ACTUS LOCALESCOMMUNESMUNICIPALESPOLITIQUE Sonia Punua : « Ce n’est pas Putai Taae le tavana de Papara, c’est moi » Lucie Rabreaud 2026-02-12 12 Fév 2026 Lucie Rabreaud L’élue Tapura à l’assemblée, Sonia Punua épouse Taae, est aussi maire de Papara depuis 2020. Elle a succédé à son mari, Putai Taae, qui avait perdu son siège après avoir été condamné à de l’inéligibilité. Elle-même a eu ses propres démêlés judiciaires mais assure que ces histoires sont derrière elle et derrière les électeurs aussi. La preuve, elle dit n’avoir aucune question à ce sujet lors de ses meetings. Également accusée de laisser son mari gérer la commune et de n’être qu’un prête-nom, elle rétorque que ce sont ses adversaires qui racontent ces histoires et que c’est bien elle qui décide. Pour son prochain mandat, elle promet de s’occuper des préoccupations de ses administrés : l’eau, la sécurité, l’emploi, la congestion routière, entre autres, mais ne présente aucun projet concret. C’est à la retraite qu’elle s’est lancée en politique, suivant les pas de son mari Putai Taae. À 66 ans, elle est la mère de trois enfants et la grand-mère de cinq petits-enfants. Quand Putai Taae, élu tavana en 2015, est démis de ses fonctions quatre ans plus tard après avoir été condamné à deux ans d’inéligibilité (une première affaire dans laquelle, il avait été jugé pour avoir accordé des subventions à l’association Taatiraa Ia Ora Papara, dont il était président d’honneur), elle se présente et est élue pour prendre sa succession au siège de maire. Sonia Punua a aussi eu ses propres démêlés avec la justice, condamnée avec son époux à de la prison avec sursis, pour avoir utilisé des moyens communaux pour des travaux sur un terrain familial entre 2018 et 2019. Si Putai Taae est à nouveau condamné à de l’inéligibilité, Sonia Punua y échappe. Aujourd’hui, elle assure que ces problèmes judiciaires ne pèsent absolument pas sur la campagne : elle n’a d’ailleurs aucune question à ce sujet quand elle fait le tour des quartiers, explique-t-elle. Elle dit avoir tiré les leçons du passé et essayer de reconstruire la confiance avec ses administrés en travaillant et en étant sur le terrain. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MUNICIPALES-Sonia-Punua-problemes-judiciaires.wav Ses adversaires lui reprochent d’ailleurs de finalement n’être qu’un faire-valoir pour son mari et que le vrai tavana de Papara, c’est Putai Taae. Elle a d’ailleurs reconnu que s’il n’était pas inscrit sur sa liste, puisqu’il est inéligible, il restait le leader de leur mouvement A Here ia Papara, nom de la liste : « Il ne laisse pas madame partir toute seule. » Mais « ce n’est pas lui le tavana de Papara, c’est moi », assure Sonia Punua. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/MUNICIPALES-Sonia-Punua-tavana-cest-moi.wav Depuis son élection en 2020, plusieurs de ses premiers adjoints ont jeté l’éponge : Roonui Fenuaiti d’abord et puis Fabien Rima qui devrait se présenter aussi pour les municipales. Pour la tavana, c’est le fait « d’être commandés par une femme » qui ne leur plaisait pas. Concernant son programme et ses priorités, elle veut d’abord répondre aux besoins de ses administrés. Lors de ses meetings, elle entend des questions sur l’eau, le travail, la sécurité et la congestion routière. La tavana souhaite notamment mettre en place une régie communale pour gérer l’eau, le travail de l’Epic Vaipu ne semblant plus lui convenir. La pression de l’eau ou sa couleur au robinet dès qu’il pleut reviennent souvent dans les plaintes des habitants de Papara. Concernant le bruit et ce problème des carbass qui prennent possession de parkings entiers, comme ça a été le cas le jour du 1er de l’an, la tavana trouve normal que les jeunes aient envie de faire la fête. Pour elle, c’est ponctuel et c’est à la police municipale de faire son travail. Béatrice Le Gayic, qui se présente contre elle, avait évoqué le projet d’une barge sur le lagon. Une idée qui n’intéresse pas du tout Sonia Punua : « Et la sécurité ? Et si la mer est forte, on fait comment ? » Et de toute façon, les gens qu’elle rencontre dans les quartiers n’évoquent pas ce problème du bruit donc, pourquoi s’en préoccuper ?