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Face aux coupes budgétaires d’État, le Pays menace de « renoncer » à Tahiti 2027


Après avoir « interpellé » le gouvernement Bayrou sur les conséquences en Polynésie des coupes de crédits généralisés toujours en débat à Paris, Moetai Brotherson a haussé le ton, ce dimanche soir sur Polynésie la 1ere. La tenue des Jeux du Pacifique est « conditionnée » par les investissements promis au contrat de développement et de transformation. Sans cette participation, le Pays pourrait « prendre la décision de renoncer à l’organisation des Jeux », ce qui serait dommageable pour la Polynésie comme pour l’État.

C’était une des questions brûlantes des discussions parisiennes de Moetai Brotherson la semaine dernière. Les coupes de crédits généralisées de l’État, motivées par un dérapage financier et budgétaire ces dernières années, vont-elles affecter la Polynésie ? La réponse est oui, et le gouvernement le savait déjà. Dès le mois de décembre, alors que l’ex-gouvernement Barnier présentait un projet de loi de Finance depuis rejeté par le Parlement, des coupes sévères – « de moitié » d’après Moetai Brotherson – étaient annoncées sur le volet communal du contrat de développement et de transformation (CDT). Un contrat signé en juillet dernier, portant sur 9,4 milliards d’investissement destinés, sur la période 2024 – 2027, à des projets municipaux financés à au moins 80% par l’État et le Pays.

« Ce n’est pas parce qu’on est plutôt les bons élèves qu’il faut nous oublier »

« C’était prévisible vu l’effort général qui est demandé au niveau budgétaire, expliquait le président vendredi, à son retour de Paris. Pour l’instant on est dans l’attente des chiffres précis qui vont nous être donnés par le ministère des Finances, également par le ministère des Outre-mer. Ça été l’objet de mes rencontres : j’ai rappelé aux uns et aux autres les enjeux qui étaient les nôtres et que ce n’est pas parce qu’aujourd’hui dans le concert des collectivités des outre-mer on est plutôt les bons élèves qu’il faut nous oublier ».

Le chiffrage et l’objet précis de ces coupes budgétaires ne sont donc pas encore précisément connus. Mais d’après le président, « l’ensemble des contrats sont potentiellement concernés ». Y compris, donc, le volet Pays du CDT. Signé quelques semaines avant le volet communal, il prévoit des cofinancements de l’État sur 21 milliards de francs d’investissements, toujours sur la période 2024 – 2027, et qui doivent être confirmés au travers de conventions annuelles. Des investissements qui sont notamment fléchés vers les nombreux chantiers de préparation de Tahiti 2027.

Des discussions… Et un gros coup de pression

Or, comme l’appuie le président, « les Jeux du Pacifique un enjeu pas seulement pour la Polynésie, mais un enjeu diplomatique pour l’État et l’Union Européenne dans le concert des nations présentes dans la région ». Le président, qui se disait « rassuré » après sa rencontre avec Manuel Valls a-t-il obtenu des garanties sur la remobilisation de ces crédits ? « Ils m’ont tous confirmé qu’ils seraient attentifs à ça, qu’ils étaient conscients des enjeux, nuance Moetai Brotherson. Il y aura forcément une modification des formats, maintenant est ce que c’est les mêmes montants étalés sur une période plus longue, une diminution des montants… C’est tout ça qu’on est en train de discuter ». 

Des discussions qui suivent le cours des débats parlementaires, dans lesquels ont été relancés les travaux budgétaires. Ce qui n’empêche pas le président du Pays de mettre la pression. Dimanche soir, sur le plateau de Polynésie la 1ere, Moetai Brotherson a expliqué que « la tenue des Jeux du pacifique est conditionné par ces investissements ». « Si ces sommes sont rabotées et qu’elles n’arrivent pas dans ce qui était prévu par le contrat, nous serons en difficulté, le Pays devra réévaluer les choses, précise-t-il. Et peut être on prendra la décision de renoncer à l’organisation des Jeux ». La menace de ne pas organiser rappelle celle, proférer en pleine polémique sur la tour des juges, de renoncer à l’épreuve de surf des JO. À l’époque, la sortie de Moetai Brotherson avait fait réagir. Cette fois, le président insiste : si les Jeux du Pacifique 2027 ne peuvent pas se tenir à Tahiti, il faudra que l’État « assume » diplomatiquement cet échec. La Polynésie ne devrait pas non plus y gagner en crédibilité dans la région.

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