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Syrie: début à Alep d'une nouvelle "pause humanitaire" russe

Alep (Syrie) (AFP) – Une nouvelle « pause humanitaire » de dix heures décrétée par la Russie, alliée du régime syrien, est entrée en vigueur vendredi dans la métropole divisée d’Alep mais risque d’être infructueuse, comme la précédente initiative de ce type.

L’ONU a ainsi fait savoir vendredi qu’elle n’était « pas impliquée » dans « cette annonce unilatérale » et un responsable d’un groupe rebelle a dénoncé une initiative qui « n’a aucune valeur ».

Le 22 octobre, un premier cessez-le-feu unilatéral de trois jours mis en place à Alep par les armées russe et syrienne avait expiré sans avoir permis l’évacuation de civils et de blessés, ni le retrait de combattants des quartiers est d’Alep, aux mains de la rébellion et assiégés par le régime de Bachar al-Assad.

Huit couloirs humanitaires créés à ces fins étaient restés quasiment déserts, Moscou et les médias étatiques syriens accusant les groupes rebelles d’empêcher la sortie des civils de ces quartiers est, où vivent plus de 250.000 personnes privées d’aide humanitaire depuis plus de trois mois et menacées de pénurie alimentaire.

« Les évacuations médicales peuvent seulement avoir lieu si les parties en conflit prennent toutes les mesures pour assurer un environnement approprié, ce qui n’a pas été fait », a affirmé vendredi David Swanson, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). 

« Nous restons très, très inquiets de la situation humanitaire à Alep », a-t-il ajouté.

Yasser Al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine Zinki, a lui indiqué que les insurgés n’étaient « pas concernés » par cette trêve, qu’il a dénoncé comme « une instrumentalisation politique et médiatique pour alléger les pressions internationales qui pèsent sur Moscou ».

– ‘Couloirs humanitaires’ –

La trêve intervient alors que les rebelles ont lancé une vaste offensive, partie de l’extérieur d’Alep, côté ouest, pour tenter de briser le siège imposé par le régime syrien aux quartiers de l’opposition depuis plus de trois mois.

Les combats ont baissé en intensité dans la nuit de jeudi à vendredi, et le front, à la périphérie ouest, était calme vendredi matin, a constaté un journaliste de l’AFP présent dans les quartiers est, au lendemain de violents affrontements.

Jeudi, au moins 12 civils ont en effet été tués et 200 blessés par des tirs de roquettes des insurgés sur les quartiers ouest d’Alep, tenus par le gouvernement, selon l’agence officielle syrienne Sana. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de 15 morts dont cinq enfants.

En annonçant mercredi la courte trêve, le chef de l’état-major russe Valéri Guerassimov avait précisé que les « tous les couloirs humanitaires mis en place auparavant continueront de fonctionner pour la sortie de civils et de combattants ».

« Vu que nos collègues américains sont incapables de séparer l’opposition des terroristes, nous nous adressons directement aux leaders de tous les groupes armés et les appelons à mettre fin aux combats et à quitter Alep avec leurs armes », avait-il souligné.

– ‘Bonne volonté’ –

Le contrôle d’Alep est déterminant aux yeux des belligérants pour asseoir leur pouvoir dans le nord de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 300.000 morts.

Sur le terrain, selon l’OSDH, les rebelles contrôlent le quartier de Dahyet al-Assad, à la périphérie ouest d’Alep, et sont aux portes de l’académie militaire. Dans ce même secteur, ils tiennent aussi le quartier Minyane et la majorité écrasante du quartier des « 1070 appartements ».

L’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, avait lancé le 22 septembre une vaste offensive pour reprendre les quartiers est d’Alep, qui a fait 500 morts selon l’ONU et entraîné la destruction d’infrastructures civiles.

Les Occidentaux avaient alors dénoncé des « crimes de guerre », poussant Moscou à décréter le 18 octobre un arrêt des bombardements en « geste de bonne volonté ».

Ailleurs en Syrie, les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont dit avoir détruit un hélicoptère militaire russe encore au sol près de Palmyre (centre), selon leur agence de propagande Amaq.

L’OSDH a confirmé une attaque de l’EI contre un hélicoptère, tandis qu’un responsable militaire russe, cité par l’agence russe RIA Novosti, affirmait qu’un hélicoptère russe avait été pris pour cible par des tirs de roquettes rebelles après un atterrissage d’urgence, soulignant que l’équipage était sain et sauf.

Des proches devant l'hôpital al-Razi à Alep après les tirs et les salves de roquettes des rebelles sur les quartiers ouest d'Alep, le 3 novembre 2016. © AFP

© AFP GEORGE OURFALIAN
Des proches devant l’hôpital al-Razi à Alep après les tirs et les salves de roquettes des rebelles sur les quartiers ouest d’Alep, le 3 novembre 2016

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