ACTUS LOCALESJUSTICE La mère de famille gréviste de la faim n’aurait respecté « aucune décision de justice » Caroline Perdrix 2025-08-20 20 Août 2025 Caroline Perdrix Il y a trois semaines, Tahiti Infos donnait la parole à une mère de famille qui accuse son mari d’agressions sexuelles sur leur ainée, et avait entamé une grève de la faim pour récupérer ses deux filles, 7 ans et 3 ans, placées en foyer depuis janvier dernier par le juge pour enfants. Ce mercredi, l’avocat du père des fillettes a pris la parole, évoquant « une procédure de divorce qui a toujours été extrêmement contentieuse. » L’affaire remonte à la plainte déposée fin 2023 par la mère contre son conjoint qui avait demandé le divorce, « une procédure qui a toujours été extrêmement contentieuse » et qui est toujours en cours, dit Me Loris Peytavit, avocat de ce dernier. Leur fille aînée aujourd’hui âgée de 7 ans, entendue par les professionnels du Fare Tama Hau, aurait décrit des attouchements sexuels commis par son père. La plainte est toujours à l’instruction, dans des délais de procédure malheureusement « classiques », et aucune mise en examen n’est intervenue jusqu’ici. « Le père n’a jamais reconnu les faits », précise son avocat Me Peytavit, qui décrit quelqu’un de normal, qui travaille, et « répond à toutes les convocations judiciaires. » Totalement « privé de ses droits pendant plus d’une année », il a obtenu l’autorisation de voir ses enfants lors de visites « très encadrées » : deux fois une heure par mois, dans des lieux publics et en présence de travailleurs sociaux. Mais la mère des deux fillettes s’est opposée à ces visites. C’est ainsi que la justice a décidé de placer les enfants dans un foyer, où leur état physique et psychique se serait dégradé. Maeva avait débuté une grève de la faim qu’elle a arrêtée après une brève hospitalisation, dont elle est sortie lundi. « La mère a fait le choix de ne respecter aucune décision de justice » « Si on est arrivé à un placement d’enfants, poursuit l’avocat, c’est parce que la mère a fait le choix de ne respecter aucune décision de justice, que ce soit du juge des affaires familiales ou du juge des enfants. Ça ne se fait pas du jour au lendemain : il y a quand même des avertissements, il y a des audiences, il y a des travailleurs sociaux qui viennent de manière régulière. Des décisions ont été prises à raison du fait que la mère n’était pas capable de respecter des décisions de justice, qui encadraient un droit de visite extrêmement strict pour le père. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/08/ENFANTS-PLACES-01-ME-PEYTAVIT.wav L’avocat n’apprécie pas l’intervention de la députée Nicole Sanquer, qui a médiatisé le courrier qu’elle a fait parvenir à la ministre des Solidarités Chantal Galenon : « Je trouve aussi surprenant que tout le monde s’en mêle, notamment le politique. Depuis quand le politique fait de l’ingérence dans la justice qui est parfaitement indépendante ? Je suis très surpris. » Me Peytavit estime que l’instruction pourrait encore durer six mois. Il espère un non-lieu.