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Rencontre avec Jean Michel Ratron, nouveau directeur général d’Aéroport de Tahiti

©CP/Radio1

Le nouveau directeur général d’Aéroport de Tahiti, Jean-Michel Ratron, a accordé une entrevue à Radio1. Il prend la suite d’Éric Dumas dans un période d’incertitude, car l’État n’a toujours pas fait connaître le cahier des charges de la future concession aéroportuaire. Jean-Michel Ratron confirme que l’appel d’offres pourrait être enfin lancé « ce mois-ci ou le mois prochain ». Mais la procédure de choix du concessionnaire prendra au moins jusqu’à la mi-2021. Et Egis a bien l’intention de remporter cette prochaine concession, quelles que soient ses dimensions. Car si Édouard Fritch a émis l ‘idée que le prochain concessionnaire puisse prendre également en gestion tous les aérodromes du Pays, Jean-Michel Ratron évoque une autre possibilité, celle d’un partage des 43 aéroports du territoire entre le Pays et le concessionnaire.

Pouvez-vous retracer le parcours qui vous a mené jusqu’ici ?

« Avant d’être ici j’étais en Afrique, toujours pour le compte du groupe Egis, où j’ai dirigé successivement les aéroports de Libreville au Gabon, et la concession des aéroports de Brazzaville et Pointe Noire, en République du Congo. Avant ça j’ai passé presque 10 ans à Roissy-Charles de Gaulle, je m’occupais de Transdev Aéroports Services, une société qui gère les  bus côté piste ; et encore avant, j’étais dans une filiale de la SNCF, je m’occupais d’intermédiation entre les collectivités locales et les transporteurs, et puis encore avant j’ai fait du marketing, des études de marché et des sondages, dans le Sud-Ouest. »

Vous arrivez à Tahiti, sur un aéroport qui voudrait bien grandir. Quelle est votre vision de votre propre mission ici ?

« Je pense que j’ai deux grandes orientations, la première c‘est de poursuivre le travail qui a été fait par mes prédécesseurs, dont Eric Dumas que je salue ici : le travail de mise aux normes de l’aéroport, l’amélioration du service rendu aux passagers, et aux compagnies aériennes, parce que nos premiers clients sont les compagnies aériennes, la modernisation des équipements, la modernisation de l’ensemble du service offert, finalement tout le travail de gestion au quotidien pour faire face au développement, à la fois des compagnies aériennes mais aussi du trafic. 

Et la deuxième orientation, comme vous le savez il va y avoir quelques petits changements, en tout cas une période un peu d’incertitude qui est liée à l’appel d’offre lancée par l’État français, et le transfert des aéroports des trois îles vers le Pays. Et donc ma deuxième grande mission sera d’accompagner ce mouvement-là, je serai évidemment soutenu par Egis et la Caisse des dépôts.

Nous, notre vocation c’est de continuer d’être au service du pays, on est la principale porte d’entrée du pays, et évidemment on a un rôle important à la fois en termes d’image et en terme de services. Donc on a un vrai rôle d’appui de la politique du Pays, notamment en termes de tourisme et de développement économique, et c’est ce rôle-là qu’il faut continuer à jouer. »

Quel est le calendrier de cette remise en jeu de la concession aéroportuaire de Tahiti-Faa’a ?

«Ce qu’on connaît, c’est le temps nécessaire pour lancer un appel d’offres et pour le conclure. À partir du moment ou la procédure d’appel d’offres est lancée jusqu’au moment de la mise en oeuvre du nouveau contrat de concession, son entrée en vigueur, il faut compter au minimum 18 mois. »

ADT est déjà une structure dont le Pays est actionnaire. Est-ce qu’elle va se porter candidate en tant que telle ou est-ce Egis qui va le faire ?

« On n’a pas encore le dossier de candidature, c’est un peut tôt pour répondre, parce que le dossier de candidature va également décrire les grandes lignes de gouvernance qui sont attendues par l’État et également pas le Pays. Aux informations qu’on a, il est assez probable que ce soit plutôt Egis et la Caisse des dépôts qui répondront. L’objectif est ensuite de se marier avec le Pays dans la future société concessionnaire. »

« Il faut qu’on attende de voir quel est le schéma général demandé par l’Etat pour la future société concessionnaire. À partir du moment où on aura ces informations, qui très probablement seront dans le dossier de candidature, la Caisse des dépôts et Egis détermineront comment ils veulent y aller et sous quelle forme. »

Le lancement de l’appel d’offres pour Tahiti-Faa’a pourrait se faire « ce mois-ci ou le mois prochain »

À votre connaissance, est-ce que ce fameux cahier des charges tant attendu est prêt ? Le président du Pays nous confiait récemment que l’appel d’offres serait lancé avant la fin de l’année.

« C’est aussi ce que j’ai entendu, le calendrier pourrait très bien démarrer à partir de ce mois-ci ou du mois prochain, ‘toutes choses égales par ailleurs’ comme disent les économistes  C’est l’Aviation civile qui détermine le cahier des charges pour le compte de l’État français. Aux informations que j’ai, il me semble qu’il est en cours de finalisation.»

Les trois autres aéroports d’État qui doivent être transférés au Pays nécessitent des investissements. Le transfert va-t-il se faire avant ou après ces investissements ?

« Je ne suis pas le mieux placé pour répondre. Il y a des discussions naturelles entre le Pays et l’État pour faire un bilan (…) de l’état des installations, et donc il est fort probable qu’il y aura des discussions sur qui prend en charge l’investissement, sur quelles bases, et ce sont des discussions dans lesquelles nous n’intervenons pas  puisque nous ne sommes qu’opérateur. »

Le président Fritch a aussi également exprimé son souhait de voir le futur opérateur prendre en gestion tous les aérodromes polynésiens, y compris ceux du Pays. Est-ce possible ?

« Encore une fois, nous notre rôle c’est d’être au service de celui qui possède les installations et le patrimoine. Si le Pays décide de confier la gestion à un seul opérateur, évidemment on se positionnera à ce moment-là. Si le Pays décide au contraire de conserver quelque aéroports qui sont peut-être un peu plus importants pour tout un tas de raisons et puis encore un troisième niveau d’aérodromes plus régionaux, on se positionnera en fonction de la demande du Pays. »

360 millions de Francs investis dans des scanners à bagages de soute

Revenons à Tahiti-Faa’a, dont le programme d’investissement est limité, depuis l’annulation de la concession, aux capacités d’autofinancement d’ADT.  Quels sont les prochains investissements prévus dans ces conditions ?

« Les investissements ne vont pas s’arrêter. (…) On va faire un investissement de sûreté, on va moderniser les appareils de contrôle des bagages de soute (…) c’est la technologie des scanners médicaux, c’est un très gros investissement. Le conseil d’administration nous a autorisés à faire cet investissement même au-delà des fonds propres, (…) 360 millions de Francs sur l’ensemble de l’opération. »

Pour conclure, Jean-Michel Ratron qui n’était jamais venu en Polynésie, se déclare enchanté d’être à Tahiti, notamment parce qu’il a découvert, dit-il, des équipes « très performantes, qui aiment leur métier, qui sont engagées dans leur métier, et ce n’est pas si fréquent que ça. »

©CP/Radio1

Eric Dumas va piloter l’offre d’Egis pour la concession de Tahiti-Faa’a depuis la métropole

Eric Dumas rejoint le siège d’Egis à Saint-Quentin en Yvelines, en région parisienne.  « Je vais être directeur de projt chez Egis Airport et l’une des missions qui me seront confiées sera effectivement de piloter l’offre que le groupement Egis – Caisse des Dépôts va déposer auprès de l’Aviation civile pour le renouvellement de la concession de Tahiti- Faa’a. » Un gros avantage compétitif pour Egis. « Disons que j’ai la chance de connaître le terrain, je n’aurais effectivement pas à me déplacer pour connaître les installations. Peut-être que je devrai le faire à un certain moment de l’offre pour affiner ou conforter quelques décisions, quelques orientations stratégiques. »

 

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