ACTUS LOCALESÉCONOMIETOURISME Quatre grands hôtels ferment en 2026 Caroline Perdrix 2025-07-07 07 Juil 2025 Caroline Perdrix Ce sera temporaire, mais c’est un effet pervers de l’agrément de dossiers de défiscalisation. Quatre fleurons de l’hôtellerie polynésienne ferment leurs portes pour rénovations, principalement en 2026, ce qui va limiter la capacité d’accueil touristique, et pas seulement en basse saison. Plusieurs grands hôtels prisés des touristes haut de gamme vont fermer en 2026, réduisant la capacité d’accueil de la Polynésie à Bora Bora, Moorea et Tahiti. Même si c’est pour rouvrir en plus beau, et parfois en plus grand. Le Thalasso InterContinental de Bora Bora a déjà fermé une partie de ses 88 villas sur pilotis depuis juin, et fermera totalement pendant 10 à 12 mois à partir de début 2026 pour des rénovations et de nouvelles constructions. La réouverture est prévue pour 2027. Le Sofitel Kia Ora de Moorea (123 unités) a annoncé début juin une fermeture complète du 15 janvier au 31 mars 2026. Les villas sur pilotis vont monter en gamme, et la réception, les restaurants, les bars et la piscine seront entièrement refaits. Mi-février, c’est le Conrad de Bora Bora (114 unités) déjà partiellement fermé depuis février dernier, jusqu’à juin 2026, la aussi pour une montée en gamme : nouvelles villas, piscines privées dans certaines, spa rénové. La précédente rénovation de l’ex-Hilton de Bora Bora date de 2017 Enfin, le Te Moana Tahiti Resort (120 unités) ferme le 1er janvier 2026 pour rouvrir partiellement le 15 décembre 2026. Les 24 chambres « vue jardin » rouvriront ensuite graduellement entre le 31 mars et le 31 mai 2027. Ouvert en 2009, ses chambres et ses parties communes avaient fait l’objet d’un rafraîchissement en 2022 à l’occasion de son changement de nom. La défiscalisation a favorisé la montée en gamme, mais aussi la rareté C’est d’ailleurs l’illustration de ce que dit le tout récent rapport de la chambre territoriale des comptes sur la défiscalisation. La défiscalisation fléchée sur l’hôtellerie a surtout servi à organiser la rareté. Les crédits d’impôts, dit la CTC, ont contribué « à la rénovation du parc hôtelier existant, à sa montée en gamme et à l’augmentation du revenu moyen par chambre plutôt qu’à une augmentation de la capacité de l’offre d’hébergement. » Quarante-quatre hôtels au fenua, mais 18 friches hôtelières, que rien n’a semblé pouvoir faire bouger. Les choses devraient avancer cette année. Le président parle d’attirer les investisseurs internationaux vers ces friches depuis son arrivée à la tête du Pays, et il a rencontré, notamment à Singapour et Hong Kong, des candidats potentiels. Cinq de ces sites doivent être choisis avant la fin de l’année pour être inclus dans un premier appel à projets. À noter que le schéma directeur de l’hébergement hôtelier est toujours en incubation : une première partie est attendue pour le mois d’août. Moetai Brotherson a cependant déjà reconnu que la défiscalisation n’est pas l’instrument idéal pour les plus grands projets. Outre la possibilité de proposer aux investisseurs des terrains du Pays non pas à la vente, mais à la location par bail emphytéotique de 90 ans, des mesures de simplification du « régime des grands investissements » (dont le montant est supérieur à 10 milliards de Fcfp), ont été adoptées par l’assemblée en août 2024, non sans critiques, et permettent aux investisseurs de bénéficier d’exemptions d’impôt sur une durée de 10 ans au lieu de 5 ans auparavant. Ces fermetures se profilent alors que les derniers chiffres de la fréquentation hôtelières publiés par l’ISPF sont bons. En mai 2025, avec l’ouverture d’un nouvel hôtel aux Îles Sous-le-Vent, l’hôtellerie internationale en Polynésie française propose 84 045 chambres à la location, soit 9 % de plus qu’en mai 2024. Sur la même période, le coefficient moyen de remplissage s’établit à 72,2% (+2,5 points), et le revenu moyen par chambre progresse de 6%. Pour rappel, les retombées économiques du tourisme sont évaluées à 100 milliards de Fcfp par an.