ACTUS LOCALES

Le Haussariat envisage des drones pour sanctionner les infractions routières

Dans son tout récent « plan d’actions de la sécurité du quotidien », le Haut-commissariat envisage « au besoin » de faire voler des drones pour filmer des infractions au Code de la route. Si ces contrôles aériens, déjà utilisés ponctuellement en métropole, ne permettent pas de relever des excès de vitesse, ils peuvent s’avérer utiles pour d’autres comportements « particulièrement accidentogènes », notamment des dépassements dangereux. Ce nouveau weekend mortel sur les routes a de quoi accélérer le débat sur ces nouveaux outils de sécurité routière. L’utilisation de caméras de verbalisation ou de radars fixes a aussi été évoqué ces derniers mois.

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« Diversifier » les contrôles routiers. C’est un « axes d’effort » fixé par le Haut-commissariat dans son « plan d’actions de la sécurité du quotidien » présenté jeudi, et qui place sans surprise la sécurité routière aux premiers rangs des priorités, aux côtés de la lutte contre les trafics de stupéfiants et les violences intra-familiales. Un plan dans lequel les forces de l’ordre sont invitées « poursuivre leur effort » de contrôle, à coordonner leur action, y compris avec les polices municipales, et à de se concentrer sur les « infractions les plus accidentogènes ». Elles sont connues de longue date : conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, produits impliqués dans plus des deux tiers des accidents mortels, vitesse excessive, liée à la moitié de ces drames, mais aussi dépassements dangereux, un des contextes les plus fréquents, sur les étroites routes polynésiennes, des plus graves accidents.

Les dépassements dangereux en ligne de mire

Police et gendarmerie doivent aussi, aux termes de ce plan, « diversifier les modalités » de leurs contrôles. Sur les horaires et les lieux de barrages ou de radars mobiles – souvent connus des automobilistes – mais aussi, et l’annonce était passée inaperçue, dans leurs « modalités ». Et la feuille de route en met une particulièrement en avant : l’utilisation de drones de contrôles routiers. La représentation de l’État aborde tout de même cette nouveauté avec des pincettes : « Au besoin, à des fins de relever des infractions relatives notamment aux dépassements dangereux particulièrement accidentogènes, l’appui des drones de forces de sécurité intérieur pourra être autorisé par le Haut-commissariat ».

La verbalisation par les airs ne serait pas une première en France, loin de là. Les gendarmes métropolitains grimpent depuis bien longtemps dans des hélicoptères pour traquer les chauffards, principalement lors des grands départs en vacances métropolitains. Les drones, eux, ont commencé à être testés pour la verbalisation routière dès 2019, soulevant à l’époque la polémique chez les associations d’automobilistes et de motards, qui craignent d’être « fliqués à chaque instant ». Si les possibilités de ces appareils très légers et très maniables sont effectivement très larges, leur utilisation par les forces de l’ordre est aussi très encadrée, notamment depuis une loi entrée en vigueur en 2023. C’est d’ailleurs l’année où un déploiement à plus grande échelle de cette technique a eu lieu en métropole.

Les drones sont depuis utilisés, lors d’opérations ponctuelles, pour constater des dépassements dangereux ou interdits, des utilisations illicites de voies réservées, le franchissement de lignes blanches ou le non-respect des distances de sécurité. Les contestations sont difficiles, puisque les comportements dangereux sont captés par vidéo à plusieurs dizaines de mètres au dessus du sol, et les images peuvent ensuite être diffusées aux automobilistes lors de leur appréhension à terre. En revanche, les drones ne sont aujourd’hui pas homologués, en France en tout cas, pour constater des excès de vitesse depuis les airs.

Caméras, PV électronique, radar… D’autres réflexions en cours

Certaines autres réflexions avaient été évoquées lors du séminaire de sécurité routière de novembre dernier. Le Haut-commissaire avait par exemple noté que les autorités polynésiennes « ne pouvaient toujours pas dresser de PV électroniques » très utilisés en métropole mais dont les logiciels butent encore sur le franc Pacifique. Elles ne disposent pas non plus de « caméras qui peuvent coller des contraventions », avait complété Éric Spitz, par exemple pour des feux rouges et stop grillés, des conduites sans casques, ou l’usage abusif de voies réservées… Quant aux radars fixes, dont la multiplication avait eu un impact sensible sur l’accidentologie routière voilà une vingtaine d’années dans l’hexagone, ils ne sont jugée « pas absurde » par le Pays, en charge de la prévention en matière de sécurité routière, et ne sont pas exclu par l’État, même s’ils ne sont pas « la priorité des priorités ».

Éric Spitz expliquait ainsi à Radio1 en novembre que « beaucoup d’accidents de deux-roues qui perdent seuls le contrôle de leur véhicule, souvent après avoir consommé de l’alcool ou du paka, et l’installation de radars ne va pas forcément régler ce problème ». « Ceci dit, l’installation de quelques radars fixes, par consensus avec le Pays et la population, à deux, trois endroits à Tahiti, pourrait être utiles pour ralentir la vitesse, précisait le haut-commissaire. Je pense à la ligne droite près du golf d’Atimaono, qui est limitée à 50 km/h ». Une zone où les dépassements dangereux sont aussi légion et on pourrait voir, un jour, voler des drones de contrôle routier.

Le débat et le lancement de telles opérations restent à mener. Les chiffres de la mortalité routière, qui ne semblent pas vouloir baisser pourraient accélérer le processus . Depuis le début de l’année 2025, six Polynésiens ont déjà perdu la vie dans des accidents, dont deux ce weekend du 22 et 23 février.

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1 Commentaire

  1. flesblue
    24 février 2025 à 7h06 — Répondre

    Il y a une sorte d’impunité sur les routes polynésiennes. Chacun fait ce qu’il veut. On brûle les feux, on passe toujours sur les côtés pour éviter les feux. Téléphone au volant, ceintures non attachées … Bref c’est le far west !!!! 20 ans que je roule en scooter sur la route et je vois de tout, tous les jours !!!

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