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Un accident mortel de plongée à Rangiroa à la barre

L’accident de plongée avait coûté la vie à une touriste de 46 ans le 12 août 2010 dans la passe de Tiputa à Rangiroa. Le procès pour « homicide involontaire » d’un moniteur de plongée s’est tenu mardi devant le tribunal correctionnel de Papeete. Le parquet a requis deux millions de Fcfp d’amende et cinq ans d’interdiction d’exercer une activité en lien avec la plongée. Délibéré le 12 décembre.

Au terme d’une très longue instruction, le procès d’un moniteur de plongée de 48 ans s’est tenu mardi, plus de sept ans après un drame survenu dans la passe de Tiputa à Rangiroa. Patrick Grelier, militaire de carrière et moniteur fédéral deuxième degré comparaissait pour « homicide involontaire » par « manquement à une obligation de prudence ou de sécurité ». A l’époque, le moniteur accompagnait un couple de touristes, Eric Hauchecorne et sa compagne, Sylvie Girard. Le premier, également moniteur, et la seconde, plongeuse de niveau 3.

Le jour de l’accident, le 12 août 2010, la palanquée s’était retrouvée prise au piège dans les violents courants d’un mascaret à la sortie de la passe de Tiputa. Patrick Grelier et Sylvie Girard avaient été emportés vers le fond, avant de réussir à remonter à la surface, mais séparés d’Eric Hauchecorne qu’ils n’apercevaient plus. Le moniteur et la plongeuse s’étaient alors écartés du mascaret pour se mettre à l’abri. C’est à ce moment que Patrick Grelier avait décidé de franchir le récif avec la plongeuse, malgré les vagues. Le solide militaire avait réussi à passer, mais avait perdu de vue Sylvie Girard. Il avait ensuite été cherché les secours à terre. Et ce n’est qu’à son retour sur la plage qu’il avait découvert le corps noyé de la plongeuse.

Toute la question a tourné mardi autour de deux points. D’une part, la qualité de « chef de palanquée » de Patrick Grelier, inscrite sur les documents de bord du club de plongée, mais contestée par l’accusé. D’autre part, la question d’une erreur d’appréciation du moniteur qui, selon plusieurs témoignages d’experts de le plongée, aurait dû rester en sécurité derrière le récif avec la jeune femme. Essuyant des sanglots à plusieurs reprises à la barre, Patrick Grelier, a indiqué « assumer ses choix » dans le « contexte extrêmement particulier » de la séparation de la palanquée et des conditions de mer déchaînées. L’ex-compagnon de la victime, Eric Hauchecorne, était présent à l’audience. Il a demandé à ce que les « responsabilité soient reconnues ».

Le procureur, Martial Renaud, a demandé deux millions de Fcfp d’amende et cinq ans d’interdiction d’exercer toute activité professionnelle ou associative en lien avec la plongée à l’encontre de l’accusé.

L’avocat du moniteur, Me Robin Quinquis, a plaidé la relaxe pour son client. Selon lui, la « faute » de Patrick Grelier ne peut pas être caractérisée, dans la mesure où il « n’a pas délibérément mis Mme Girard en situation de péril imminent ». Le délibéré a été fixé au 12 décembre prochain.

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