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Colombie: jour historique avec la fin de la guerre avec les Farc

Bogota (AFP) – La Colombie vit une journée historique lundi avec l’entrée en vigueur du premier cessez-le-feu bilatéral et définitif jamais signé entre la guérilla des Farc et le gouvernement, au bout de 52 ans de conflit armé.

« Ce 29 août une nouvelle histoire commence pour la Colombie. Faisons taire les fusils. La guerre avec les Farc est terminée! », a tweeté à minuit le président Juan Manuel Santos.

« A partir de ce moment, débute le cessez-le-feu bilatéral et définitif », ont à leur tour lancé sur Twitter les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), principale guérilla du pays, issue en 1964 d’une insurrection paysanne et comptant encore quelque 7.500 hommes.

Quelques heures plus tôt, depuis La Havane, le chef suprême des Farc, Timoleon Jimenez, dit « Timochenko », avait déclaré: « J’ordonne à (…) chacun de nos combattants de cesser le feu et les hostilités de manière définitive contre l’Etat colombien ».

Le président Santos, chef des armées, avait le premier jeudi ordonné aux troupes colombiennes de cesser le feu contre les Farc à partir de ce lundi à 00H00 (05h00 GMT).

A minuit pile, selon des radios locales, les pompiers ont fait retentir les sirènes de leurs camions dans plusieurs villes du pays, « en faveur du cessez-le-feu » comme les y avaient invités le ministère de l’Intérieur.

C’est la première fois que la Colombie va connaître un tel silence des armes, même si les Farc observent depuis juillet 2015 une cessation unilatérale des hostilités, le gouvernement ayant de son côté suspendu ses bombardements aériens contre les rebelles.

– De la guérilla à la politique –

Selon les accords, le cessez-le-feu bilatéral et définitif devait entrer en vigueur au plus tard le jour de leur signature, prévue entre le 20 et le 26 septembre.

Les Farc ont par ailleurs convoqué leur Xe conférence pour ratifier le pacte, négocié pendant près de quatre ans à Cuba et détaillé dans un document de 297 pages, diffusé sur internet et les réseaux sociaux, ainsi que par les médias.

Cette « dernière conférence de notre organisation en armes (…) ratifiera les accords de paix et entérinera la transformation des Farc en mouvement politique légal », ont-elles indiqué samedi.

Prévue du 13 au 19 septembre dans la plaine du Yari, à San Vicente del Caguan, ex-fief de la guérilla dans le sud, la conférence réunira 200 délégués des Farc, dont leur état-major.

Fait exceptionnel, elle sera ouverte à 50 invités nationaux et internationaux, ainsi qu’à la presse afin que « les peuples de Colombie et du monde s’informent directement », selon les Farc.

La « signature solennelle » des accords par M. Santos et « Timochenko » est prévue « entre le 20 et le 26 septembre », a annoncé le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas.

Ce sera alors, a-t-il précisé, « le Jour J » du début du regroupement des guérilleros dans 22 zones et huit campements, pour entamer leur désarmement prévu sur six mois sous supervision des Nations unies.

– Décider entre guerre et paix –

Selon M. Santos, interviewé par la chaîne CNN, les accords pourraient être signés à Cuba, à Bogota ou pendant l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Puis les Colombiens seront appelés à un référendum le 2 octobre. Pour l’emporter, le « oui » à la paix devra recueillir au moins 4,4 millions de voix (13% de l’électorat) et le « non » un score plus faible.

La paix ne sera pas pour autant complète en Colombie. Il reste au gouvernement à négocier avec l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), autre guérilla encore active avec quelque 1.500 combattants. Les parties ont annoncé le 30 mars leur volonté d’entamer des pourparlers. Mais aucune date n’a été fixée. 

Dimanche, l’ELN a souhaité le « succès » aux Farc dans leur conversion en « organisation ou mouvement politique légal ». Mais dans cette lettre signée de son chef, Nicolas Rodriguez dit « Gabino »,  elle a réaffirmé son « droit à la rébellion » faute de « réelle volonté (des gouvernements successifs) de chercher la paix ».

Le plus ancien conflit des Amériques, qui au fil des décennies a impliqué guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et forces armées, sur fond de violence des narco-trafiquants, a fait au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

Le chef suprême des Farc Timoleon Jimenez, dit  "Timochenko" lors d'une conférence de presse le 28 août 2016 à La Havane. © AFP

© AFP YAMIL LAGE
Le chef suprême des Farc Timoleon Jimenez, dit « Timochenko » lors d’une conférence de presse le 28 août 2016 à La Havane

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