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Pour le Tapura, Nahema Temarii est seule responsable des retards de Tahiti 2027

Lors de son passage sur Radio 1 mardi, la ministre des Sports a reconnu que le calendrier des travaux de Tahiti 2027 était serré. « Si on s’était occupé de ces Jeux avant qu’on arrive au gouvernement, on serait peut-être dans d’autres dispositions », précisait-elle. Le Tapura attribue au contraire ces retards à des mois de « tergiversations », à « l’incompétence » et au « turn-over » dans le cabinet de la ministre, dont il juge la sortie « irresponsable et immature ». « Sentant le mur des Jeux de 2027 arriver à grands pas, la ministre lance déjà des bouées de sauvetage en accusant les autres », écrit le parti d’Édouard Fritch.

Lire aussi : Derrière les chantiers des Jeux, les besoins urgents des autres équipements sportifs

Pass d’armes autour des Jeux du Pacifique. Depuis plusieurs mois, certains acteurs du milieu sportif s’inquiètent du retard pris dans les travaux préparatoires de Tahiti 2027. Réhabilitation des grandes infrastructures, à Pater ou Fautaua, mises aux normes sportives internationales, notamment pour l’athlétisme à Hitia’a, créations de nouveaux sites, pour le badminton, le ping-pong ou le squash, rénovation des équipements des « clubs bâtisseurs »… Nahema Temarii avait déjà eu l’occasion de s’exprimer sur ces grands chantiers, soumis aux règles et aux délais des marchés publics, à d’importants besoins d’études, et dont la logistique est compliquée par l’utilisation de ces sites au quotidien par les clubs ou les scolaires.

Sur le plateau de l’Invité de la Rédaction de Radio 1 et Tiare FM, mardi, la ministre des Sports et de la Jeunesse a une fois de plus assuré que le gouvernement « fait tout ce qui est en son pouvoir pour être prêt dans les temps », que le Conseil des Jeux était « pleinement conscient que toutes les structures ne seront pas prêtes en 2026″, un an avant les Jeux comme le souhaitait l’instance régionale. Mais que les sites devraient bien être livrés avant la compétition de juillet 2027. Mais la ministre, tout en appelant à « avancer ensemble et à se fédérer » sur ce dossier, a aussi renvoyé la responsabilité de ce calendrier serré vers le gouvernement d’Édouard Fritch : « Si on s’était occupé de ces Jeux avant qu’on arrive au gouvernement, on serait peut-être dans d’autres dispositions ». 

« Chercher des boucs émissaires à son incompétence et à ses propres lenteurs »

De quoi pousser le Tapura à sortir sa plume. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le parti autonomiste dénonce une attitude « irresponsable et immature », voire même « pitoyable ». « Quasiment deux ans après sa prise de fonction, la ministre des Sports est encore à se plaindre et à chercher des boucs émissaires à son incompétence et à ses propres lenteurs », répond le parti rouge, assurant que lors de la passation en mai 2023, « la programmation des sites destinés aux Jeux, les financements annuels dédiés aux investissements et les accords avec le COPF étaient ficelés ». « Il restait, à partir de 2023, à lancer les chantiers ».

Ce que constestait déjà Nahema Temarii sur notre plateau mardi : « Personne n’est venu mettre les budgets, personne n’est venu s’occuper des Jeux du Pacifique après qu’on a obtenu la candidature (en 2021, ndr), expliquait-elle à l’adresse de ses prédécesseurs mais aussi des services de l’État à notre micro mardi. Nous sommes allé chercher les crédits, les partenariats nécessaires (…) c’est la première fois que les Sports et les Finances du pays travaillent si bien ensemble ».


« Avec un fort turn-over de son cabinet, nous comprenons aussi pourquoi le travail n’avance pas »

Pour le parti d’Édouard Fritch, au pouvoir de 2014 à 2023, c’est au contraire à partir du changement de gouvernement que les retards se sont accumulés. Nahema Temarii est accusée d’avoir « commencé par remettre en cause le choix des sites » des Jeux du Pacifique, « d’ailleurs la même attitude qu’avec les Jeux Olympiques » : « Sept mois à tergiverser avec la tour des juges de Teahupo’o pour finalement reprendre la tour initiale ; deux ans à tergiverser sur la piscine olympique pour finalement adopter une piscine éphémère à…, tenez-vous bien, plus de deux milliards de francs sur le site Mamao ». Une piscine à propos de laquelle Nahema Temarii précisait mardi que les bassins éphémères – qui doivent être plus tard « pérénnisés » dans un nouveau complexe aquatique à Tahiti – seront commandés « en 2026 ».

La nouvelle ministre est donc accusée de ne pas « assumer ses responsabilités », et au passage de ne pas réussir à stabiliser son cabinet. Comme l’avait écrit Les Cancans de Maohi Nui, et comme Nahema Temarii l’a confirmé à Radio 1, son chef de cabinet Pure Nena a démissionné vendredi, et sera suivi, au 31 mars par son directeur de cabinet Lionel Lao. La page Facebook proche du Tapura avait aussi expliqué que le premier était promis à un poste de directeur adjoint de l’IJSPF – poste qui reste à créer et qui doit faire l’objet d’un appel à candidatures en bonne et due forme, précise le ministère – et le second, qui retourne au cabinet de la présidence, sera remplacé par Tamara Drapé-Pommier, dans le conseil privé depuis deux ans après être passée par le cabinet de Nicole Bouteau ou l’ICPF.

« Avec un fort turn-over de son cabinet, nous comprenons aussi pourquoi le travail n’avance pas, puisque le nouveau personnel mettra au moins 6 mois à comprendre les dossiers, reprend le parti autonomiste dans son communiqué. Aussi, sentant le mur des Jeux de 2027 arriver à grands pas, la ministre lance déjà des bouées de sauvetage en accusant les uns et les autres ».

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