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L’État réaffirme son soutien à l’enseignement et au développement agricole

Le Pays et l’État passaient en revue cet après-midi leurs projets communs pour le développement de l’agriculture au fenua. L’occasion de présenter le schéma directeur de l’agriculture 2021 – 2030, et d’insister sur la nécessité de former aux métiers primaires pour avancer vers l’autonomie alimentaire.

Alors que l’assemblée a adopté, courant février, un nouveau schéma directeur de l’agriculture, les autorités faisaient un point, ce mardi, sur le soutien de l’État à cette filière désormais qualifiée de « stratégique » par le Pays. L’occasion de fixer les projets concernés cette année. Ainsi, Paris participera à hauteur de 67 millions de francs à l’achat d’un nouvel autoclave – machine qui permet de traiter le bois sous atmosphère et température contrôlées et assurer sa durabilité -, ou enverra des experts pour mener le prochain recensement général agricole, développer la filière bois ou aider à la mise en place d’indications d’origine pour la production polynésienne. Le haussariat s’engage aussi au passage à mobiliser l’Union européenne pour accompagner le projet de transition agroécologique du fenua.

Mais la réunion a surtout permis de faire un focus sur l’enseignement et la formation agricole. Au travers du projet polynésien d’enseignement agricole, qui concerne onze établissements publics et privés, soit 800 élèves au total, et qui veut « orienter l’appareil de formation » vers le secteur primaire. Au travers, aussi, des Maisons familiales et rurales (MFR) principales structures de formation agricoles en Polynésie qui sont principalement financées par l’État. Dominique Sorain, Édouard Fritch, ainsi que le président du comité des Maisons familiales rurales, Temauri Foster, ont renouvelé la convention quinquennale de soutien à l’action de ces établissements. Les MFR, situées à Papara, Vairao, Tahaa, Huahine, Hao et Rurutu, proposent des formations en alternance de la 4e au CAP. Concrètement, et en plus des subventions, bourses ou primes d’équipements de l’État, le Pays devrait accompagner les projets de développement, de réhabilitation de locaux (les chantiers de Vairao et Tahaa doivent être finis cette année) ou d’acquisition de matériel des MFR. La Polynésie participe aussi financièrement aux classes de soutien, à l’hébergement durant les week-ends des élèves non-résidents, ou encore au transport inter-îles des élèves.

Un projet de société, et des chantiers concrets

La réunion a aussi été l’occasion d’une nouvelle présentation du schéma directeur de l’agriculture 2021 – 2030. Présenté par Tearii Alpha comme un « projet de société », le document vise à « mettre l’agriculture au cœur des politiques de développement ». « On réaffirme la multifonctionnalité de l’activité agricole, qui est à la fois un secteur économique, social, à fort impact environnemental, et qui est un outil d’aménagement puissant puisqu’il permet de maintenir les populations dans les îles », explique le directeur de l’Agriculture Philippe Couraud. Le discours sur l’avancée vers l’autonomie alimentaire n’est pas neuf en Polynésie, mais à l’entendre les aides et les projets développés ces deux dernières années montrent « un vrai investissement du Pays dans cette voie ». La crise Covid aurait de surcroit « provoqué une prise de conscience » sur la nécessité de réduire la dépendance du fenua aux importations agricoles et alimentaires. Parmi les projets cités : le réseau de structures de conditionnements et de stockage dans les archipels avec un centre relais sur le port de Papeete pour faciliter les livraisons vers Tahiti, les ateliers relais d’agro-transformation. Ou encore le développement de nouveaux abattoirs, et la valorisation du foncier agricole public et privé grâce à des règlementations en préparation.

Avec communiqué

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