ACTUS LOCALESJUSTICE Prison ferme pour avoir incendié sa propre maison Pascal Bastianaggi 2025-03-14 14 Mar 2025 Pascal Bastianaggi En comparution immédiate, un homme a été condamné à 18 mois de prison dont 9 mois avec sursis pour avoir mis le feu à son fare. Son argument : « C’est moi qui ai construit la maison et il n’y a pas de raison que quelqu’un d’autre en profite. » Le prévenu, 39 ans, dégaine de popa’a tropicalisé, est dans le box des accusés pour avoir mis le feu à sa maison, suite à une dispute avec sa concubine. Une bicoque qu’il a construite de ses mains, il est du métier. Et une dispute dont l’origine se perd tant il y en a eu des querelles dans le couple, sans violence physique mais des gros coups de gueule. Cette fois, alors que sa concubine avait quitté les lieux, fiu de l’entendre, il détache le chien, allume les feux de la gazinière, arrose la maison d’essence, puis s’en va tranquillement. Lorsque sa compagne, après avoir passé la journée chez une copine, regagne le domicile, il ne reste que des ruines calcinées. L’origine de ce coup de folie, « la jalousie » assure l’homme en se dandinant, large sourire au visage. Il ajoute « C’est moi qui ai construit la maison et il n’y a pas de raison que quelqu’un d’autre en profite. » toujours sans se départir de son sourire. Une expertise psychiatrique résumera la personnalité du prévenu par « immaturité, vulnérabilité au stress émotionnel » mais ne relèvera aucun « trouble psychiatrique. » « Il n’a pas fait ça pour tuer mais pour me dire que ça n’allait pas » Appelée à la barre sa concubine tente de minimiser les faits. « Vous savez monsieur le juge, il a pas fait ça pour tuer mais pour me dire que ça n’allait pas. Je l’ai compris. » Puis plutôt à l’aise, sûre de son fait, elle poursuit, « vous savez il l’a déjà eue, sa punition. Il avait honte de ce qu’il a fait et il ne sortait plus de la maison (…) ce qu’il a enduré en prison (il a fait deux mois de détention provisoire, ndr) c’est suffisant. Je compte me remettre avec lui. » De son côté le procureur estime qu’un adulte de 39 ans qui ne maîtrise pas ses émotions, et qui comme réponse à des problèmes de couple incendie sa maison, mérite quand même une peine. Il requiert à son encontre 18 mois de prison dont 12 mois de sursis. Pour la défense, l’homme regrette « profondément son geste. La raison a cédé à l’émotion. Il s’est monte la tête tout seul et il est passé à l’acte Il a pris conscience de la gravité des faits. » Après en avoir délibéré, la cour a condamné l’incendiaire à 18 mois de prison dont 9 mois avec sursis, obligation de soins et d’exercer un métier ou de suivre une formation.