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100 000 Fcfp d’amende pour avoir menacé de mort Jacques Raynal

Début du mois d’avril, en pleine crise du coronavirus, le ministre de la Santé, Jacques Raynal, avait fait l’objet d’une menace de mort sur les réseaux sociaux. Le pompier de Pirae à l’origine de ce post Facebook a été condamné ce jeudi à un franc symbolique au titre du préjudice moral et à une amende de 100 000 Fcfp. Il devra aussi rembourser 150 000 Fcfp au territoire qui avait accordé la protection fonctionnelle au ministre.

Début avril, le pompier de 35 ans avait publié un post Facebook dans lequel apparaissait la photo du ministre de la Santé, Jacques Raynal, accompagné d’une légende explicite : « Je peux le buter s’il vous plait ???? J’en ai marre de voir sa tronche à la télé. »

Ce matin à la barre, le pompier de Pirae était largement moins vindicatif que derrière son écran. Il a déclaré avoir regretté son geste et retiré sa publication dés le lendemain. « C’est venu de moi-même et aussi de ma hiérarchie » explique-t-il. Quant à ses explications sur cette menace, « depuis que la crise sanitaire a été activée, je n’ai pas eu de bonnes informations et je n’avais que des interrogations suite aux déclarations du ministre de la Santé. »

Si le soldat du feu n’a pas de condamnation à son casier judiciaire, son chef de corps a déclaré lors de l’enquête préliminaire qu’il avait « un comportement imprévisible et qu’il est agressif verbalement au travail. » Interrogé par le juge sur ces déclarations, le prévenu concède, « on se prend la tête avec certains collègues sur les lieux d’intervention », « cela fait écho à ce que vous avez publié sur Facebook, non ? » « Surement.»

« L’accusé qui occupe une fonction d’autorité n’a eu aucune conscience de ses devoirs »

Pour l’avocat du ministre de la Santé, présent dans la salle, les réseaux sociaux sont « une magnifique plateforme d’expression, mais parfois cela peut être préjudiciable (…) les faits sont constitués et intentionnels. Quand on rédige un post Facebook, qui plus est avec une photo, cela montre bien qu’on avait envie de le faire sciemment. » S’il reconnait que « la crise sanitaire a été dure pour tout le monde, là on a du mal à accepter que cela vienne d’un pompier. » Il réclame un franc symbolique au titre du préjudice moral et le remboursement des frais de la protection fonctionnelle dont a bénéficié le ministre, soit 150 000 Fcfp.

« Rien de nouveau sous l’œil des réseaux sociaux, c’est un exutoire pour faire mal à des personnes privées ou publiques. Ceux qui s’adonnent à ces pratiques ne réfléchissent pas, on le sait » assure le procureur qui regrette que « l’accusé qui occupe une fonction d’autorité n’a eu aucune conscience de ses devoirs, et c’est en ce sens que vous allez rentrer en condamnation. »

Le pompier a été condamné à un franc symbolique au titre de préjudice moral et à une amende de 100 000 Fcfp, ainsi qu’au remboursement de la protection fonctionnelle dont a bénéficié le ministre, à savoir, 150 000 Fcfp.

À la sortie de l’audience, le ministre de la Santé Jacques Raynal a estimé que « l’on ne peut mettre à mal les autorités sur les réseaux sociaux sans en subir les conséquences » et que s’il reconnaît que le prévenu a compris que son geste était un peu impulsif, il regrette toutefois que cela vienne de quelqu’un lui aussi dépositaire de l’autorité.

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