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Le Pays prêt à participer au Fonds de transition énergétique pour le prolonger

Alors que l’État vient de lancer le dernier appel à projets du Fonds de transition énergétique, le Pays lui a proposé de reconduire le dispositif en le cofinançant. Car pour le gouvernement, ce fonds, dont les 7 milliards de francs ont déjà permis de multiplier les centrales hybrides dans les îles et de porter certaines innovations à Tahiti, est nécessaire pour atteindre les objectifs d’intégration du renouvelable. L’objectif fixé en 2015 de « 75% d’EnR » dans le mix électrique en 2030 est depuis longtemps oublié, mais le Pays vise désormais, plus raisonnablement, les 55 à 60%.

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Fin mars, le Haut-commissariat a lancé le quatrième appel à projets du Fonds de transition énergétique. Un fonds d’aide national annoncé par le chef de l’État Emmanuel Macron lors de sa visite en 2021, et qui est doté de près de 7,2 milliards de francs sur la période 2023 à 2026. Depuis sa mise en opération, 21 projets – notamment des centrales hybrides dans les îles, mais aussi des projets innovants de stockage électrique à Tahiti – ont été financés à hauteur de 4,7 milliards, et cet appel à projets, comme annoncé depuis l’origine, doit être le dernier. Cette disparition, pourtant, personne ne semble s’y résoudre. Pas du côté des professionnels, où on note que l’accompagnement est plus que jamais nécessaire, notamment dans les îles, pour accompagner la transition énergétique. Pas du côté des parlementaires qui ont déjà évoqué à Paris la prorogation du fonds. Et pas du côté du Pays, comme l’a confirmé Warren Dexter sur notre plateau il y quelques jours. Le ministre des Finances et de l’Énérgie le reconnait : les autorités se sont résolues à ne pas atteindre les 75% d’énergie renouvelable dans le mix électrique polynésien en 2030, un cap fixé sous dès 2015 par le plan de transition énergétique, mais que le Pays ne s’est jamais réellement donné les moyens de respecter.

Le projet de délibération cap 2033 parle d’un objectif plus modeste : « 55 à 60% » d’Enr dans le mix d’ici 2030. Des chiffres atteignables pour Warren Dexter, qui rappelle que Tahiti (et pas la Polynésie) vient de passer la « barre symbolique » des 50%. Pour couvrir le reste de la distance, le ministre cite la deuxième tranche d’appel à projets photovoltaïques, déjà attribués et qui doivent être mis en fonction d’ici 2028, mais aussi… Le Fonds de transition énergétique. Car le Pays a officiellement demandé à l’État de le prolonger, et se dit désormais prêt à y participer. « On a écrit courant 2025, on a pas eu de réponse, mais je vais proposer au président Brotherson une relance, précisait-il début avril. encore une fois en proposant un cofinancement par le Pays pour inciter l’État à reconduire le dispositif ».

ETM : « C’est compliqué d’avancer »

Un autre levier d’avancée vers le renouvelable – et dans le même temps vers la souveraineté énergétique, remis en tête des priorités par la crise internationale des hydrocarbures – c’était l’Énergie Thermique des mers, sur lequel des acteurs polynésiens se disent prêts à faire de la Polynésie un précurseur comme elle l’a été sur le Swac, une technologie cousine. « C’est compliqué, parce que les coûts sont exorbitants. L’idée, c’est de lancer un prototype, mais avec un partenariat public-privé. j’ai pris contact avec des investissements qui peut être dans ces dispositions, mais c’est compliqué d’avancer, parce que les investissements sont vraiment très lourds et sans réellement la garantie que ça ait le rendement escompté au bout, reprend le ministre. Il y a une réflexion, mais ça n’est pas un sujet évident. Je suis un petit peu déçu, parce que je mettais beaucoup d’espoir sur ce sujet ETM, qui présente l’avantage, par rapport aux autres sources d’énergie renouvelable, d’être une source stable, sans aléas du soleil et de la pluie… Mais il y a plein de prérequis pour l’instant qui ne sont pas levés ».

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