyer n’a pas les capacités pour ce marché », a plaidé l’avocate de Bernard Travaux Polynésie, Me Eftimie. En tant qu’entreprise « de création récente », elle aurait dû « donner des références ». « On a quelqu’un qui veut faire du pain, qui n’en n’a jamais fait et qui n’a pas de farine », s’est amusé Me Mestre pour JL Polynésie, en référence à l’absence de station d’enrobé pour Boyer. Un enrobé que les quatre sociétés présentes à l’audience se sont engagées à « ne jamais vendre » à Boyer.

« J’aime beaucoup cet argument », a répliqué l’avocat parisien de la société Boyer. « Il résume à lui seul l’esprit de ce recours du ‘cartel’ des quatre (…). Le seul objectif est d’éviter un nouveau concurrent. » Le conseil de Boyer a d’ailleurs principalement axé sa plaidoirie sur le manque de « vivacité » de la concurrence sur le secteur, allant même jusqu’à dénoncer une « entente » entre les quatre sociétés, avec des tarifs « étonnament similaires » et des offres « de couverture » pour donner le change. Un comportement responsable selon l’avocat de ce que le prix des enrobés est « 30% moins cher en Nouvelle-Calédonie qu’en Polynésie française ».

Décision ce weekend

Après deux heures de plaidoiries plutôt engagées, entrecoupées parfois d’interjections des représentants des sociétés de bitumage présents dans la salle, le président du tribunal administratif a indiqué qu’il rendrait sa décision samedi dans la journée. Il devra décider « en référé », c’est à dire en urgence, si le marché a été régulièrement attribué à la société Boyer. Une question à trois milliards.

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3 Commentaires

  1. Iritahua
    25 mars 2017 à 6h22 — Répondre

    Les travaux effectués par ces GEANTS, de la merde et les responsables du territoire aussi merdiques pour contrôle et accusé réception des travaux effectués. Tout est pourri sur ce Territoire. Tous ces pilleurs du Pays. Le nouveau est le bienvenu.

  2. Léon-Christian Céran-Jérusalémy
    25 mars 2017 à 6h34 — Répondre

    Je me souviens qu’à l’époque, j’avais constaté une différence énorme de prix pour la construction d’un pont que j’avais finalement commandé à la sté. « BOYER qui me proposait une enveloppe bien moins chère que d’autres!
    Quant à dire qu’il n’aurait pas l’expérience, je répondrais qui peut le plus peut le moins et quant à l’équipement, il suffira qu’il acquière le matériel pour cela, ce qui est à la portée de tous !
    Quant à l’argument avancé pour ce qui concerne le personnel, je pense qu’il pourra, le cas échéant, être repris par ce dernier…
    Ceci me fait penser qu’à l’époque où j’exerçais ma profession (pour mémoire j’avais une entreprise d’assainissement « SOS VIDANGE »), et les tarifs que je pratiquais étaient du tiers de ce qu’appliquent les entreprises actuelles, pourquoi ?
    Vive la concurrence ….

  3. Tiare
    25 mars 2017 à 8h48 — Répondre

    Vu à quelle vitesse nos routes se dégradent ,le marché doit aller à celui ,ceux qui offrent un travail de qualité irréprochable…

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