ACTUS LOCALES

Centre mormon et complexe touristique : vers une « cohabitation » au Tahara’a

Premiers coups de pelle du chantier du centre de pieu de Mahina. ©MB/Radio1

L’église de Jésus Christ des saints des derniers jours a lancé vendredi la construction de son centre de pieu de Mahina. Un 26e édifice mormon sur Tahiti, qui pourrait bientôt être rejoint en haut du col, par le chantier de complexe touristique porté par le groupe City. L’église veut faire en sorte que cette cohabitation se passe « en bonne entente ».

Ils l’attendent depuis une dizaine d’années, et ils l’auront début 2023. Le chantier du « centre de pieu » de Mahina a été lancé symboliquement ce vendredi avec les « premiers coups de pelle » donnés par les autorités religieuses et communales invitées à la cérémonie. Pour pouvoir ériger la structure, l’Église de Jésus Christ des saints des derniers jours, nom officiel de la congrégation mormone qui compterait aujourd’hui 28 000 fidèles en Polynésie, a d’abord acquis un peu plus de 2 hectares, débordant légèrement sur la commune d’Arue. Une transaction réalisée voilà 5 ans et estimée, par la Dépêche, à 350 millions de francs. S’ajoute le coût du bâtiment de 1350 mètres carrés sur lequel l’église reste, comme souvent, discrète.

Les « centres de pieu » sont destinés à rassembler les paroisses environnantes. Celui du Tahara’a qui se limitait jusque là à une petite maison gérée par le président actuel du pieu de Mahina Émile Aumerand, permettra aux communautés mormones de Tuauru, Haapape, Ti’arei et une partie de Mahaena de se rassembler au moins deux fois l’an pour des activités sociales dans les salles qui y seront consacrées. D’autres évènements pourraient y être organisés et le centre comptera également des bureaux et une chapelle. Brett Nattress, premier conseiller de la région Pacifique de l’Église mormone est venu de Nouvelle-Zélande pour consacrer le chantier.

Cohabiter pour faire des heureux

Le site de l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, est accolé au domaine de l’ancien hôtel Hyatt dont les ruines sont toujours visibles sur le Tahara’a. L’avenir de ce site a provoqué, ces dernières années, beaucoup de spéculations, mais aux dernières nouvelles, c’est le groupe City qui doit y investir. Le domaine pourrait ainsi y accueillir un complexe touristique comprenant un hôtel mais également des restaurants, bars, salles de réunion et un centre commercial le tout sur 10 hectares.

Si le projet, à propos duquel les promoteurs comme les autorités restent pour l’instant discrets, va bien à son terme, touristes et fidèles seront donc voisins au Tahara’a. Côté mormon, on veut se montrer ouvert – le terrain devrait être accessible au public dans le respect de certaines règles comme l’interdiction d’y boire de l’alcool et d’y consommer du tabac – mais on a déjà pris les contacts pour organiser le cohabitation. « Nous avons un département dirigé par Gilbert Tunutu qui a des réunions régulières avec le groupe City pour discuter des éventuelles nuisances qu’il pourrait et comment on fait pour rester en bonne entente, explique Noéline Parker, responsable communication de la communauté. Après tout l’idée, ça n’est pas que l’on se déchire sur ce promontoire, il est si beau. Tout ça va faire des heureux ».

 

Le président du pieu Émile Aumérand suivra le déroulement des travaux et passera la main d’ici la fin du chantier. ©MB/Radio1

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