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Quinze ans de réclusion pour avoir battu sa compagne à mort

Le quadragénaire qui avait battu sa compagne à mort à Raiatea en 2015 a été condamné mardi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Papeete.

La deuxième session d’assises de l’année s’est ouverte mardi sur le procès de Tamatea Butcher. En 2015, sur l’île de Raiatea, ce quadragénaire avait frappé à mort Mihimana Chimin, 21 ans, après une journée à boire du komo et à fumer du paka chez des amis. Mardi matin, la cour d’assises de Papeete a tenté de comprendre les raisons de cet accès de violence dans le couple. Le rapport du médecin légiste a relevé plus de 50 lésions sur l’ensemble du corps. La victime est d’ailleurs décédée des suites d’un traumatisme crânien sévère. A la question : « Peut-on dire que la victime a été battu à mort ? », le médecin a répondu, « j’aurais tendance à dire oui ». Les violences n’étaient pas nouvelles au sein de ce jeune couple. La famille de la victime avait déjà remarqué des hématomes sur le visage de Mihimana. Des voisins, appelés à témoigner à la barre, ont rapporté avoir souvent entendu les cris du couple. Mais quand il s’est agit de connaître les raisons de ces violences, Tamatea Butcher est resté muet. Sous antidépresseur depuis le drame, l’homme n’a pas été très bavard, répondant rapidement « oui » quand la présidente de la cour lui a demandé si il était fou amoureux de la défunte. Selon son avocate, Me Armour-Lazzari, son comportement est habituel et n’est pas significatif d’un désintérêt pour les faits, au contraire.

L’enquête de personnalité et les débats ont difficilement établis le profil de l’accusé. Tantôt décrit comme plutôt calme et solitaire, puis très jaloux et possessif. Les experts psychologues et psychiatres ont décelé chez l’accusé un problème d’estime et de confiance en soi. La violence est son moyen de s’affirmer face aux autres. Une violence associée à une addiction à l’alcool et au paka. L’accusé partageait cette addiction avec la victime. Selon sa sœur, Mihimana avait sombré dans l’alcool après l’incarcération de son ex-compagnon. « Elle était ouverte, elle aimait la danse, elle venait parfois se confier à moi mais parfois elle était dure », l’a décrite sa sœur aînée à la barre. Après un premier report d’audience en février dernier, le père de la victime espérait mardi que justice soit rendue pour enfin faire son deuil.

Pour conclure le portrait de l’accusé, les experts ont fait part de leur inquiétude face un fort taux de récidive. L’avocat général, José Thorel, a souligné le refus de Tamatea Butcher de suivre une thérapie en détention et sa franchise à affirmer qu’il consommait toujours du paka. Face à « des faits extrêmement grave, proche de la sauvagerie » l’avocat général à requis la peine maximale encourue, soit 20 ans de réclusion criminelle. Après plus de deux heures de délibéré, les jurés l’ont finalement condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

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