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Réélu maire, Édouard Fritch prévient que les communes « vont devoir se serrer la ceinture »

©Charlie Réné

Après Faa’a et Punaauia samedi, ou encore Bora Bora ce matin, c’était au tour de la commune de Pirae d’installer son conseil municipal et d’élire son maire ce mardi après-midi. Édouard Fritch, dont la liste avait dominé le 1er tour, garde logiquement l’écharpe de tavana qu’il avait portée pour la première fois il y a tout juste 20 ans. Une réélection dans un contexte d’inquiétude sur l’avenir économique et financier de la commune.

Quelques sourires, mais pas de profusion d’allégresse, ce mardi, à la mairie de Pirae. Édouard Fritch ne s’est pas beaucoup écarté du ton grave adopté depuis quelques semaines lors de ses allocutions sur la crise du coronavirus. Pourtant, le président du Pays était en terrain conquis : 28 des 33 conseillers municipaux qui lui faisaient face, cette après-midi à Pirae, sont issus de sa « Liste d’union et d’action communale », qui avait remporté 68,15% des suffrages le 15 mars. Malgré la faible participation (46%), la victoire est des plus nettes pour le tavana sortant, qui a donc logiquement enfilé, à l’issue du vote du conseil, une écharpe de maire portée pour la première fois voilà 20 ans.

C’est en effet en mai 2000, qu’Édouard Fritch, alors premier adjoint de Gaston Flosse, avait pris les rênes de la mairie au bénéfice des règles de cumul des mandats, avant de remporter les municipales l’année suivante. En 2008, le siège de tavana lui avait échappé au profit de Béatrice Vernaudon, à qui il le reprendra six ans plus tard. Pour entamer ce troisième « vrai » mandat, le chef de file du Tapura a justement voulu adresser une pensée à tous ses prédécesseurs – « dont celui à qui vous pensez tous » – mais aussi au haut-commissaire et à l’État, « partenaires essentiels » dans la crise actuelle.

La crise « aura nécessairement un impact » sur les budgets communaux

Une crise évoquée tout au long de son discours. Revenant brièvement sur les mois de confinement, le maire-président a insisté sur « le changement qui nous est imposé », et sur la nécessaire vigilance sanitaire. Ce qui ne l’a pas empêché d’enchaîner les bises, « à ceux dont je sais qu’ils sont Covid- « , précise-t-il. Mais c’est surtout sur l’impact financier de l’épidémie qu’Édouard Fritch s’est attardé. Le budget de Pirae, comme celui des autres communes du fenua, dépendent du FIP et donc des perceptions du Pays. La chute annoncée des recettes fiscales – « au moins 20 milliards » cette année, d’après des premières annonces du Pays, jusqu’à 30 milliards selon d’autres projections – « aura nécessairement un impact ». Devant plusieurs de ses ministres, dont son vice-président Teva Rohfritsch, le président prévient donc que les communes devront se « serrer la ceinture » et « utiliser d’une façon intelligente » leurs crédits.

Maintien des investissements, mais « étalement dans le temps »

Cette austérité remet-elle en cause le programme de grands travaux présenté lors de la campagne ? La liste d’union et d’action communale promettait, entre autres, le développement du « centre-ville » de Pirae à Taaone, un projet mis sur la table dès 2014, la création d’un grand parc public sur le site de l’hippodrome de Nahoata, l’accélération de la rénovation urbaine dans les quartiers populaires, la construction d’un nouveau centre nautique de 5000 m2, ou encore la création d’une fourrière… Un programme d’investissement que le maire compte bien conserver, « mais pas suivant le calendrier prévisionnel que nous avions retenu lors des élections ». Il faudra « étaler dans le temps » dit-il, même si certains de ces projets restent « urgents », pour créer de l’emploi dans la commune.

Discours social

L’emploi, « grosse maladie qui va s’empirer » avec la crise, est donc une des priorités affichées par le tavana fraîchement réélu. Au même titre que l’accompagnement social. « En raison de la crise, le Pays a commencé à s’appauvrir et la commune va suivre, rappelle-t-il. Mais, les besoins de la classe sociale déjà en difficulté avant la crise, seront accrus et auront encore plus besoin de gestes, d’actions et d’interventions solidaires de la commune ». Le président du Pays, se fait donc, dans sa mairie, le pourfendeur de « l’écart entre les classes sociales », et insiste pour une action sociale « plus équitable » et une municipalité plus présente sur le terrain.

La première réunion de travail du conseil municipal aura lieu le 11 juin, avec au programme le vote du budget, décalé pour cause de confinement. Autre point au menu de la réunion, la mise en place d’indemnités pour l’ensemble des conseillers et pas seulement pour les adjoints. Une initiative justifiée par « le travail considérable qui va leur être demandé dans les mois à venir », et qui devra se faire « à enveloppe constante » – le maire et ses adjoints devraient donc baisser leur propre indemnité – et « dans les limites prévues par la loi ».

Le conseil municipal de Pirae : 

Maire de la commune de Pirae : M. Edouard FRITCH

Premier adjoint au maire : M. Abel TEMARII

Deuxième adjoint au maire : Mme Tiarenui PORLIER

Troisième adjoint au maire : M. Yvonnick RAFFIN

Quatrième adjoint au maire : Mme Lorraine HUNTER

Cinquième adjoint au maire : M. Charles REICHART

Sixième adjoint au maire : Mme Eliane LECHENE

Septième adjoint au maire : M. Jean CHICOU

Huitième adjoint au maire : Mme Yvannah POMARE-TIXIER

Neuvième adjoint au maire : M. Samuel MOO SUNG

Conseillers : Mme Marie Madeleine MAO, M. Heimana TAURAA, M. Krys TEAO, M. Milton PARAUE, Mme Turere BAMBRIDGE FOLIAKI, Mme Rosana TEHOIRI, Mme Keehi WONG, M. Jean SANTOS, Mme Fleur GARNIER, Mme Elise MAMAATUAIAHUTAPU, Mme Dorita TEARAIMOANA, M. Heng Song CHANGNE-LEHARTEL, Mme Maiana VAIANUI, M. Florent ATEM, Mme Virginie BRUANT, M. Tehani BENNETT, M. Ariitea BERNADINO, Mme Veihei TEMAKE, Mme Thilda HAREHOE, M. Henri FREBAULT, Mme Ranihere TAHARIA, Mme Marcy PAUTEHEA, M. Eritaia IOANE

qui avait invité plusieurs ministres, dont son vice-président Teva Rohfritsch,

 

 

La liste 68,5% des voix,

 

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2 Commentaires

  1. simone grand
    27 mai 2020 à 6h41 — Répondre

    Félicitations à tous et Courage
    Les restrictions budgétaires ne devraient pas s’appliquer à la lutte contre les chiens errants et en divagation. Au contraire, un effort particulier doit être mené pour régler ce problème

  2. 27 mai 2020 à 12h06 — Répondre

    Les barrières tombent, c’est open pour les embrassades, les colliers de fleurs et les écharpes tricolores, mais ce n’est pas open pour les touristes, les PNT et PNC d’ATN qui seront encore sous le coup d’une quatorzaine au retour des vols de continuité territoriales. Comprend pas vraiment.

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