ACTUS LOCALESCOMMUNESENVIRONNEMENTTOURISME Temae : « La balle est à présent du côté de Moetai » Caroline Perdrix 2025-01-29 29 Jan 2025 Caroline Perdrix ©LR Moetai Brotherson avait demandé à la mairie de Moorea, aux associations et au Groupe Wane de se concerter pour rechercher un compromis sur le futur de la plage de Temae et de ses accès routiers. Quatre mois et trois réunions plus tard, si certains points semblent faire consensus, aucun accord n’est en vue sur la racine du conflit : la dimension de la façade maritime qui sera accessible à la population. Dans ce dossier qui oppose le groupe Wane et les associations locales, avec la mairie au milieu, en septembre dernier Moetai Brotherson avait demandé aux parties de se concerter pour trouver un compromis, qui permette à la fois de conserver un accès correct à la plage publique pour la population, et de permettre la construction d’un nouvel hôtel de luxe. Un accord sur la route de la cocoteraie et la zone humide ? Depuis septembre dernier, trois réunions ont été tenues. Mais on est encore loin du compromis. Tout de même, les choses ont un peu évolué : le groupe Wane, qui voulait fermer au public la route de la cocoteraie qui dessert une partie des habitations du motu, est prêt à la laisser ouverte mais selon un nouveau tracé qui reste encore inconnu. L’hôtelier est également d’accord pour respecter la zone humide, l’étude de la Direction de l’environnement a été rendue, mais aucun texte n’est encore pris au niveau du Pays pour en fixer les limites. Mais le cœur du problème reste la dimension de la plage publique : les associations veulent maintenir l’emprise réservée prévue au PGA, tandis que le groupe Wane veut la déplacer, en faisant don d’une partie de ses terrains, le plus loin possible du projet hôtelier. Et diminuer de moitié la façade maritime qui serait dévolue au public. « L’enseigne qui veut mettre son label ne conçoit pas qu’il y ait un parc public aux abords et aux limites de l’hôtel, affirme le président de l’Association des habitants de Temae-Moorea, Alain Bonno, et Wane dit, si je n’ai pas l’emprise réservée en l’état actuel, je ne construis pas, on va économiser 15 milliards, on va attendre… » Attendre, peut-être, la révision du PGA de Moorea qui avance au ralenti mais dont la présentation est à présent annoncée pour la fin de l’année 2025. Les associations veulent que toute l’emprise préservée (quadrillée) soit maintenue. Le Groupe Wane, qui prévoit un établissement 5 étoiles à côté du Sofitel Kia Ora, n’est disposé à laisser à la population qu’un accès à un tiers de ce front de mer (bleu ciel). https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/01/TEMAE-SON-01-BONNO.wav Une position moins rigide de la mairie La position de la mairie, qui jusqu’ici s’était montrée publiquement favorable au projet du groupe Wane, aurait un peu évolué – peut-être pour « redorer son blason » en vue des élections municipales, se méfie Alain Bonno : à la suggestion de la représentante du Pays dans ces réunions la commune, qui dit ne pas avoir les moyens de racheter l’emprise, aurait adressé un courrier au président pour lui demander de le faire. « Effectivement c’est une nouveauté, et on a saisi l’occasion de la dernière réunion pour dire leur chiche, unissons-nous et allons voir le Pays pour lui demander de bien vouloir l’acquérir. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/01/TEMAE-02-BONNO.wav Avant d’en arriver là, reste la possibilité – où la menace – d’une consultation publique que Moetai Brotherson avait évoquée, mais dont personne ne semble avoir réellement envie : les associations redoutent que la population penche pour les promesses d’emploi, et la mairie ne perd pas de vue que le compte à rebours des élections municipales est lancé. Même dans l’hypothèse d’un rachat par le Pays, il faudrait s’entendre sur le prix. Le Groupe Wane n’est évidemment pas d’accord avec l’évaluation des Affaires foncières (617 millions de Francs), et valorise cette emprise non constructible sur la base du mètre carré constructible… Reste donc à voir si le Pays pourrait se résoudre à l’expropriation. « La balle est à présent du côté de Moetai », dit Alain Bonno.