ACTUS LOCALESJUSTICE

Peine confirmée en appel pour le skipper cocaïnomane

En mai dernier, les douanes avaient découvert un kilogramme de cocaïne dans un voilier amarré au port de Papeete. Le skipper avait été condamné, en première instance à trois ans de prison dont deux avec sursis ainsi qu’à une amende douanière de 20 millions de francs et placé sous surveillance électronique.  Le parquet estimant la peine trop légère avait fait appel de la décision. Mais ce jeudi, la cour d’appel a confirmé la peine de première instance.

Eric M., skipper de profession, avait acheté un kilo de cocaïne pour 500 dollars lors d’une escale au Panama, alors qu’il convoyait un catamaran. Un kilo destiné à sa « consommation personnelle » assure-t-il, reconnaissant que son acte était « totalement irréfléchi » et qu’il « regrette profondément ». Au départ, il était parti pour acheter « juste de quoi passer la soirée », mais sur un parking de Panama City, le dealer qu’il rencontre lui propose un kilo pour 500 dollars. Consommateur régulier, sauf en mer lorsqu’il convoie des bateaux, il se laisse tenter. En première instance il avait déclaré qu’il avait l’intention d’en consommer une partie puis de jeter le reste à la mer. Ce qu’il n’a pas fait. Quoiqu’il en soit, il jure qu’il n’avait pas l’intention d’en vendre mais de la garder pour sa consommation personnelle.

« À raison de trois grammes par semaine, cela lui fait sept ans de consommation », fait remarquer la procureure, qui explique la raison de l’appel du parquet : « le quantum prononcé en première instance n’est pas en adéquation avec les faits reprochés. Il a une facilité d’achat par sa profession et ce n’est pas une opportunité, il a fait lui-même la démarche de prendre un taxi, de se renseigner auprès du chauffeur où il pourrait acheter de la cocaïne. » Elle estime qu’il aurait pu en revendre si la drogue n’avait pas été saisie et réclame 4 années de prison dont 6 mois de sursis avec mandat de dépôt, précisant que c’était « un enjeu pour la santé publique.» Elle demande aussi une interdiction d’exercer sa profession de skipper, « car cela facilite l’approvisionnement en drogue. »

Pour son avocat, « il a pris la plus mauvaise décision de sa vie. » Quant à l’appel du parquet, il estime que « c’est un appel message, un appel presse » et que « ce n’est pas le rôle de la justice d’envoyer des messages. » Expliquant que son client avait déjà commencé à rembourser l’amende douanière, il demande de confirmer la peine de première instance. Le tribunal l’a entendu.

Article précedent

Cinq ans d’inéligibilité requis contre Cyril Tetuanui

Article suivant

Sécurité aérienne : la Polynésie rappelée à l'ordre sur les données météo des aérodromes

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Peine confirmée en appel pour le skipper cocaïnomane