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Sofia, l’observatoire volant de la Nasa, a atterri au fenua

©PYFSpotter / Christopher Liau

Le Boeing 747 Sofia a atterri ce lundi après-midi à l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Accompagné par 160 membres d’équipage, techniciens et chercheurs de la Nasa et de l’agence spatiale allemande, il va enchaîner les vols d’observation du cosmos depuis la Polynésie pendant presque deux mois. Pour les autorités, l’objectif est de pérenniser la présence de cette mission au fenua.

Il pèse 250 milliards de francs, il vient d’atterrir sur la piste de Tahiti-Faa’a et il s’appelle Sofia. L’acronyme de Stratospheric Observatory for Infrared Astronomy ou, en français, Observatoire stratosphérique pour l’astronomie infrarouge. Ce Boeing 747 qui avait un temps volé pour la Panam a été modifié pour accueillir à son bord un puissant télescope – 17 tonnes pour un miroir de 2,7 mètres de diamètre – et une foule d’équipements de pointe, assemblés pour pouvoir faire des observations, en plein vol, de différentes parties du cosmos. Le projet, piloté conjointement par la Nasa et le centre de recherche DLR, équivalent allemand du CNES, fréquente habituellement les tarmacs de Californie, du Nord de l’Europe, ou, à cette époque de l’année, de Nouvelle-Zélande. Mais les frontières kiwi, fermées depuis près d’un an et demi, ne montrent pas de signes de réouverture. « Le Covid nous l’a envoyé », sourit Christopher Kozely, agent consulaire américain en Polynésie, venu, comme le président Édouard Fritch et le ministre des Finances et de l’Économie Yvonnick Raffin, accueillir l’avion et son équipage à Faa’a en début d’après-midi.

Car la mission Sofia, ça n’est pas qu’un avion : au total, 160 techniciens, mécaniciens, ingénieurs et bien sûr chercheurs arrivent – ou se sont déjà installés – à Tahiti le temps de la mission. Presque deux mois, au total : jusqu’au 12 septembre, le 747 effectuera des vols de nuit, de 9 à 10 heures et jusqu’à 14 000 mètres d’altitude , pour prendre les meilleurs clichés depuis différentes zones de l’hémisphère sud. « Toutes ces équipes sont chargées de faire les mesures et les mises en place nécessaires pour que l’avion soit dans une position idéale, à une longitude, une latitude et une heure données, pour pouvoir prendre la bonne prise de vue infrarouge de l’Univers », reprend l’agent consulaire.

© C.R./ Radio1

Opération séduction

Si les membres d’équipage – des civils, malgré leur jumpsuits bardés d’écussons – répondaient poliment aux questions, ce lundi après-midi à l’aéroport, la mission attend d’être entièrement installée pour communiquer officiellement. « En tout cas on est très content d’être ici », sourit un pilote, logo de la Nasa sur la poitrine et couronne de fleurs autour du cou. L’accueil a été chaleureux, par tradition, mais aussi par instruction : au Pays on veut tout faire pour « faciliter la vie » de cette mission a priori exceptionnelle. Et ainsi faire en sorte qu’elle ne le soit plus : « On va avoir des répercussions au niveau des hôtels, des prestations de service, puisque la Nasa a obligation d’aller autant que possible vers les prestataires locaux, dans les restaurants, explique Christopher Kozely. Notre mission, c’est de faire perdurer cette visite, de faire en sorte qu’ils n’aient plus besoin d’aller en Nouvelle-Zélande et qu’ils reviennent ici« .

La mission doit durer jusqu’au 12 septembre. D’ici là, le Boeing et son télescope doivent honorer de nombreux « rendez-vous spatiaux ». Les images récoltées viennent bien souvent compléter des observations réalisées depuis la terre ou l’espace, ou orienter les études d’une équipe internationale d’astronomes. Lors de ces dernières missions, Sofia, en service depuis 2014, avait ainsi aidé à identifier la présence d’eau sur la Lune, à repérer une étoile en formation à 1 500 années-lumière, à en savoir plus sur Pluton, sur Titan, une des lunes de Saturne, ou encore à analyser des corps célestes encore méconnus.

 

 

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