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Réouverture au tourisme : les États-Unis le 1er mai, la métropole attendra

Dominique Sorain et Édouard Fritch ont confirmé une « réouverture progressive » des frontières à partir du 1er mai. Le tourisme va être ajouté à la liste des « motifs impérieux » de voyage depuis et vers les États-Unis, mais la liaison Tahiti-Paris restera limitée aux urgences professionnelles, familiales ou sanitaires. Le contrôle sanitaire des voyageurs va être renforcé, et toutes les personnes vaccinées ou immunisées seront dispensées de quarantaine. 

« Espoir » et « vigilance ». Voilà les deux mots mis en avant par le haut-commissaire Dominique Sorain et le président Édouard Fritch dans une nouvelle allocution commune ce jeudi. Plus de deux mois après la mis en place de restriction des voyages depuis et vers la Polynésie – une décision prise par Paris pour éviter l’importation des variants – c’est sur la réouverture des frontières que des annonces étaient attendues. La date du 1er mai, mise en avant par le président du Pays la semaine dernière, a été confirmée par le représentant de l’État. Mais la reprise du trafic international sera très partielle et « progressive » ont insisté les deux responsables.

Les motifs impérieux restent nécessaires pour voyager vers et depuis la Polynésie. Mais le 1er mai, un « motif économique », déjà mis en place à partir de juillet 2020, sera ajouté à la liste des raisons de voyages qui peuvent être invoquée sur la ligne Tahiti-Los Angeles. De quoi ouvrir la porte à des arrivées des touristes américains et plus largement des touristes de toutes nationalités ayant résidé pendant le mois précédent aux États-Unis. « Le marché américain sera notre marché test », explique Édouard Fritch qui se félicite déjà d’un « bon taux de réservation » dans les hôtels de luxe à partir du 1er mai. Comme le précise la ministre du Tourisme Nicole Bouteau, seul ATN devrait proposer des rotations dans un premier temps. Le vol du 3 mai serait déjà « presque plein ».

La métropole, elle, devra attendre. Avec 30 000 personnes hospitalisées, près de 33 000 nouveaux cas par jour et une mortalité en hausse, le risque sanitaire ne parait « pas maitrisé à ce stade ». Parmi les critères qui ont pesé dans ce choix, la présence importante de variants en Europe, et le taux de vaccination encore bas de la métropole. Près de 50% des adultes américains ont reçu au mois une dose contre 16% en France, et 30% sont pleinement vaccinés contre seulement 7% des Français. « Les motifs impérieux tels qu’ils existent aujourd’hui pour les liaisons entre la Polynésie et la métropole restent tel quels », explique donc Dominique Sorain. Pour embarquer sur un Paris-Tahiti ou un Tahiti-Paris, et il faudra pouvoir justifier d’un impératif familial ou professionnel, ou d’une urgence sanitaire. Aucune date n’est pour l’instant avancée pour une ouverture des voyages touristiques sur cette ligne.

Les vaccinés et les immunisés dispensés de quarantaine

Si c’est l’État qui fixe les règles de voyage, c’est la Polynésie qui fixe le protocole sanitaire d’entrée. Et le Pays compte à la fois renforcer son dispositif et l’adapter à cette réouverture progressive. Ainsi à partir du 1er mai, toutes les personnes « pleinement vaccinées », quelque soit le lieu de vaccination, seront dispensées de la quarantaine obligatoire de 10 jours. Un métropolitain vacciné pourra ainsi venir en Polynésie sans isolement, mais seulement s’il peut justifier d’un motif impérieux. De même, les personnes qui pourront prouver leur « immunité » contre le Covid – à l’aide d’un test sérologique attestant de la présence d’anticorps en nombre suffisant dans leur sang – pourront entrer sans isolement. Une double dispense pas évoquée jusqu’ici, mais qui semblait nécessaire pour assurer la légalité de la mesure. Le Pays doit encore préciser ces annonces, notamment en ce qui concerne les documents à apporter, qui seront transmis via la plateforme Etis. Le président a précisé que les voyageurs qui ne répondaient pas à ces nouveaux critères seraient bien astreints à une quarantaine de 10 jours à domicile ou dans un hôtel, « mais entièrement à leur frais ».

Vaccinés ou pas, tous les voyageurs devront continuer à fournir, trois jours avant leur départ, un test PCR négatif, en plus du test sérologique pour les « immunisés ». Ils subiront aussi, une fois à l’aéroport de Faa’a, un test antigénique rapide. Il est en outre question d’un test PCR à J+4, dont la généralisation reste à confirmer, et d’un autre à J+8 pour les personnes en quarantaine, condition nécessaire à leur sortie. Un protocole « strict », qui passe aussi par un « suivi de chaque voyageur en Polynésie », insiste Édouard Fritch. Dominique Sorain, lui, insiste sur la réversibilité de ces mesures : « Si les nouvelles dispositions ne sont pas satisfaisantes, nous n’hésiteront pas à revenir en arrière », insiste le haut-commissaire.

Et les Polynésiens qui veulent voyager à l’extérieur ?

La question n’a été que peu évoquée par les deux responsables, qui se concentrent surtout sur les arrivées. Mais beaucoup de Polynésiens attendent depuis deux mois, voire beaucoup plus, pour certains, de pouvoir voyager hors du fenua. Hors motifs impérieux (impératif de santé, de famille ou professionnels, dument contrôlés par le Haussariat) cela reste impossible vers la métropole. Aucune intensification des liaisons n’a d’ailleurs été annoncée. En revanche, l’introduction du motif touristique pour les États-Unis fonctionne dans les deux sens. « Cela dépend de la volonté des États-Unis d’accueillir nos ressortissants », explique Dominique Sorain. À l’heure actuelle, et même si la Polynésie est, comme le rappelait ce matin Tahiti Infos, classée par Washington parmi les pays ne transmettant pas assez de données sur leur situation sanitaire, rien ne s’oppose à un départ vers les États-Unis, puisque le fenua ne fait pas partie de l’espace Schengen. Édouard Fritch a en outre expliqué que le Pays était en contact avec l’ambassade américaine à Fidji pour transmettre des informations épidémiques et ainsi obtenir un classement « plus cohérent » de notre destination. « Nous sommes en liste rouge depuis octobre dernier, et ça n’a pas empêché les touristes américains de venir avant février » relève Dominique Sorain.

 

 

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