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Une nuit sous la pluie pour s’inscrire au salon Made in Fenua

Scène à peine croyable hier dès le début de soirée devant la CCISM : les aspirants exposants au prochain salon Made in Fenua ont passé la nuit dans la rue dans l’espoir d’être parmi les chanceux qui pourront avoir l’un des 100 stands du salon Made in Fenua.

Forts de leur expérience de l’année dernière, les premiers sont arrivés vers 15 heures ce mercredi, afin de prendre place dans la file d’attente devant le pôle entreprises de la CCISM. Car ce matin, à 7h30, s’ouvre la location des stands du salon Made in Fenua qui se tiendra place To’ata du 30 avril au 3 mai prochains, et il n’y en aura pas pour tout le monde. Depuis plusieurs années, il n’y a que 100 stands, malgré une demande grandissante. Et la CCISM applique la règle du « premier arrivé, premier servi. »  « Ça fait des années que ça dure, l’année dernière les premiers sont arrivés à deux heures du matin, et on avance, on avance, bientôt on va camper une semaine avant, » s’énerve une exposante.

Alors ils se sont organisés comme ils peuvent. Certains sont venus avec des chaises, ou un peue. Il pleut des cordes et tout le monde tente de s’abriter sous l’étroit rebord du toit. Une jeune femme a pris sur elle de lister ses compagnons de galère en leur attribuant des numéros selon leur ordre d’arrivée. Les premiers, en théorie, pourront choisir les meilleurs stands.

La CCISM a fermé le rideau comme les autres jours. « On voyait Stéphane Chin Loy (le président de la CCISM, ndlr) nous regarder de sa fenêtre, » dit une dame en indiquant le bâtiment principal. Un vigile vient dire qu’il laissera rentrer les gens qui ont besoin d’utiliser les toilettes. Il est 19 heures : « Il y a 61 personnes sur la liste, et les gens continuent à arriver », dit une autre. Mais sans garantie que la liste soit respectée, si jamais les esprits s’échauffent.

Dans la file d’attente, on téléphone à ses proches pour leur demander d’amener de quoi s’asseoir, se couvrir, manger et boire. « Il y aura au moins 300 personnes qui vont venir pour s’inscrire, » redoute une artisane.

À l’heure du numérique, une inscription via le site Internet serait-elle envisageable ? Les artisans sont dubitatifs : « Le problème serait le même, tout le monde va se ruer en même temps sur le système informatique, ça va tout bloquer». « Ça va bugger ! » rigole une dame de 74 ans venue de Moorea et qui s’apprête à dormir dans sa voiture, en faisant aider de sa famille pour garder sa place dans la file d’attente.

Alors, faut-il tenir Made in Fenua ailleurs ? « Ça a fait 20 ans qu’on demande à avoir des salles, parce que quand il fait mauvais temps il y a de l’eau, il y a des risques d’électrocution…Quand est-ce que le territoire va se décider à faire une salle fermée pour qu’il puisse y avoir des expositions dignes de ce nom ? » demande une exposante de la première heure. Une autre parle du coût élevé demandé par la CCISM, et des lieux alternatifs possibles : « Mamao, c’est pas pratique. C’est sale, il y a plein de poussière, et puis il fait une chaleur à crever (…). »

Le mot de la fin revient à cet exposant qui constate que « le gouvernement dit qu’il veut encourager l’artisanat, il incite les gens à se patenter, on a créé notre propre boulot et voilà où on en est ! Chin Loy c’est pas le type des chapiteaux ? Dire que ces gens-là veulent gérer l’aéroport ! »

 

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