ACTUS LOCALES Tahiti 2027 veut que la moitié des officiels soient des Polynésiens Vaitiare Pereyre 2025-08-11 11 Août 2025 Vaitiare Pereyre En vue des Jeux du Pacifique 2027 à Tahiti, le comité organisateur veut que la moitié des 700 officiels techniques soient issus des fédérations sportives locales. Aujourd’hui, ces officiels viennent majoritairement d’Australie et de Nouvelle-Zélande pour chaque édition des Jeux du Pacifique. L’idée est donc d’avoir plus de locaux pour une question de coûts mais aussi de rayonnement. Une fois formé, ce vivier d’arbitres, de juges et de superviseurs du fenua pourraient exercer leurs talents sur les autres compétitions régionales. Tahiti 2027 veut marquer l’histoire. Pas seulement par les performances de ses athlètes ou grâce à son plan « Ambition 2027 » qui vise à hisser la Polynésie en tête des Jeux du Pacifique. Le comité organisateur souhaite également insuffler « un changement » au niveau de la composition des équipes d’officiels techniques. Sur les derniers Jeux du pacifique, une grande majorité de ces officiels viennent d’Australie et de Nouvelle-zélande. Concrètement, cela signifie que sur les 700 postes estimés, environ 350 devront être occupés par des arbitres, juges et superviseurs issus des fédérations sportives du fenua. Un objectif « atteignable » et même « dépassable », selon Charlotte Genton, directrice du sport au sein du comité organisateur qui parle du lancement d’une véritable « stratégie de formation » et de mobilisation des fédérations locales. Limiter les coûts Dans quel but ? D’abord pour une raison budgétaire. « Cela évite de faire venir massivement des officiels d’Australie ou de Nouvelle-Zélande », explique Charlotte Genton. Car la charte des Jeux du Pacifique repose sur une coopération avec les fédérations internationales, souvent basées dans ces deux pays. En formant des officiels locaux, le comité organisateur veut donc limiter les coûts liés aux déplacements mais aussi valoriser les compétences locales. « L’objectif aussi du comité organisateur, c’est de laisser quelque chose. Ce n’est pas juste ce qui va se passer pour les Jeux, mais aussi ce qui va se passer après les Jeux, insiste Charlotte Genton. On a comme ambition de créer un réel mouvement d’officiels techniques commun à toutes les fédérations, de les faire monter en compétence et surtout revaloriser ce rôle. » Un rôle « souvent discret », mais « essentiel » au bon déroulement des compétitions. « Ce sont des personnes qui sont au sein de leur fédération toute l’année, qui sont bénévoles, mobilisées tous les week-ends. Ce n’est pas toujours les rôles les plus reconnus », regrette-t-elle. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/COJ-1.wav Pour atteindre cet objectif, un travail de coordination a déjà été lancé. Chaque fédération internationale fournit sa « shopping list »: nombre d’arbitres requis, niveaux de certification, etc… C’est ensuite aux fédérations polynésiennes d’identifier les personnes à former, en fonction des besoins. « On va créer vraiment un pool d’officiels techniques polynésiens. On va mettre en place des team building, mais aussi des cours d’anglais pour mettre en confiance ces personnes. » Il s’agit pour le Coj de renforcer les compétences linguistiques des officiels, pour qu’ils puissent « être à l’aise » avec les athlètes et officiels majoritairement anglophones lors de ces rencontres. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/06/COJ-2.wav En tous les cas la machine est lancée mais les défis sont réels. Certaines disciplines, comme le tir à l’arc, partent de plus loin que d’autres, comme l’athlétisme ou le va’a, qui sont mieux structurées. « On va travailler sport par sport, avec des plans de formation adaptés », indique la directrice du sport. Un investissement à long terme Côté budget, aucun chiffre précis n’est encore arrêté, mais Charlotte Genton parle de plusieurs millions de francs, entre les formations, les déplacements et les accompagnements linguistiques. Le Pacific Games Council pourrait aussi soutenir ces efforts, notamment en prenant en charge certains frais de transport des formateurs. Au-delà de 2027, les officiels formés pourraient ensuite intervenir sur d’autres événements régionaux, voire sur des compétitions internationales comme les Jeux Olympiques de Brisbane en 2032.