ACTUS LOCALESÉCONOMIE Gauguin, jeux et tourisme… L’Egat au centre des réflexions Charlie Réné 2026-02-19 19 Fév 2026 Charlie Réné Après de longues réflexions, c’est à l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva, déjà en charge du golf d’Atimaono, que le Pays devrait confier l’exploitation du nouvel espace touristique et culturel construit à l’entrée des jardins botaniques de Papeari. Un chantier à deux milliards de francs réceptionné en fin d’année qui attend toujours une ouverture. L’Egat, dont les comptes, étudiés à Tarahoi ce jeudi, ont été « assainis », a d’autres projets en cours, notamment le remodelage du parcours de golf d’Atimaono. Le gouvernement étudie en outre une proposition d’un « consortium local » pour développer touristiquement le site, tout en le laissant ouvert aux activités familiales et sportives. À l’occasion de l’étude du compte financier 2024 de l’Egat par la commission permanente de l’assemblée, le gouvernement a annoncé qu’il comptait confier à l’établissement public la gestion de l’espace scénographique Gauguin. Lancée sous la précédente mandature, la construction de cet espace de 1600 mètres carrés au plan en spirale a été achevée, comme prévu, en fin d’année dernière, pour un coût total de 2,1 milliards de francs. Le bâtiment, qui accueille une exposition permanente « sur les pas de Gauguin », une buvette, une boutique, des sanitaires et des locaux administratifs et techniques, doit aussi servir de nouvelle porte d’entrée aux jardins Harrison Smith. Mais il doit avant tout trouver un gestionnaire. Un espace conçu comme un « centre de charges, mais pas pour dégager des bénéfices » Une réflexion lancée de longue date au gouvernement. Un marché privé avait un temps été évoqué, mais n’a jamais été lancé, le Musée de Tahiti et des îles avait été approché, comme Tahiti Tourisme… Mais c’est donc finalement à l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva qu’il a été demandé d’exploiter le site. Moetai Brotherson, en charge du tourisme et donc du dossier, explique que c’est la « conception même du projet », conçu selon lui comme un « centre de charges, mais pas pour dégager des bénéfices », qui a orienté vers cet « Epic » (établissement public à caractère industriel et commercial). « Ça va forcément appeler des budgets, précise le président du Pays, puisqu’il faut a minima une quinzaine de personnes pour faire tourner cet espace scenographique. Certaines fonctions peuvent être mutualisées avec le personnel déjà au sein de l’Egat, sur d’autres il faudra recruter. Tout ça n’est pas neutre et on aura l’occasion d’en débattre lors des prochaines sessions ou collectifs ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/EGAT-1.wav Pas de coût avancé pour l’instant, pas de calendrier non plus : une ouverture de l’espace « dans le courant de l’année » a simplement été évoquée en commission. Il a aussi été confirmé que l’ancien musée, situé de l’autre côté des jardins botanique, devait être détruit pour faire la place à de nouveaux projets d’aménagement. La direction de l’Égat, en tout cas, aurait bien accueilli la demande de gestion de ce nouvel espace, situé à une dizaine de kilomètres du golf d’Atimaono, sur lequel l’établissement, créé dans les année 80 pour gérer le développement de plus de 1500 hectares de foncier public entre Papara et Papeari, concentre son action depuis 2017. Des jeux à préparer À Tarahoi, comme à la CTC ou devant la justice, l’Egat a laissé de très mauvais souvenirs. Et l’idée de laisser l’établissement reprendre de l’envergure aurait pu faire sourciller certains élus. Mais le fait est que le compte financier 2024 étudié ce jeudi montre, comme cela a été noté des deux côtés de l’hémicycle, que la gestion a été « assainie », à la faveur de la clarification des missions et du changement de direction. Si la subvention de 150 millions représente toujours la moitié des moyens financiers, les recettes sont en légère progression, un certain dynamisme a été salué sur l’activité du golf et le fonds de roulement s’est étoffé. « La vraie question n’est plus celle de l’équilibre financier mais de l’ambition pour cet établissement », note le représentant Tavini Bruno Florès. Une ambition liée dans un premier temps aux Jeux du Pacifique 2027. Un remodelage à 134 millions de francs du parcours de 18 trous, qui doit accueillir la compétition, doit être lancé cette année, après la phase d’étude de l’an dernier. L’Egat doit demander une nouvelle subvention à 53 millions pour rénover ses vestiaires et sanitaires, et il doit surtout avancer dans la réhabilitation du site de tir à l’arc, qui fait l’objet d’un programme à 30 millions, toujours en vue de Tahiti 2027. L’établissement doit aussi valider le projet de « Fenua academy » qui doit faciliter l’apprentissage du golf, à l’aide d’un « logiciel de réservation où praticiens et professeurs libéraux pourront convenir de leur rencontre ». L’Egat a aussi réalisé des travaux d’entretien des sites de l’ancienne rhumerie et du cimetière chinois de Atimaono, récemment classés monuments historiques. La question de la création d’un écomusée se pose autour de ces sites. Un « consortium local » reçu par le gouvernement Mais les élus, et notamment la représentante Tapura Tepuaraurii Teriitahi et le Tavini Mitema Tapati, s’interrogent sur les ambitions au plus long terme du Pays pour l’Egat et plus largement pour le domaine d’Atimaono. Moetai Brotherson rappelle, en réponse, qu’une partie du domaine, doit faire l’objet d’un développement administratif et agricole, avec la construction du futur pôle secteur primaire du Pays, qui doit accueillir à terme un ministère, plusieurs directions, ainsi que des exploitations. Côté golf, c’est du développement touristique et hôtelier qui est évoqué depuis longtemps. « L’idée c’est pas d’en faire un Mahana Beach bis, mais un espace de vie avec plusieurs activités qui peuvent coexister, précise le président du Pays. La population s’est approprié cet espace, c’est un lieu de rendez-vous le weekend, pour faire du sport, pour se retrouver en famille. Il faut intégrer ces usages et pas les mettre en opposition ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/EGAT-2-coexistance-dactivites.wav Moetai Brotherson indique qu’un consortium local est venu présenter un projet qui, justement, « permet cette multiactivité ». Un projet aujourd’hui à l’étude au gouvernement.