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Hôtellerie : le retour programmé des touristes ne lève pas toutes les menaces sur l’emploi

Sans surprise, les hôteliers se félicitent des perspectives de réouverture du ciel polynésien et des levées progressives des barrières sanitaires. Pour Thierry Brovelli, directeur de l’Intercontinental Tahiti et coprésident du Conseil des professionnels de l’hôtellerie, l’ensemble des établissements du fenua devraient rouvrir leurs portes entre le 15 juillet et le 1er août. Mais cette reprise ne doit pas faire oublier la gravité de la crise : côté emploi, de nouveaux « dégâts » sont à craindre.

La ministre du Tourisme Nicole Bouteau a rencontré hier les représentants du secteur, en présence, notamment, du nouveau directeur de Tahiti Tourisme Jean-Marc Mocellin. Une réunion qui avait pour but de préciser les annonces faites vendredi par le président Édouard Fritch et le haut-commissaire Dominique Sorain. Les deux responsables avaient alors présenté un calendrier de reprise des vols internationaux (vers la métropole au 1er juillet, et vers les États-Unis le 15 juillet), accompagné par un allègement progressif du protocole sanitaire réservé aux arrivants. Des mesures demandées depuis plusieurs semaines par les professionnels de l’hôtellerie. « La levée de la quarantaine était indispensable pour espérer voir revenir une partie de notre clientèle », explique aujourd’hui Thierry Brovelli. Le directeur général de l’Intercontinental Tahiti, qui est aussi coprésident du Conseil des professionnels de l’hôtellerie (CPH) assure que c’est aujourd’hui tout le secteur qui est « soulagé ».

Des discussions sont encore en cours avec le gouvernement. Sur les formations aux précautions anti-coronavirus, sur le fonctionnement précis de la veille sanitaire, la communication auprès des employés, des clients ou des Polynésiens… « Des détails à peaufiner, mais le plus gros est en route », assure Thierry Brovelli.

Reprise planifiée mais à confirmer pour French bee, United et Hawaiian

Le représentant des hôteliers semblent aussi rassuré par les perspectives de liaisons aériennes. Les autorités avaient déjà été confirmé qu’ATN reprendrait ses rotations vers la Métropole à partir du 3 août et vers Los Angeles à partir du 20 juillet. Air France, elle, rouvrira sa ligne le 8 juillet. Mais ce sont cette fois les représentants de United Airlines et de French bee, compagnies dont le retour en Polynésie n’était pas acquis, qui ont « parlé d’une reprise des vols » et mis en avant « des dates et des fréquences » lors de la réunion au ministère. De fait, French bee commercialise bien des vols Orly – Papeete à partir du 15 juillet. Et United des San-Francisco – Tahiti en août. Mais les deux compagnies n’ont pour l’instant pas fermement confirmé cette reprise, l’incertitude planant toujours sur l’évolution de la situation sanitaire aux États-Unis. Même situation pour Hawaiian Airlines, qui affiche des Honolulu – Papeete sur son site dès le 2 juillet : la réouverture de la ligne doit encore être confirmée.

« Je pense que tout le monde va rouvrir rapidement »

Quoiqu’il en soit, les hôteliers polynésiens, eux, se « tiennent prêts ». « Il y a fort à penser qu’entre le 15 juillet et le 1er août tout le monde sera rouvert », affirme le coprésident du CPH. Les hôteliers scrutent depuis quelques jours les effets des annonces gouvernementales sur le flux des réservations… et des annulations, qui s’enchaînent depuis plus de 3 mois.

L’hôtellerie polynésienne est-elle sauvée ? Un peu tôt pour le dire. La fermeture définitive de l’Intercontinental de Moorea, et la fermeture pour travaux du Méridien de Bora Bora restent les blessures les plus visibles d’une crise qui est loin d’être terminée. Des plans sociaux sont-ils encore prévus ? « Je ne sais pas » répond Thierry Brovelli, qui tient tout de même à prévenir : côté emploi « il y a fort à penser que les dégâts n’ont pas fini d’apparaître ». Tout dépendra des réservations internationales dans les semaines à venir, et des capacités de trésorerie des groupes hôteliers.

 

Départs volontaires et suspension de contrats : un accord sur la table au Méridien de Bora Bora

Les représentants des salariés du Méridien de Bora Bora ont signé un accord avec la direction. Le 28 mai, le groupe Wane, qui avait fait l’acquisition de l’hôtel 5 étoiles fin 2016, avait annoncé aux 149 salariés en CDI que l’établissements fermerait pour des travaux de rénovation de 18 mois. Le plan social alors mis sur la table avait été jugé injuste par les syndicats qui ont toutefois « tout fait » pour faire perdurer les discussions. Le nouvel accord, qui aurait été signé par A Ti’a i Mua, Otahi, la CSIP et O Oe To Oe Rima, prévoit que les salariés pourront choisir entre un départ volontaire et une suspension de contrat.

D’après un représentant de A Ti’a I Mua, le départ volontaire permettra à chacun de bénéficier, en plus des indemnités légales de licenciement, d’un mois de salaire auquel s’ajoute un mois et demi de paie par dizaine d’années d’ancienneté. Les salaires de moins de 200 000 francs bénéficieront, en plus, d’un autre mois d’indemnité. Les salariés qui choisissent la suspension du contrat seront, eux, certains d’être réintégrés à leur poste lors de la réouverture de l’hôtel et bénéficieront d’un revenu de 20 000 francs par mois pendant toute la durée de la fermeture. Ils pourront bien sûr travailler « où ils veulent » précisent les syndicalistes, y compris sur le chantier de rénovation où ils devraient être « prioritaires ».

Le Méridien doit rouvrir ses portes début 2022, avec 140 chambres au lieu de 100. Le groupe Wane a assuré aux syndicats que son objectif étaient de redémarrer « avec au moins 200 salariés ».

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